A l’occasion du deuxième acte de ce quart de finale inédit entre les Gaulois de Châlons en Champagne et les Lynx de Valence, le nombreux public de la patinoire du Polygone découvre cette équipe qui s’est permis, la semaine dernière, à deux secondes de la sirène, de priver les Lynx d’un blanchissage ! Pour la première demi-finale de D2 de son histoire, le HCC veut et peut sortir la tête haute de ce match. Valence, qui s’était mise en lumière sur la glace champenoise va devoir confirmer devant son public.
Arbitres : S. Geoffroy et M. Rommevaux assistés de J. Kirchenbaum et L. Nordman
Buts : Valence : 01:33 Otto Pitkanen (ass Sahrane Zinger et Pavel Pchalin) ; 11:23 Sam Riffard ; 32:39 Otto Pitkanen (ass Sahrane Zinger et Maxence Bortino) ; 70:00 Pavel Pchalin Châlons-en-Champagne : ; 01:44 Jonathan Jansson (ass Thomas Maguin) ; 24:12 Marius Roudadoux (ass Marek Herda et Thomas Maguin) ; 25:44 Jonathan Jansson (ass Marek Herda et Melker Torstensson)
Pénalités
11 minutes (3x2mn+5mn) contre Valence
8 minutes (4x2mn) contre Châlons-en-Champagne
Pas de round d’observation et court avantage pour Valence
La première mise en jeu sort rouge mais tout de suite les Gaulois se portent à l‘offensive et obtiennent un dégagement interdit. Dès cette première minute les duels sont intenses. Simon Tagliapietra, sans doute descendant d’Obélix (Tagliapietra voulant dire tailleur de pierre chez les descendants des romains), est envoyé au cachot.
L’occasion est trop belle pour les Lynx : suite à un beau mouvement, Zinger, remet à Pchalin qui laisse à Pitkänen dont le tir trouve les filets de Krofta (1-0 à 1’33).
En guerriers, les Gaulois ripostent immédiatement : Maguin sert Jansson qui trompe Blanc. Les compteurs sont à égalité (1-1 à 1’44). Comme la semaine dernière, on est très vite rentré dans le vif du sujet. Cette fois-ci, Châlons en Champagne a clairement affiché ses intentions.
Le jeu est vif et plaisant, les Gaulois s’approchent de la cage de Blanc et c’est Baskov qui va inaugurer le banc des pénalités drômois. L’infériorité sera bien gérée par les locaux.
Sur un service de son capitaine, le jeune et explosif valentinois Riffard s’en va seul tromper Krofta et marquer son quatrième but de la saison (2-1 à 11’23).
Sam Riffard inscrit son 4ème but de la saison et le 2ème de son équipe
Valence installe son jeu construit, Baskov contourne la cage mais Krofta ferme le coin, Ouimet trouve la mitaine. Les Gaulois, très combatifs, procèdent davantage en contre, en cherchant à presser très haut. Petrosian oblige Lazzaroni à se jeter sur le palet pour bloquer un lancer qui pouvait faire mouche. Au tour de Jansson de trouver le bouclier de Blanc.
Valence s’approche du but et l’expérimenté cerbère champenois qui n’hésite pas à prendre appui sur le montant de la cage quitte à la déplacer, histoire de souffler un peu ... Répit de courte durée, sur l’engagement gagné par Ouimet, Baskov décoche un tir à bout portant que Krofta repousse, Bortino est empêché d’en profiter par le cinglage de Breton, la patrouille l’envoie au frais.
En surnombre, les Lynx accentuent encore la pression et Krofta doit se fendre d’un triple sauvetage pour tuer cette pénalité ! Les Lynx, portés par le millier de spectateurs surchauffés auxquels se sont ajoutés les supporters rugbystiques du VRDR continuent leur domination. Les actions dangereuses se multiplient mais la bonne défense champenoise est à l’œuvre et le score en reste là jusqu’à la pause.
Ce premier tiers a vu la flamboyante attaque des Lynx exploiter la première occasion qui leur est offerte mais les Champenois ont immédiatement réagi en mettant plus d’engagement que la semaine dernière. Les Gaulois restent au contact. Les Gaulois reviennent à la marque à l’énergie
Ce tiers médian démarre sur le même rythme avec une belle parade du bouclier de Krofta sur le lancer de Baskov imité par un arrêt de la mitaine de Blanc sur celui de Petrosian.
Cette fois, ce sont les Gaulois qui s’offrent de belles présences offensives en territoire Lynx, les locaux procédant cette fois en contre.Ces minutes très intéressantes vont aboutir. Suite àun bon travail dans le coin, Maguin à la bleue, transmet à Herda qui place un beau lancer etl’ancien valentinois Roudadoux dévie du revers le caoutchouc dans les filets (2-2 à 24’12).
Revoilà les formations à égalité pour la deuxième fois de la soirée. Les Lynx tentent de poser leur jeu, Baskov, dans le slot, expédie un tir puissant mais la mitaine de Krofta intercepte. Le momentum reste aux Gaulois qui obtiennent un dégagement interdit. Jansson gagne l’engagement, le slap de Herda rebondit sur les bottes du portier drômois et Jansson pousse le palet au fond, assistance accordée à Tortensson (2-3 à 25’44).
En 1’32,les Gaulois sont passés d’un retard d’un but à une avance d’un but au tableau d’affichage. Voilà qui a un petit air de deuxième tiers« déjà vécu » pour Valence lors de ses deux confrontations des 8èmes de finale. Le match est prêt à basculer sur l’action suivante mais Blanc, toujours concentré, stoppe l’offensive. Hermant tente d’inverser la vapeur en sollicitant Krofta. Au tour de Roudadoux de tenter de doubler son compteur mais le portier drômois s’impose encore.
Les giboulées de mars sont passées, le beau jeu valentinois reprend des couleurs en ce premier samedi printanier mais c’est toute l’équipe châlonnaise qui fait bloc autour de son portier.
A mi-tiers, un geste répréhensible valentinois est puni d’une paire de minutes. Les Champenois bafouillent quelque peu leur jeu de puissance, laissent partir Simon Tagliapietra en contre et Tortensson se fait prendre par la patrouille et voilà les deux équipes quatre contre quatre. Il ne se passe rien et on revient à cinq contre cinq.
C’est ensuite une alerte de Zinger à la bleue qui est bien bloquée par Krofta. Quelques secondes plus tard, les Valentinois offrent à leurs partisans un nouveau beau mouvement collectif :Bortino sert Zinger à la bleue qui croise avec Pitkänen dont le tir fait mouche (3-3 à 32’39).
Otto Pitkänen et Jonathan Jansson inscrivent chacun deux buts ce soir
Une faute inutile des Lynx en zone d’attaque offre une nouvelle opportunité de deux minutes aux Châlonnais de repasser en tête. Ils ne la saisiront pas.
Nous sommes dans les quatre dernières minutes du tiers. Les Drômois, cette fois, jouent à la passe à dix dans le territoire marnais, Krofta intervient, la rondelle reste rouge. Krofta fait admirer sa mobilité latérale entre ses poteaux pour intercepter le tir de Ouimet. Le palet, toujours rouge est de plus en plus chaud alors Krofta met un nouveau « chasser » dans la cage qui se déplace, dernier avertissement sans frais ... La passe à dix valentinoise continue. Au tour de Pitkänen, en 1 contre 0, d’échouer face à Krofta. Les Valentinois se trouvent les yeux fermés sur leur grande glace. Au bord de la rupture, Herda accroche Maarni. La pénalité sera différée et Blanc regagne son banc pour laisser entrer un sixième joueur de champ. Il reste moins de deux minutes au jeu quand la supériorité drômoise est sifflée. Les Gaulois, resserrés contre leur gardien lui font un bouclier solide. Les Lynx changent l’unité spéciale et l’étreinte drômoise, façon « passe à 10 » dans le territoire, ne se desserre pas. C’est la corne qui va enfin libérer les assiégés.
Sur ce tiers, les Gaulois ont réussi à passer devant au score en moins de deux minutes. Ils se font malmener par le jeu collectif des Lynx qui reviennent à égalité. L’addition aurait pu être plus salée sans Krofta qui a montré sa classe. A ce stade de la rencontre, bien malin qui pourra dire de quel côté la pièce va tomber. Un tiers pour rien
Tout reste donc à faire en ce début de dernier tiers. Les deux équipes sont très proches l’une de l’autre et savent désormais les risques qu’elles courent en cas de pénalité. Le jeu est toujours aussi plaisant et rapide, on va d’une cage sur l’autre avec toutefois une domination des locaux au chapitre des lancers.
Comme si chacune des deux équipes hésitait à se livrer, on note, de part et d’autre, une accumulation de dégagements interdits. Plus les minutes s’écoulent, plus l’avantage que prendra le prochain marqueur sera décisif pour son équipe. Les Valentinois, qui ont une victoire dans leur escarcelle, n’ont pas intérêt à prendre de risques. En revanche, les Châlonnais n’ont pas le droit à l’erreur … Ils accumulent les dégagements interdits. Le coach a raccourci le banc et les shifts ne durent pas plus de trente secondes.
« Ça chauffe, ça brule … » crient les partisans valentinois, et c’est ce qui est bien près de se produire quand Simon Tagliapietra subtilise un palet dans le coin de la zone châlonnaise, passe à Pitkänen, seul dans le slot, qui tire à bout portant et Krofta sort encore un arrêt incroyable, tout comme sur la réplique de Zinger. Nous sommes dans les trente dernières secondes du temps règlementaire, Lazzaroni profite du gros trafic devant la cage gauloise pour placer un lancer décroisé que Krofta capte encore avec autorité de sa mitaine.
Michal Krofta est le meilleur joueur de la rencontre
La riposte est donnée par Petrosian, que l’on n’avait plus trop vu, mais il trouve le bouclier de Blanc. A onze secondes du terme, Juray Sadlon, le coach châlonnais demande son temps mort.
Nous voilà à la fin du temps règlementaire, il s’est passé près de trente minutes sans le moindre but depuis l’égalisation valentinoise. Avec 40 lancers valentinois contre une trentaine aux Champenois, l’équipe châlonnaise tient toujours debout.
Les dix minutes de prolongation à trois contre trois débloqueront-elles les choses ? Le festival de Michal Krofta en prolongation
Rapidement, la triplette valentinoise tourne autour du but gaulois. La grosse frappe de Baskov reste comme avalée par les bottes et la crosse de Krofta. Le tir suivant est l’œuvre de Lazzaroni, Krofta détourne. La nouvelle frappe de Baskov est encore dans la niche. Krofta anéantit encore une tentative de dribble de ce malchanceux Baskov.
Nous venons de passer la moitié de la prolongation, toujours pas un tir gaulois. C’est au tour des deux finlandais et Pchalin, de nous faire la danse de Saint Exupéry (spécialité locale) qui se termine par une frappe de Pitkänen sur qui vous savez. Peu après, le temps d’esquiver audacieusement Petrosian, Riffard tire encore et le caoutchouc atterrit dans les bras de Krofta qui se le remet dans la mitaine en jonglant ... Il reste moins de quatre minutes au jeu, Maltas glisse la rondelle entre les compas de Lazzaroni et s’apprête à filer à la cage quand celui-ci qui l’intercepte irrégulièrement et se voit puni de cinq minutes de cachot, offrant 3’05 à quatre contre trois aux Gaulois et, au public le premier tir lointain, des Gaulois ... On en restera là. Finalement, les tirs aux buts désigneront le vainqueur
Valence joue à domicile et a déjà une victoire au compteur. A l’entrée de ces tirs aux buts, Valence a un avantage psychologique certain, ce sont les Gaulois qui tirent les premiers
1
Petrosian marque
Tir de Pitkänen arrêté
1-0
2
Jansson tape le montant
Maarni marque en sortant Krofta de sa cage
1-1
3
Tortensson tape la transversale
Tir de Ouimet arrêté
1-1
4
Tir de Maltas arrêté
Pchalin marque
1-2
5
Tir de Roudadoux arrêté
1-2
Cette victoire valentinoise s’est jouée sur des détails
Les Gaulois, à défaut de sortir vainqueurs du match, peuvent quitter la compétition la tête haute à l’image de Tristant Lohou dont c’était la dernière cape. Comme nous l’avions annoncé à l’issue du match aller, leur but à la dernière seconde était à interpréter comme leur message de combativité. Le HCC en a donné la démonstration ce soir : face à la meilleure attaque du championnat, l’équipe est restée bien regroupée autour de Monsieur Michal Krofta qui a été le meilleur joueur de la rencontre. A l’évidence, les leçons du match aller étaient tirées. Plus combatifs au bon sens du terme, les Gaulois ont réagi rapidement à la première estocade valentinoise pour rester à une longueur puis égaliser et prendre l’avantage avant de se faire rejoindre. Toutefois, les neuf minutes de supériorité stériles et les poteaux aux tirs aux buts pourront nourrir des regrets. Par ailleurs, sur la grande glace du Polygone on a vu, à l’image de ses trois pointeurs vedettes, des Gaulois progressivement manquer de potion magique à partir de la mi-match et finir la prolongation à bout de souffle.
Chez les Lynx, le 4-1 du match aller n’est flatteur que pour qui avait déjà oublié les deux matches de 8èmes de finale. Le jeu fluide et collectif pratiqué par les hommes de Jan Dlouhy, en plus d’être esthétique, a, une nouvelle fois, montré sa redoutable efficacité et sa résilience. Nous l’avons encore vu ce soir avec certaines individualités en retrait ou des passages à vide collectifs comme les 1’32’’ du début du 2ème tiers. Les coéquipiers de Lazzaroni constituent un véritable collectif dans lequel plusieurs finisseurs sont capables de marquer, mais aussi d’autres suffisamment en confiance pour tenter et réussir. Avec sagesse, l’indiscipline a cessé peu après l’égalisation de la mi match. Ensuite, l’équipe n’a plus rien lâché, ni au troisième tiers, ni en prolongation. Le résultat est cette séance des tirs au but victorieuse en dépit du gardien adverse qui faisait figure d’épouvantail.
Valence accède aux demi-finales pour la deuxième fois consécutive. Cette année, elle passe les deux tours en deux matches secs. Ce résultat est le fruit du travail de Jan Dlouhy toute cette saison et à la deuxième place en saison régulière, synonyme d’avantage de la glace à chaque tour. En raison du même conflit de calendrier avec le curling que l’an dernier, Valence ne pourra pas préparer sa demi-finale dans les meilleures conditions cette semaine ... Quand on joue le haut niveau, et l’exemple de ce soir le prouve encore, les victoires se jouent sur des petits détails voire sur un peu de chance. Jouer une finale n’arrive pas souvent dans une carrière sportive, souhaitons à ces Lynx une meilleure demi-finale que celle de l’an dernier.