Ce sont les deux équipes en forme de cette fin de saison régulière dans le haut du classement qui s’affrontent : Valence, le 2ème reçoit Toulouse le 3ème. Auteur d’une impressionnante série de neuf victoires consécutives, Toulouse pourrait espérer, en cas de dixième succès ce soir, terminer devant les dauphins dauphinois de Montpellier. Quant à Valence, après la victoire de la semaine dernière à Roanne le 3ème, l’équipe veut accrocher un nouveau titulaire de la 3ème place à son palmarès.
Arbitres : Bastien Germaneaud assisté de Olivier Salicio et Alexandre Donat-Magnin
Buts : Valence : ; 31:37 Otto Pitkanen (ass Rudi Maarni) ; 52:51 Charles-Olivier Ouimet (ass Sam Riffard et Alexei Baskov) ; 60:40 Charles-Olivier Ouimet (ass Arnaud Lazzaroni et Alexei Baskov) Toulouse-Blagnac : 20:17 Shane Sullivan (ass André Menard et Brett Magee) ; 41:31 André Menard (ass Pierre Byé et Brett Magee)
Pénalités
12 minutes (6x2mn) contre Valence
8 minutes (4x2mn) contre Toulouse-Blagnac
Toulouse est une des grosses cylindrées de la poule et on se rappelle que la dernière fois qu’ils sont venus au Polygone, c’était en ¼ de finale des play-offs la saison dernière : l’équipe du capitaine André Ménard l’avait emporté 5 à 4. Les deux équipes se connaissent bien puisque les Lynx l’avaient emporté deux fois consécutivement à Blagnac pour se qualifier en ½ finale. Cette saison, au match aller, les Lynx se sont imposés d’un seul but d’écart (4-3) mais c’était l’année dernière. Cette année, Claude Devèze, le coach canadien de Toulouse s’est offert les services de l’ex-gardien américain de Chambéry : Brendahn Brawley qui n’a pas perdu le moindre match avec le maillot des Belougas ! Côté Valence, l’équipe retrouve son capitaine Arnaud Lazzaroni qui était sur le banc à Roanne.
Ce sont donc deux anciens gardiens de D1 la saison dernière qui se font face. En effet, Jan Dlouhy a décidé de donner sa chance à l’ex-spinalien Pacome Courtoison pour la première fois à domicile.
Toulouse remporte le premier face-off et s’installe d’emblée dans le camp drômois. Les Lynx sont immédiatement pris à la gorge par le jeu élégant et l’engagement des Belougas. Pablo Sudor sollicite Courtoison. C’est au tour de Pierre Bye de placer sa frappe. Valence n’a toujours pas tiré à la cage quand Franck Amouriq est mis à terre irrégulièrement à 4’14. La supériorité numérique va permettre aux locaux de placer leur première frappe par Maxence Bortino qui oblige Brawley à une magnifique double parade. Au tour d’Arille Dupont de cadrer mais la mitaine de Brawley intercepte et tue cette pénalité.
Le match est lancé, les débats s’équilibrent, Otto Pitkänen tire mais Brawley ferme bien l’angle. Mobile, il n’hésite pas à sortir de son cercle pour intercepter la passe d’Arnaud Lazzaroni pour Kévin Richard. Charles Olivier Ouimet trouve encore le portier des Belougas en face de son tir. Petit à petit, les lancers toulousains deviennent plus lointains et n’inquiètent plus trop Courtoison.
La première prison valentinoise survient à 5’ de la fin du tiers. Bye et Hugo Galvez tenteront leur chance sans succès. De retour à égalité numérique, les Lynx s’installent en zone offensive mais Brawley fait le boulot.
Les Toulousains ont très bien débuté cette rencontre mais n’ont pas réussi à concrétiser au tableau d’affichage, pas plus que les Lynx en fin de tiers. Même si c’est l’égalité au tableau d’affichage comme aux supériorités numériques, Brawley aura été le plus sollicité. Valence domine le deuxième tiers mais pas au score
Le scénario est différent dès l’entame du deuxième tiers : Shane Sullivan intercepte un tir valentinois, s’échappe sur l’aile droite et place un raz glace croisé qui trompe Courtoison(0-1 ; 20’17). Assistances accordées au capitaine André Ménard et à son assistant Brett Magee.
La riposte valentinoise est immédiate par Rudi Maarni qui remet la pression sur Brawley et provoque un dégagement interdit toulousain. Les Bélougas auront ensuite deux minutes de supériorité numérique tuées par leurs hôtes. C’est le tour des Valentinois de bénéficier d’une supériorité numérique. Le beau jeu de supériorité se met en place, Dupont décoche un missile, puis Aleksei Baskov à bout portant mais ce diable de Brawley fait rempart.
Au tour de Lazzaroni d’expédier une louche qui rebondit en l’air contre la balustrade, la rondelle retombe sur la palette de Charles-Olivier Ouimet qui, de volée, l’empêche de toucher le sol, transmet un lobe en direction de la cage. La rondelle atterrit sur la crosse de Kévin Richard qui la« smashe » directement sur Brawley qui clos cette séquence acrobatique. Valence est toujours à 5 contre 4. « Ça chauffe, ça brûle … » crient les 1045 supporters mais ça ne rentre pas. Brawley montre sa classe sur un lancer détourné de Pitkänen et tue sa deuxième supériorité de la soirée. La rondelle reste drômoise et le lancer d’Alban Rodriguez encore repoussé par le portier.
Les Bélougas réussissent à sortir de leur zone et placeront plusieurs banderilles par Camille Mutte et Hugo Galvez puis par deux fois par Lucas Audisio, imité par Maxime Foulon. Les Lynx réussissent enfin à sortir de leur zone. Le pressing d’Alexis Hermant provoque un nouveau dégagement interdit toulousain. Maarni gagne la face off. Le palet est intercepté puis récupéré et transmis à son compatriote Pitkänen qui l’expédie au raz du poteau pour une égalisation pleine de combativité (1-1 à 31’37). Photo 3
Quelques minutes plus tard, les Toulousains obtiennent encore une supériorité numérique qui ne leur donnera que 3 tirs lointains sans oublier la frappe de Sudor sur le poteau.
Il ne se passera plus grand-chose dans ce tiers qui n’aura toujours pas permis de départager les deux équipes adeptes du beau jeu. Démonstration valentinoises au 3ème tiers
Comme au début des deux premiers tiers, les Toulousains se portent immédiatement à l’offensive. C’est le défenseur Magee qui place la première frappe, suivi par Quentin Borg qui poussent Valence à la faute. Cette fois, l’unité spéciale toulousaine ne mettra pas longtemps à réagir par un beau jeu en triangle Magee, Bye pour Ménard dans le slot qui esquive le geste du défenseur et bat Courtoison(1-2 ; 41’31).
Pour les Lynx, il n’y a plus à attendre. Servi par Pitkänen, Maarni tente un petit lob du revers qui est bien près de faire mouche. Ensuite, le puissant tir de Pitkänen attache la crosse des mains d’un défenseur, sans danger pour Brawley. Au tour de Lazzaroni de faire un nouveau rush et d’envoyer une louche pour chercher le rebond, Brawley gèle le palet. Dans l’action qui suit, Hermant tire depuis le slot mais encore détourné. Quelques minutes après, Lazzaroni expédie, depuis sa zone, une longue louche dans la crosse de Ouimet qui se retrouve en un contre zéro face à Brawley mais l’angle est trop fermé. La relance toulousaine est à nouveau interceptée par Lazzaroni qui sert son compère Ouimet, fait mine de contourner la cage mais au dernier moment transmet du revers la rondelle à Franck Amouriq dans le slot. La défense est aux abois. Amouriq passe en retrait à Lazzaroni, feinte et tire. Le palet est encore détourné par Brawley.
Les Toulousains réagissent par Magee qui traverse la glace, transmet sur la cage mais Pavel Pchalin fait le ménage. Maarni part de sa ligne de but, traverse la glace, contourne la cage, fait le tour de la zone, son tir est détourné. Maxence Bortino récupère et transmet à Sahrane Zinger à la bleue, lance et cherche la déviation de Pitkänen. La rondelle parvient à Pchalin de l’autre côté qui sert Bortino. Un gros travail dans le coin à plusieurs permet aux Bélougas de sortir de leur zone pour souffler et changer la ligne ...
Quelques secondes après, ils se feront prendre au hors jeu. Valence gagne encore le face off. Au tour de Jules Plenet de traverser la glace pour défier l’arrière défense toulousaine qui s’en sort une nouvelle fois mais le momentum est valentinois. Zinger transmet à Baskov, puis c’est Ouimet qui lui remet. Baskov rentre dans le slot, transmet à Plenet et le palet passe à un cheveu de la cage. Nouvel engagement dans la zone toulousaine mais la rondelle reste rouge. Les Bélougas ne rentrent plus en zone offensive avec le palet. C’est un dégagement interdit de Valence qui peut leur permettre de s’en emparer. Mais il reste rouge et M. l’arbitre siffle « accrocher » contre Toulouse qui les renvoie en zone défensive mais à 4 contre 5 ! Cette fois, le palet est rouge écarlate. Servi par Dupont, Ouimet bute une nouvelle fois contre Brawley. La pénalité est encore tuée par les Gascons mais les actions valentinoises se succèdent, servies par les 3 lignes qui tournent comme des horloges. Sur une nouvelle action, Dupont fait parler sa pointe de vitesse, longe la ligne de but rentre dans la zone du gardien avec le palet. Brawley fait opposition mais le choc lui fait perdre son casque (voir photo titre). L’arbitre lui laissera quelques instants pour se remettre dans son match. Guère plus d’une minute après la reprise du jeu, sur une action similaire et tout aussi régulière, ce même Dupont finit encore dans la zone de but de Brawley.
Serait-ce le tournant du match ? L’engagement qui suit est dans la zone toulousaine. Cette fois, Toulouse gagne le palet mais le jeune défenseur Sam Riffard intercepte la sortie de zone. Baskov fait un bon travail derrière la cage, transmet à Riffard qui place un gros lancer, Brawley laisse le rebond et Ouimet remet les deux équipes à égalité pour la deuxième fois de la rencontre(2-2 ; 52’51).
A quatre minutes de la fin du temps règlementaire, l’arbitre accorde une nouvelle supériorité numérique à Toulouse qui ne donne rien. A huit secondes de la fin du match, alors qu’on s’achemine vers les prolongations, M. l’arbitre envoie le Valentinois Bortino et le Toulousain Magee se rafraîchir en prison. Jan Dlouhy en profite pour demander un temps mort. Prolongation expéditive
La prolongation se joue donc sans le titulaire de la première unité spéciale toulousaine. Ouimet gagne la rondelle face à Ménard, Le capitaine drômois traverse la glace et tire, Brawley détourne. Sullivan contre attaque tandis que Lazzaroni trébuche. C’est Baskov qui fait le supplée et fait le geste défensif. Lazzaroni passe à Ouimet qui prend de vitesse son adversaire pour placer la rondelle au dessus de la mitaine de Brawley (3-2 ; 60’40).
Même si, à partir de la mi-match, Toulouse a montré quelques signes de fatigue et s’est bien fait bousculer par la fougue drômoise, l’équipe de Claude Devèze a confirmé son statut d’équipe solide et capable d’aller très loin cette saison. Portée par un Brendahn Brawley auteur de parades exceptionnelles, toute l’équipe a su puiser les ressources pour contenir les assauts drômois en particulier au cours d’un troisième tiers historique pour finalement s’incliner en prolongation. Chapeau bas aux Bélougas !
Valence a dominé son adversaire (et quel adversaire !), pratiquement de bout en bout. Le score aurait pu être plus large si Brawley n’avait pas sorti le grand jeu. On suivra avec attention l’unité spéciale qui est restée silencieuse pour son deuxième week-end consécutif. D’autant que les Lynx perdent ce soir une des pièces maîtresses de l’effectif. Avec 9 buts et 9 assistances en 17 matches le jeune Jules Plénet qui a fait tout son hockey à Valence fait partie des pépites du club qui garnissent l’effectif. Il part poursuivre ses études en Australie, souhaitons-lui de revenir avec une tête bien faite et de pouvoir chausser les patins pendant l’hiver austral.
Même si Valence occupe une première place provisoire très gratifiante, le match en retard de Montpellier ne les met pas à l’abri de rester leurs dauphins …
On dit que pour faire un bon match, il faut deux bonnes équipes. Les deux formations les plus performantes de la poule, en ce moment, ont offert du très beau hockey sur glace. Mais dans ce match, outre les gestes techniques voire acrobatiques, il y a eu la correction de joueurs, le bon arbitrage et une ambiance exceptionnelle. Tout était réuni ce soir pour cette fête du hockey qui peut en appeler d’autres.