Joueront en quarts de finale : L'Avalanche qui affrontera le Wild, les Canes qui seront contre les Flyers et les Ducks qui attendent encore leur opposant.
US/Canada, Hockey Hebdo
Roxane Gindre et Laura Petit le 01/05/2026 à 12:14
Carolina Hurricanes vs Ottawa Senators
Les Canes sans pitié Ils l’ont fait en seulement quatre petits matchs ! (2-0 ; 3-2 en deux prolongations ; 2-1 ; 4-2).
Le chaos du match 2
Après deux premiers tiers classiques et un dernier tiers vierge - ni pénalité, ni but, ni rien finalement -, les deux équipes sont à 2-2. Commence alors la prolongation et le décompte avant un ascenseur émotionnel qui fera date dans l’histoire des play-offs. Déjà : une pénalité ratée, pour commencer les hostilités. Puis, Mark Jankowski récupère une rondelle esseulée et bat le pourtant mural, Linus Ullmark. Dans les tribunes pour ce deuxième match, c'est l'explosion évidemment. Sur la glace, les joueurs de la Caroline sautent et les gants volent.
Mais un homme avait gardé l'œil ouvert : l'entraîneur des Sénateurs, Travis Green, demande une coach's challenge pour un hors-jeu et la séquence passe à l’arbitrage vidéo. Et on lui donne raison ! Douche froide. Les arbitres annoncent que le jeu… était effectivement hors-jeu de quelques centimètres à l'entrée de zone. On se rhabille chez les Canes et on reprend. Et puis Martinook, comme s’il était vexé d’avoir loupé son premier shoot, tire à nouveau et déjoue Ullmark. La rondelle est dans le camp adverse. Cette fois, la célébration des Canes n’est pas interrompue. Les Sénateurs sont brisés mentalement, ce qui se confirme notamment avec la suite de la série.
Le grand nom de cette série : Logan Stankoven des Canes. Le centre canadien de 23 ans a fait les choses tout comme il le fallait avec un minimum d’un but par match, soit quatre buts sur les 11 totaux des Canes lors de cette série. Que va-t-il nous réserver ?
Pour les Sens à Ottawa, c’est une seconde année consécutive en playoffs. Ils étaient attendus mais n’ont pas réussi à abattre la tempête venue du Sud. Brady Tkachuk, le capitaine des Sens, n’a pas inscrit un seul point de toute la série. Il a été physique, certes, mais n’a jamais ouvert son compteur de points. Véritable pépite de l’équipe, l’Allemand, Tim Stützle, n’a lui aussi pas réussi à rentrer dans ses playoffs : c’est seulement lors du match 4 qu’il participe au but de Drake Batherson.
Ce dernier et Dylan Cozens ont d’ailleurs été les deux seuls joueurs des Sens à marquer.
Une série où les équipes y ont laissé des plumes Les Sens ont perdu un élément clé de leur défense nommé Jake Sanderson. Lors de la seconde période du match 3, Taylor Hall le charge violemment à la tête. Si Sanderson réagit de suite en engageant un combat, il ne finira pas la rencontre et sera d’ailleurs aussi absent pour le match 4 pour cause de commotion cérébrale.
Côté Canes, c’est lors du match 4 que ça a tourné au vinaigre. Le jeune Russe, Alexander Nikishin, a subi un violent choc de la part de l’Américain, Tyler Kleven. Alors que Nikishin était près de la bande, concentré sur son palet, c’est sa tête qui a heurté l’épaule de Kleven et ses deux pieds ont alors décollé de la glace. Clairement sonné, le défenseur est resté plusieurs secondes au sol et a plus tard été diagnostiqué avec une commotion cérébrale - lui aussi. Il est retourné en Caroline du Nord pour passer les tests nécessaires pour son retour en jeu.
Colorado Avalanche vs Los Angeles Kings
L'Avalanche, évidemment, balaie tout sur son passage Le Colorado enclenche la première pour ne plus s’arrêter (2-1 ; 2-1 en prolongations ; 4-2 ; 5-1).
Avant toutes choses : parlons goalies !
L’Avalanche régale avec un gardien qu’on voyait souvent sur le banc. C’est d’ailleurs là qu’il a, comme back-up, passé la majeure partie de sa carrière. Mais une fois les play-offs lancés, Wedgewood a été assez héroïque. Il a terminé la série avec une fiche parfaite de 4-0, une moyenne de buts alloués de 1,21 et un taux d'efficacité de 95%. Avec seulement cinq buts accordés en quatre matchs, il réalise une performance historique pour la ligue. Wedgewood a été nommé deux fois comme étoile du match - 1er match, 1ère étoile ; 2ème match, seconde étoile, ce gars-là trouve moyen de faire podium à chaque fois.
En face, la défense dans cette première rencontre ne faisait pas rêver côté Kings. Darcy Kuemper - un ancien de l'Avalanche qui ne semblait pas à la hauteur de son ancien maillot - a eu du mal à contenir l'attaque du Colorado. Les Kings ont même dû jongler avec Anton Forsberg, mais personne n'a réussi à freiner l'élan des Avs.
Ensuite, il y a les tireurs
La super machine, Cale Makar, a mis du temps à démarrer lors de ce premier tour des playoffs. Visiblement un diesel, ce joueur, lorsque viennent les choses sérieuses ! En même temps comment lui en vouloir : c’est un défenseur, on le rappelle. Il aura fallu attendre le troisième match pour qu’il inscrive son premier point. Mais alors que cette machine est lancée, elle ne s’arrête plus et fait en grand. Résultat : deux buts lors des deux dernières rencontres de la série.
L’état mental des Kings s’est dégradé à vue d'œil durant cette série qui fut courte
Les deux premières rencontres se sont certes soldées par des victoires des Avs mais ces dernières ont été arrachées : la première à un but d’écart et la deuxième en prolongation. Ensuite, l’écart s’est creusé. D’abord, une victoire 2-4 des Avs qui jouaient pourtant en terrain ennemi, puis comble de l’humiliation, la mort à domicile après un match âpre gagné 5-1, toujours au Crypto.com Arena à Los Angeles.
En plus de la tension de se voir dangereusement courir à une élimination, les fans des Kings ont pu s'attrister de la retraite d’un des leurs. Le match 4 a donc aussi sonné l’heure de décrocher les patins pour Anze Kopitar et, cette fois-ci, pour de bon. L’émotion était présente pour le départ de l’un des grands de la ligue.
Pour les premiers du classement cette saison, et même si leur première série s’est soldée par un efficace balayage, quelques moments ont fait battre les coeurs, par exemple avec ce palet qui n’est pas dans le but, faux espoir, donc pour les Avs :
Les fans, en attendant, on été rendus tellement excités par le match qu'ils ont cassé le plexiglas qui a volé en éclat pendant le match :
Philadelphia Flyers vs Pittsburgh Penguins
La jeunesse sur l’expérience Dans une série qui oppose deux équipes bien différentes, les Flyers de Rick Tocchet s’imposent en six matchs face aux Pittsburgh Penguins, plein d’espoir.
(3-2 ; 3-0 ; 5-2 ; 2-4 ; 2-3 ; 1-0)
Porter Martone, la sensation des flyers
Sélectionné au 6e rang total du repêchage 2025, Martone a rejoint les Flyers directement après sa saison universitaire à Michigan State. Et il n’a pas perdu de temps ! Il a récolté 10 points en seulement neuf matchs de saison régulière pour aider les Flyers à se qualifier. Ce grand jeunot d’1m91 est un attaquant physique mais s’y entend bien quand il s’agit de nettoyer les abords de son filet en temps dur. De deux ans son aîné, Matvei Michkov fait la paire avec lui, n’hésitant pas à prendre de l’espace, avec un jeu à la slave. Ce dernier a d’ailleurs terminé une saison régulière à 50 points en 81 matchs. Les deux ont de l’avenir.
La défaite, une histoire de gardien ?
L’une des grandes questions de cette série est de savoir s’il n’était pas plus judicieux pour Pittsburgh de laisser sa chance au jeune Arturs Silovs dans les cages. En effet, le coaching staff des Penguins avaient laissé Stuart Skinner entre les poteaux pour les trois premiers matchs de la série. Trois premiers matchs tous perdus donc. Si on ne peut évidemment pas remettre la faute entièrement sur Skinner, il faut dire que l’arrivée de Silovs a fait la différence. Ce n’était pas sa première expérience en playoffs en 2023-24 puisqu’il avait brillamment mené Vancouver jusqu’en match 7 du deuxième tour contre les Edmonton Oilers. L’année dernière d’ailleurs avec les Abbotsford Canucks, Silvos a soulevé la Calder Cup, la coupe qui récompense les champions de AHL, antichambre de la NHL. Même lors de la dernière rencontre qui s’est donc finie en prolongations, le Letton de 25 ans n’a pas démérité. Il est à 96,6 % d’arrêt d’ailleurs pour ce match. Naturellement déçu de la finalité de la confrontation, Sidney Crosby est directement allé lui glisser quelques mots de réconfort tandis qu’Erik Karlsson a adressé quelques mots positifs sur sa prestation devant les médias.
Vladar, le monstre du match 6
Dan Vladar, le gardien tchèque de 28 ans, a été le pilier de cette victoire décisive en repoussant l'attaque massive des Penguins de Pittsburgh qui sentaient bien qu’ils avaient encore une chance sur deux de rester en vie encore un peu dans la série, surtout après deux victoires consécutives. 42 arrêts, surtout parfois sur des missiles tirés à bout portant. Caractéristique phare du bon goalie, il est resté de marbre sous la pression monumentale qu’il avait sur les épaules, sans panique, sans rebond, avec un apparence de sérénité que son équipe peut remercier. C’est ensuite le défenseur Cameron York qui a marqué LE but qui a scellé le destin de l’équipe, en plus en prolongation.
Minnesota Wild vs Dallas Stars
Le Wild, grand vainqueur de LA série de ce premier tour C’était la série que tout le monde suivait attentivement tant elle nous tenait en haleine.
D’un côté, Dallas mixe l’expérience d’un Mikko Rantanen, recruté l'année dernière, d’un Miro Heiskanen ou d’un Esa Lindell - tous des Finlandais par ailleurs -, avec la jeunesse et le talent offensif certain d’un Wyatt Johnston et d’un Jason Robertson. Un combo gagnant et une machine renversante.
De l’autre, personne d’autre que le redoutable paquebot, Kirill Kaprizov, Joel Eriksson Ek, Matt Boldy et Quinn Hughes - pour ne citer qu’eux.
Les Stars avaient l’avantage du passé : sur deux séries éliminatoires en 2016 et 2023, ils l’avaient remporté, expulsant le Wild au premier tour. Pourtant, à l’issue d’un match 6 plein de tension et où les belles actions se sont enchaînées à la pelle, le Wild n’a pas laissé de chance à des Stars pourtant dangereux et qui auraient pu aller chercher le match 7
(6-1 pour le Wild ; 4-2 pour les Stars ; 4-3 pour les Stars en deux prolongations ; 3-2 pour le Wild en prolongations ; 4-2 pour le Wild ; 5-2 pour le Wild).
Les quatre premiers matchs laissaient toutes les chances aux deux équipes. La rouste mise à Dallas (6-1) désignait le Wild comme supérieur. La suite n’était pas aussi claire, avec une victoire de Dallas juste après puis encore deux victoires respectives et ce, en prolongation. Pas de dominant clair à l’horizon jusqu’au match 5 où Dallas a croulé sous les tirs et eu beaucoup de mal à cadrer les siens.
C’est lors de ce match 6 que le pari de Bill Guerin a continué de se révéler gagnant. Bien que le chemin pour soulever la coupe soit encore long et semé de bien grandes embûches, on savait que l’échange de Quinn Hughes depuis Vancouver pouvait s’avérer décisif en playoffs… C’est simple : cette année est une saison charnière pour le Wild qui vit certaines des meilleures années de ses joueurs. Il y a donc tout à jouer et miser sur Hughes plutôt dans la saison semble, pour l'instant, porter ses fruits. Homme du match et joueur clutch face à de redoutables Stars, Hughes s’est montré sous de nouvelles couleurs en étant très offensif, en prenant les devants et en brisant les lignes de défense adverses, parfois seul… et tout cela en près de 29 minutes de jeu - comme son partenaire, Brock Faber, qui en a près de 30. Bien qu’absent sur le penalty kill et sachant que Dallas en était à son 6ème match d’affilée avec au moins un but en power play, le défenseur américain s’est octroyé ses deux premiers buts lors de cette série et une assistance, tout en contrôlant le jeu et la possession du palet. Tout au long de ce premier tour d’ailleurs, il a amassé huit points en cinq matchs - il n’a marqué aucun point lors du match 4. À la fin de la première période, le Wild mène à 1-0.
Mais c’est sous la pression des deux buts de la pépite Wyatt Johnston sur l’ultra dangereux power play de Dallas - un tic-tac-toe exécuté dans les règles de l’art grâce à l’aide de Mikko Rantanen et Matt Duchene -, puis du centre canadien Mavrik Bourque qui profite d’un Jesper Wallstedt trop engagé hors de ses cages, que le Wild doit réagir.
Inspiré et assisté par un certain Quinn Hughes - comme c’est bizarre -, Vladimir Tarasenko profite d'un turnover, remet les points sur les i et inscrit un empty net du revers. Simple, efficace, du hockey comme on l’aime.
En troisième période, Quinn Hughes enfonce le couteau d’un but un peu chanceux puisque le palet rebondit sur le patin du défenseur des Stars, Ilya Lyubushkin. 3 à 2 pour le Wild ; Quinn Hughes vient de marquer le but gagnant. Bien que les occasions se présentent encore et encore, Dallas n’a pas trouvé la solution pour rattraper les erreurs passées. Matt Boldy finit par achever les Stars de deux buts alors que Jake Oettinger est sur le banc. Dans les gradins, les fans du Wild sont en folie et leur joie transperce l’écran.
Décrire ce match était nécessaire tant il résume cette série que tout le monde attendait : on y a retrouvé l’intensité et la férocité si caractéristique de ces six rencontres à forces égales. Ça sera donc la première fois que le Wild apparaîtra au second tour des playoffs depuis 2015.
Zoom sur le power play de Dallas
S’il y a bien quelque chose à retenir de cette série, c’est le power play mortel des Dallas Stars qui devraient être montré à tous les jeunes hockeyeuses et hockeyeurs. Efficace : oui ; chirurgical même. Certains articles les placent d’ailleurs au rang de d’ “avantage numérique le plus efficace de l’histoire des play-offs de la franchise”.
Vain par contre. Et surtout, c’est à croire dans cette rencontre que Dallas n’est bon que sous la pression et que l’égalité numérique n’est pas assez stressante pour faire naître des opportunités qui soient fructueuses. En face, que cette fragilité ait été remarquée ou pas, les joueurs du Minnesota ont envahi l’espace de tirs, ne laissant pas la place à Dallas de s’installer, malgré un Oettinger au sommet de son art.
D'ailleurs !
Après un arrêt majestueux lors du match 5, certains des joueurs de Dallas ont cru que c'était la fin de la période et sont rentrés au vestiaire. Il a fallu les rappeler car il restait du temps.
L'attaquant des Stars, Jamie Benn, a d'ailleurs été puni d'une amende de 2 604,17 dollars pour ce cross-checking sur Ryan Hartman lors du match 5 de la série.