Cette rencontre du vendredi soir entre les Jokers de Cergy-Pontoise et les Aigles de Nice s’annonçait serrée et elle le fut entre deux équipes ayant furieusement besoin de points. Les franciliens qui surfaient sur de récents excellents résultats à domicile, 3 victoires et 26 buts marqués, voulaient prolonger la dynamique dans leur combat pour redresser la situation (11ème avec 24 points gagnés en 27 matchs). Les Azuréens (6ème avec 43 points gagnés en 30 matchs) voulaient eux rester accrochés à la zone qualificative pour les play-offs. Au terme d’un match solide, les Aigles poursuivent leur invincibilité face aux Jokers et s’imposent (1-2).
Arbitres : MM. Cregut et Rauline assistés de MM. Cady et Pysniak
Buts : Cergy-Pontoise : ; 39.47 Bobby MacIntyre (ass Sayam Limtong et Ben Sokay) Nice : 37.39 Teemu Loizeau (ass Loïc Coulaud et Samuel Regis) ; 47.13 Mathieu Desgagnés (ass Nicholas Cherkowski et Adam Nobes)
Pénalités
8 minutes contre Cergy-Pontoise
8 minutes contre Nice
Un tiers serré plutôt à la main des Aigles
Même si les Jokers tentent les premiers une incursion chez leurs adversaires, ce sont les Aigles qui passent le plus de temps dans la défensive adverse lors des toutes premières minutes de jeu. Du coup, Sebastian Ylönen doit rapidement montrer sa bonne forme du moment en jouant de la mitaine sur un joli lancer de Adam Nobes puis faire l’arrêt sur une tentative de Colin Morillon.
De son coté, Alexis Shank, le portier canadien des niçois, comptabilise bien 2 arrêts mais offerts sur des tirs sans danger. Il faudra attendre un beau onetimer de Matt Philip pour le voir enfin à l’œuvre sur une phase plus sensible. Un peu plus tard, Jake Stella qui récupère un puck face à Henry Mc Kinney contre la balustrade, à la limite de la faute, permet à Oscar Gustafsson de s’offrir un duel avec Shank sur lequel le gardien a le dernier mot.
Globalement le niveau des équipes est assez proche mais les Aigles semblent avoir mis en place l’organisation, notamment un pressing haut, et avoir le petit plus dans l’explosivité qui leur permet non seulement d’avoir une meilleure maitrise du palet mais aussi de jouer plus souvent chez les verts que l’inverse.
Heureusement pour les franciliens, la défense se serre les coudes et bloque pas mal de beaux mouvements azuréens. Ylönen doit quand même s’employer avant que Ben Sokay, le top scorer cergypontain ne mette Shank à l’épreuve. Cela ne passe pas pour le natif de l’Ontario face à son compatriote Québécois.
Plutôt logiquement, c’est Nice, sur un gros onetimer de Loïc Coulaud puis sur un gros lancer du suédois Robin Johansson, qui se procure les deux dernières grosses occasions de la période mais à chaque fois Ylönen est impérial.
Les deux équipes rentrent donc au vestiaire dos à dos sur un score nul et vierge mais, compte tenu de leur maitrise du jeu, les Aigles auraient pu virer en tête sans que cela ne soit un scandale.
Tirs cadrés :
Cergy : 7
Nice : 5
Le mano a mano continue
Les Jokers semblent revenus sur la glace avec la volonté de prendre enfin le dessus sur leurs adversaires et obtiennent très rapidement, suite à un slashing de Coulaud sur Gustafsson (20.18), le premier avantage numérique de la partie. Il est vrai que le powerplay cergyssois est loin d’être mirobolant pour le moment (11ème de la ligue avec 16.88% de conversion des pénalités) mais c’est une belle occasion de voir comment il va pouvoir éprouver un jeu de penalty killing niçois, loin d’être topissime non plus (le PK des Aigles étant le 11ème de la ligue avec 73.68% de pénalités tuées). Finalement c’est la défense qui prend le dessus car, mis à part une occasion de Sayam Limtong bien lue par Shank, les unités spéciales franciliennes font chou blanc et gâchent l’opportunité, dans un match fermé, de prendre le score.
Cergy joue malgré tout un peu mieux qu’au tiers précédent et titille un peu plus Shank. Louis Petit en angle fermé puis Vincent Melin de la bleue permettent au portier blanc de conforter ses statistiques. Les azuréens ne sont pour autant pas restés au vestiaire et répondent toujours du tac-au-tac notamment par Teemu Loizeau.
Il y a donc du chaos dans l’air et Nicolas Ruel oblige Ylönen à l’arrêt. Plus tard, alors qu’il reste moins de 7 minutes dans ce vingt, Stella a une énorme occasion, il réussit un tir de près que repousse Shank mais pressé par un défenseur il tente de reprendre son propre rebond devant une cage ouverte mais ne réussit pas à toucher le disque.
C’est d’autant plus regrettable car peu après son jeune coéquipier Arthur Hostein est puni pour un « faire trébucher » (33.47). C’est à Nice de démontrer son savoir-faire en avantage numérique (le powerplay des Aigles est en effet le 3ème de la ligue avec 26.19% de conversion). La solide boite défensive cergypontaine (le jeu en PK des Jokers est le 2ème de la ligue avec 82.19% de pénalités tuées) va avoir du pain sur la planche. De chaque côté les unités spéciales font merveilles, les Aigles assiègent et canonnent à tout-va, de l’autre ça bloque les tirs ou on multiplie des arrêts pour Ylönen. Ruel, Henrik Rommel, Mc Kinney ou Louis Cirgues en sont pour leurs frais. La défense sera même héroïque quand Patrick Coulombe est à son tour puni pour une obstruction un poil sévère vue des tribunes (35.31). Quoi qu’il en soit les Jokers tiennent la double infériorité numérique puis le reste de la punition de leur capitaine. Malheureusement pour eux, alors qu’ils pensent avoir fait le plus dur, Nice, qui ne lâche rien trouve le chemin des filets des le retour au jeu de Coulombe. Dans une action confuse sur Ylönen le puck finit au fond dans la mêlée et le but est attribué à Loizeau (0-1, 37.39).
Avec ce but, son 7ème de la saison, le haut-savoyard récompense les efforts de son équipe et file un coup sur les calebasses franciliennes. Juste derrière, sur une nouvelle action, Loizeau reprend un rebond que repousse in extremis Ylönen de la botte. Les Jokers sont passés tout près de la correctionnelle mais ils reviennent dans le match sur l’action suivante quand Jules Lefevre commet une obstruction sur Sokay (38.05). Cette fois les cergypontains ne mégotent pas en jeu de puissance. Sur un tir de Sokay possiblement touché par Limtong, Shank laisse un rebond que Bobby MacIntyre catapulte au fond du revers (1-1, 39.47). Voilà une égalisation bienvenue pour les Jokers juste avant la seconde pause.
Tirs cadrés :
Cergy : 11
Nice : 10
Les Aigles ont le dernier mot
Le dernier tiers se déroule toujours dans la même veine, d’un côté des Aigles bien organisés et conservant la même intensité et de l’autre des Jokers, légèrement émoussés, mais qui n’abdiquent pas et poussent pour forcer le destin. Finalement la logique est respectée et, dans cette rencontre serrée entre deux équipes de niveaux proches, c’est celle qui était le mieux dans son assiette et qui, quelque part, menait un peu aux points qui fait la différence.
Sur une nième attaque, les niçois nous offrent un magnifique but 100% made in Canada. Le défenseur, Nobes temporise sur la droite pour ouvrir à l’opposé sur Nicholas Cherkowski lancé lequel remet au second poteau pour Mathieu Desgagnés dont la reprise instantanée trompe Ylönen en plein replacement (1-2, 47.13). Un but d’une construction qui fleure bon le tableau noir, le 12ème personnel de la saison pour Desgagnés, et qui s’avérera décisif puisque plus rien ne sera marqué ensuite.
Plus tard, il y aura bien un petit moment de chamailleries sur le but cergyssois qui, du coup, vaudra des punis de part et d’autre. Pas de jaloux, les 2 complices MacIntyre et Sokay du côté des jokers et Loizeau et Jordan Mugnier coté Niçois sont tous invités par les officiels à aller sur le banc des punis pour dureté (49.23). Rien de bien méchant dans une rencontre se déroulant plutôt dans un bel état d’esprit.
Les Jokers pousseront en vain et, malgré les consignes de Philippe Horsky leur coach qui demande un temps mort (56.55) et la sortie du gardien (57.56), les Aigles qui finissent plus forts conservent le précieux avantage jusqu’au bout. Ils engrangent 3 points globalement mérités qu’ils sont allés chercher avec talent et cœur.
Tirs cadrés :
Cergy : 6
Nice : 10
Meilleurs joueurs du match :
Alexis Shank pour les Aigles
Bobby MacIntyre pour les Jokers
Les Jokers n’auront pas trop le temps de gamberger sur cette défaite car leur programme à venir est plutôt dense, limite indigeste. Dès dimanche ils se rendent chez les redoutables Brûleurs de Loup de Grenoble avant, la semaine prochaine, de recevoir mardi les Pionniers de Chamonix, pour ainsi dire un concurrent direct, puis de retourner le vendredi à Grenoble. Les points vont être très chers !
Les Aigles quant à eux peuvent profiter de leur week-end même si mardi ils reçoivent eux aussi les Brûleurs de Loups avant de remonter vendredi pour défier les Gothiques d’Amiens au Coliseum, un match crucial pour les dernières places qualificatives pour les play-offs.