Dans une ambiance électrique au Coliseum (3 220 spectateurs), Amiens a retrouvé son identité au meilleur moment. Battus lourdement par Rouen quelques jours plus tôt, les hommes de Kevin Bergin avaient à cœur de réagir. Plus engagés, plus disciplinés dans l’effort collectif malgré 26 minutes de pénalité, les Gothiques ont ouvert la marque par Zachary Lavigne avant de voir Marseille égaliser en deuxième période par Julius Valtonen.
Dominés au nombre de tirs (29 contre 39), les Amiénois ont pu compter sur un solide Taran Kozun devant sa cage. Finalement, c’est Bastien Maïa qui a tranché en prolongation, en supériorité numérique, validant un succès au parfum de pré-play-offs. Amiens (8e) met fin à une série de deux défaites, tandis que Marseille (5e) enchaîne une quatrième défaite consécutive.
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| © Photographe Nicolas Leleu |
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Premier tiers : Amiens frappe en premier
Dès l’entame, le ton est donné. L’intensité est bien supérieure à celle affichée lors de la lourde défaite précédente. Malgré une infériorité numérique rapide (2’27), les Gothiques tiennent bon.
À 10’32, Zachary Lavigne ouvre le score à forces égales, bien servi… par son gardien Taran Kozun. L’attaquant insiste sur la botte de Libor Kasik et offre l’avantage aux siens. La fin de période est marquée par quelques échauffourées et pénalités croisées, symbole d’une tension déjà palpable. Amiens vire en tête (1-0).
Deuxième tiers : Marseille répond, la tension monte
Le rythme ne baisse pas. Marseille hausse le ton et prend progressivement le contrôle du palet. À 27’13, Julius Valtonen conclut une relance rapide pour égaliser (1-1).
La rencontre bascule alors dans un registre plus rugueux : pénalités pour dureté et comportements antisportifs s’enchaînent (Beauchamp et Da Costa notamment). Les contacts sont appuyés, les mises en échec lourdes. Larose aura une belle opportunité en sortie de prison, sans cadrer.
Amiens plie mais ne rompt pas malgré 14 tirs concédés dans la période. À 40 minutes, tout reste à faire.
Troisième tiers : un parfum de play-offs
La dernière période débute sous tension, avec des pénalités consécutives à une altercation en fin de tiers précédent. Amiens tue son infériorité avec sérieux, un secteur en progrès après les difficultés aperçues à Briançon.
Les Spartiates dominent territorialement (15 tirs dans le tiers) mais se heurtent à un Kozun vigilant. Les Gothiques obtiennent aussi une supériorité chaude en fin de match sans concrétiser. Le temps mort amiénois à 1’11 du terme ne change rien : direction la prolongation.
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Prolongation : Maïa en patron
En supériorité numérique au début de l’overtime, Amiens ne tergiverse pas. À 60’49, Bastien Maïa surgit et conclut un jeu rapide, assisté de Lavigne et Bergeron. Le Coliseum exulte.
Une victoire courte mais symbolique, acquise dans l’engagement et la maîtrise émotionnelle.
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Conclusion
Amiens valide officiellement son quart de finale face aux Dragons de Rouen avec une victoire qui fait du bien aux têtes autant qu’au classement. Sans enjeu majeur comptable, la rencontre avait tout d’un galop d’essai avant les phases finales. Les Gothiques ont montré qu’ils savaient gagner un match serré, physique et pauvre en buts — exactement le type de confrontation qui les attend en play-offs.
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Analyse
Ce succès repose sur trois éléments majeurs :
1. Le retour à l’identité amiénoise.
Engagement physique, solidarité défensive et discipline collective ont été les fondations du succès. Malgré 26 minutes de pénalité, les unités spéciales ont tenu bon.
2. Kozun, muraille décisive.
Avec 38 arrêts sur 39 tirs, le portier amiénois a été déterminant, notamment lors du deuxième tiers dominé par Marseille.
3. L’efficacité dans les moments clés.
Amiens a marqué à forces égales puis en supériorité en prolongation. Deux moments stratégiques parfaitement exploités.
Pour Marseille, la dynamique devient préoccupante avec une quatrième défaite de rang. Dominateurs au tir, les hommes de Luc Tardif ont manqué de tranchant dans la zone de vérité et payé cher leur indiscipline en fin de match.
À dix jours des play-offs, Amiens semble avoir retrouvé le ton juste. Il en faudra encore davantage face aux Dragons, mais le message envoyé dimanche soir est clair : au Coliseum, il faudra livrer bataille.