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Hockey sur glace - NHL : National Hockey League - AHL
Re ! 20 ans plus tard !
 
Dire que les deux équipes ont joué au coude-à-coude serait un euphémisme. Vegas et Carolina se talonnaient, se poursuivaient, ne décollaient pas d'une semelle. Mais un coup de vent a tout emporté.
 
US/Canada, Hockey Hebdo Roxane Gindre et Laura Petit le 15/06/2026 à 18:33
Match 1 :

1er tiers (2-1 pour Carolina) : Carolina entame le match pied au plancher. Nikolaj Ehlers, le trentenaire originaire du Danemark, ouvre le score dès les premières secondes (0:25), suivi d'un second but, toujours par Ehlers (12:08), donnant un avantage de 2-0 aux Hurricanes. Vegas réagit très peu de temps après à 13:28 avec un but de Shea Theodore.

2e tiers (3-3) : Vegas revient fort. Ivan Barbashev égalise dès la 30e seconde de ce deuxième tiers. C’est son 14e point des séries. À 24:35, le suédois William Karlsson inscrit le but du 3-2, offrant à Vegas son premier avantage du match. Cependant, Carolina ne lâche rien et Jordan Staal remet les deux équipes à égalité (3-3) à 32:42.

3e tiers (5-4 pour Vegas) : Le rythme reste effréné. Personne ne veut lâcher. Brett Howden redonne l'avantage à Vegas à 41:21. Carolina égalise une nouvelle fois grâce à Shayne Gostisbehere (51:19). Finalement, le tournant du match survient à 56:36 : le Tchèque Tomáš Hertl marque le but décisif, permettant à Vegas de remporter ce premier match de la série.



Ce premier match laisse un goût bizarre aux Hurricanes qui n’ont perdu qu’une seule fois de toutes les séries - un seul match contre les Canadiens qu’ils ont, par ailleurs, envoyés dans les roses rapidement après. Le match est très serré, même dans les statistiques. Aucune des équipes ne prend franchement l’avantage, ni dans les arrêts, ni sur le nombre de tirs ou la possession de palet.

Côté tribunes, la foule spectatrice de la Caroline a scandé "No means no", comprenez "Non, ça veut dire non", à l'intention du gardien de Vegas Carter Hart, accusé dans une affaire d'agressions sexuelles. Une façon pour beaucoup de fans présents ce jour-là d'aller plus loin que l'acquittement prononcé un peu plus tôt et pour montrer que le malaise après ces faits graves étaient toujours présent.
Le jeune gardien a par la suite répondu d'une façon maladroite par un "Cela n'est que du bruit" en parlant du chant des fans. 



 
 
Match 2 :

1er tiers (1-0 pour Vegas) : Le match, à nouveau, démarre serré - il se terminera ainsi aussi d’ailleurs. Vegas prend les devants grâce à Brett Howden, qui inscrit son 12e but des séries à 13:33, sur une assistance de Mitch Marner, toujours à fond.




2e tiers (2-0 pour Vegas) : Vegas est comme grisé et consolide son avance rapidement. À 7:23, Brett Howden signe un doublé - son 13e but -, bien servi par Ivan Barbashev et Noah Hanifin, portant le score à 2-0.

3e tiers (3-3) : Mais il faut se méfier du vent qui dort et la tempête se décide à souffler seulement 50 grosses minutes après le début du match. Logan Stankoven réduit l'écart à 10:20, suivi par Mark Jankowski qui égalise à 12:46. À 15:25, le capitaine Jordan Staal donne l'avantage aux Hurricanes (3-2) en supériorité numérique, sur un retard de jeu. Belle remontada. La vapeur a été renversé, les fans sont euphoriques mais Mark Stone climatise tout le monde en arrachant l'égalisation pour Vegas à 18:39, poussant le match en prolongations. Deuxième inversement de la vapeur.



Prolongations : TROISIÈME renversement de la vapeur ! À 3:56 de la période de prolongations, Seth Jarvis inscrit le but victorieux en power-play, offrant la victoire 4-3 aux Hurricanes et égalisant à 1-1 dans la série.



Une victoire de Carolina, un match encore plus serré que le précédent. L’équipe gagnante apparait tout feu tout flamme, dominant cette fois-ci en termes de tirs non cadrés. Le reste des statistiques est toujours très similaire à celui des Knights.

 
 
Match 3 :

1er tiers (0-0) : Une période très fermée et c’est peu de le dire. Carter Hart (Vegas) et Brandon Bussi (Carolina) n’ont rien laissé passer. Sur la feuille de match, le premier tiers est vide. Du beau hockey mais pas un but, pas la moindre échauffourée, pas une pénalité. Carolina tire 7 fois au but, Vegas 2 fois seulement.  

2e tiers (4-0 pour Vegas) : Après le désert : inondation. D’abord, toujours dans un flou un peu vide, les deux équipes ont vu des buts refusés après arbitrage vidéo, à 0:36 et à 4:00. Le score est maintenu à 0-0, malgré cette bonne volonté frustrée de Vegas qui avait envoyé Stone et Eichel trouver le fond du filet. Et puis la rafale est tellement violente que c’en est presque n’importe quoi. Mitch Marner, qu’on a visiblement libéré de ses chaines, réalise une performance historique en inscrivant 4 points dans cette seule période. Il aide d'abord Tomáš Hertl à marquer en supériorité numérique, avant d'inscrire lui-même trois buts consécutifs en moins de 7 minutes - un "natural hat trick", trois buts sans aucun autre n'ait été enregistré entre temps, le plus rapide de l'histoire d'une finale de Stanley Cup. Vegas mène alors 4-0.

3e tiers (4-4) : Et comme si ce n’était pas assez, Carolina réalise l'un des retours les plus fous de l'histoire des finales. Jordan Martinook, Taylor Hall et Jordan Staal marquent trois buts en seulement 37 secondes, établissant un nouveau record de rapidité pour un trio de buts en finale de la Coupe Stanley. En fin de période, avec leur gardien retiré pour un avantage numérique 6 contre 4, Andrei Svechnikov égalise à moins de deux minutes de la fin, forçant la prolongation.




Prolongations : Après une première prolongation sans but, parce que puisqu’on a dit que c’était serré, autant serrer à fond. Mais Shea Theodore libère les Golden Knights à 5:38 de la deuxième prolongation (85e minute de jeu). Son tir, dévié par plusieurs joueurs de Carolina et le gardien Bussi, finit au fond du filet, pour un but qui parait, de fait, un peu contre son camp... 



 
 
Match 4 :

1er tiers (3-1 pour Carolina) : Logan Stankoven ouvre le score après seulement 66 secondes, suivi rapidement par Jackson Blake à 3:28. Vegas réagit avec Mark Stone à 7:22, mais le capitaine des Hurricanes, Jordan Staal marque en supériorité sur un surnombre de Vegas, avant la fin de la période (12:48). Les Golden Knights ont pourtant tout essayé jusqu'à la dernière seconde. Brayden McNabb tire, la foule se lève pour célébrer mais c'est trop tard puisque le palet a passé la ligne du but après le coup de sifflet de fin de période.

2e tiers (3-3 pour Vegas) : Vegas entame une remontée impressionnante. William Karlsson réduit l'écart à la 25e minute (24:22), puis Brett Howden égalise à 37:08. À la fin de cette période, les deux équipes sont à égalité 3-3, relançant totalement le match. Plusieurs coups de crosse avaient pourtant été sanctionnés, donnant lieu à des power-play, qui eux, n’ont donné lieu à rien du tout.

3e tiers (3-5 pour Carolina) : Le dernier tiers est forcément très tendu. Jordan Staal inscrit son deuxième but de la soirée à 46:32 - et quel but !!!! -, redonnant l'avantage à Carolina. Alors que Vegas pousse en rentrant son gardien pour égaliser en fin de rencontre, Nikolaj Ehlers scelle le sort du match avec un but dans le filet désert à 59:05.




Ce match 4 marque le véritable tournant dans cette finale de Stanley Cup. Si jusqu'à présent, les deux équipes ne cessaient d'être au coude-à-coude, l'ouragan Canes est sur le point de s'abattre sur ceux venus de Sin City.
 
Match 5 :

1er tiers (1-1) : Ce sont les Knights qui ouvrent le score rapidement en supériorité numérique, sur une faut de Ehlers, grâce à Pavel Dorofeyev (6:52). Carolina répond avant la fin de la période : le capitaine Jordan Staal égalise (11:15) en déviant un tir de Nikolaj Ehlers. Il s'agit de son 5e match consécutif avec un but lors de cette finale : il a 37 ans.

2e tiers (3-1 pour Carolina) : Les Hurricanes prennent le contrôle, la machine est lancée. Andrei Svechnikov marque en power-play (31:58) sur une passe de Shayne Gostisbehere, puis Sebastian Aho inscrit son premier but de la série (37:51) (on ne l’attendait plus !.. Il en est tout de même à sa 8e postsaison consécutive avec plus de 10 points) après une belle séquence technique, portant le score à 3-1 pour les locaux.




3e tiers (4-2) : Carolina creuse l'écart avec un second but de Andrei Svechnikov (51:08), encore en supériorité numérique. Vegas réduit le score en fin de match par Pavel Dorofeyev (54:49) pour son deuxième but de la soirée, mais les Hurricanes tiennent bon jusqu'au coup de sifflet final malgré une pression intense des Knights.



 
Match 6 :

1er tiers (1-0 pour Carolina) : Tout ou rien pour les Canes. L’enjeu était présent pour les deux camps : forcer le match 7 pour Vegas devant son public, anéantir l’adversaire et soulever la coupe pour Carolina. Le vétéran canadien, Taylor Hall, débute les hostilités dès la première période avec un but à 3:47 minutes du coup d’envoi. Vegas ne parvient pas répondre avec, pourtant, 11 tirs cadrés, soit 3 de plus que les Hurricanes.

2e tiers (2-0 pour Carolina) : Les hommes de Brind’Amour déroulent leur jeu. Sans opposition. Révélation de cette saison, Jackson Blake marque de son empreinte ce match 6 en enregistrant son deuxième point de la rencontre - il avait assisté le but précédent - à 13:31 minutes dans la seconde période. Un superbe snapshot enflammé à partir d’une passe en retrait de Logan Stankoven qui n’aura jamais de réponse de la part de Vegas. Alors qu’une avance de deux buts est toujours dangereuse, les Golden Knights voient leur match filer devant leurs yeux avec seulement 3 tirs cadrés et 75% de leur période sans tirs.



3e tiers (3-0 pour Carolina) : C’est le coup de grâce pour Vegas, la consécration pour Carolina. Pilier de son équipe lors de ces playoffs, Nikolaj Ehlers s’assure que ses coéquipiers et lui soulèvent la coupe Stanley à la fin du match d’un snapshot en cage vide, à un peu plus d’1 minute de la fin de jeu. Explosion de joie, larmes et confettis rouges à gogo : les Carolina Hurricanes sont les champions de cette saison 2025/2026. La deuxième coupe Stanley dans l’histoire de la franchise, tout pile 20 ans après la première.


 
Retour statistiques sur les playoffs des deux équipes

Les Carolina Hurricanes ont été plus que dominants : 16 victoires et seulement 3 défaites. Rappelons-le, deux sweeps lors des deux premières séries, un match perdu contre les Montréal Canadiens et deux lors de cette finale. C’est simplement renversant. Pourtant, les Las Vegas Golden Knights ont été de véritables tueurs eux aussi, mettant un terme au règne des Colorado Avalanche qui ont remporté le President Trophy. Les champions de la Conférence Ouest se sont adjugés 14 victoires en 22 matchs.

Tout au long de ses playoffs, les maintenant champions ont naturellement excellé en attaque, sachant s’imposer en zone offensive et y poser son jeu. La preuve est : ils ont passé 45,5% de leur temps de jeu en offense alors que la moyenne est de 40,8%. À titre de comparaison, les Golden Knights enregistrent 40,5% de temps dans cet espace de jeu. Les Canes n’ont pas non plus lésiné sur leur nombre d’essais de tirs puisque leur différentiel collectif de tirs est à +8,5. Celui de tirs cadrés s’élève à +1.
Mais c’est surtout le temps de jeu que Carolina a passé en défense qui surprend et montre encore plus la qualité de cette équipe. En effet, ils n’y ont passé que 36,2% de leur temps de jeu au cours de tous ces matchs de séries éliminatoires, soit 4,6 points DE MOINS que la moyenne à l’échelle de la NHL. 

Une autre statistique intéressante agit comme témoin des différences de jeu des deux équipes : celle des zones où ont été marqués les buts de chaque collectif. Au total, Vegas a marqué 76 buts au cours de ces playoffs, contre 66 pour Carolina. Selon les statistiques du site NHL Edge, les Golden Knights ont eu tendance à marquer plus de buts dans la zone directement face aux cages - 35 buts au total contre 21 pour Carolina. Sur une distance à moyenne portée, ce sont les Canes qui se démarquent avec 25 buts marqués dans cette zone contre seulement 16 pour Vegas. 
Tant de statistiques qui complètent l’analyse de jeu des deux formations. 

Fun fact : lors des 4 premiers matchs de cette finale, les deux équipes ont marqué chacune au moins 3 buts. Une première dans l’histoire de la NHL.


 
Les hommes qui ont su marquer cette post-saison

Les playoffs, et par extension les finales de Stanley Cup, sont toujours propices à l’écriture de nouvelles grandes histoires.
  • La renaissance de Mitch Marner 
Il n’y a pas besoin de faire très long tant Mitch Marner a été omniprésent dans chacun des articles de cette période de séries éliminatoires. Bien qu’il n’ait pas soulevé la coupe, l’avant originaire des alentours de Toronto a vécu une réelle floraison auprès des Golden Knights. Quelques statistiques sont à souligner. En effet, grâce à son inventivité, sa rapidité et sa technicité, Marner a su marquer. Beaucoup. Au total, Mitch Marner, c’est 10 buts, 19 assistances pour 29 points en 22 matchs.
Il faut noter qu’il avait, par ailleurs, décliné un échange aux Carolina Hurricanes l’année dernière.
  • Jordan Staal, un capitaine qui n’a fait que montrer l’exemple
Cette finale, c’est aussi la consécration d’un capitaine. Jordan Staal a su raviver son jeu pour atteindre ce second sacre. Exemplaire, il a marqué 6 buts en 5 matchs d’affilée dans ce dernier tour et a mené son équipe sur le toit de son sport. Une telle performance qui a été récompensée du trophée Conn-Smythe, attribué au meilleur joueur des playoffs. À 37 ans, le Canadien s’est trouvé une seconde jeunesse.
  • Brandon Bussi, la naissance d’un gardien décisif
Première saison en NHL, premier sacre. Incroyable année pour Brandon Bussi. Il faut dire qu’il a su briller. Si Frederick Anderson a tenu les cages des Canes fermées tout au long de ces playoffs, Bussi a fait son entrée en jeu très tardivement. Il n’en fallait pas plus pour qu’il prouve qu’il était un joueur décisif sur lequel on peut compter. Sur la glace lors du match 3, il ne perdra que celui-ci jusqu’à soulever la coupe. Il enregistre d’ailleurs donc un blanchissage lors de ce dernier match, son deuxième en carrière.
  • Révélations et vétérans au sommet de cette finale
Carolina a montré toute son équilibre entre jeunes nouveaux talents et vétérans d’expérience.

Jackson Blake et Logan Stankoven se sont révélés tout au long des playoffs. Le premier termine cette aventure avec 20 points dont 7 buts tandis que le second en a 16 dont 11 buts. Deux jeunes qui ont simplement dominé devant les cages, parfois en étant plus performants que la première ligne de leur équipe. 
Cette coupe Stanley, c’est aussi la consécration de vétérans comme Jaccob Slavin (5 points), d’un Taylor Hall tout à fait décisif (19 points) et Andrei Svechnikov (11 points). 

Bien évidemment, cette liste n’est pas exhaustive, d’autres noms comme ceux de Seth Jarvis - ailier droit -, Shayne Gostisbehere, Jalen Chatfield, K’Andre Miller - tous les trois défenseurs - pour les Canes ou Mark Stone - capitaine et ailier droit -, Tomáš Hertl - centre aux 14 points -,  Pavel Dorofeyev - ailier droit aux 16 points - et Shea Theodore - défenseur - pour les Golden Knights auraient pu être cités. 

Certains joueurs se sont cependant montrés un peu plus discrets sur les feuilles de match tel que le centre finlandais, Sebastian Aho, pour les Carolina Hurricanes ou Jack Eichel, centre de 29 ans, pour les Vegas Golden Knights, par exemple. Plus discrets, certes, mais il n’empêche qu’ils étaient des pièces centrales aux succès de leurs coéquipiers - Eichel a par exemple 20 assistances au cours des playoffs pour 22 points totaux, Aho termine avec 12 points. 


 
Rod Brind’Amour, son nom à nouveau sur la coupe
Photo hockey NHL : National Hockey League - AHL - NHL : National Hockey League - AHL - Re ! 20 ans  plus tard !

La plus belle histoire de ces playoffs est peut-être celle de Rod Brind’Amour, l’entraîneur principal des Carolina Hurricanes. Il y a 20 ans, lors du premier sacre de son équipe, le “C” de capitaine des Canes était inscrit sur nul autre que le maillot de Brind’Amour. C’était lui qui, déjà à l’époque, avait su faire de la Stanley Cup propriété de Carolina pour une année. Que d’émotions donc pour celui qui, cette saison, est sur le banc des Canes. Le nom de Rod Brind’Amour est désormais inscrit pour la seconde fois de l’un des trophées les plus difficiles à obtenir.
 
 
 
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