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Hockey sur glace - Hockey dans le Monde
Rencontre avec Patrick DOM - DG du Tournoi International Peewee de Québec
 
Profitons de la trêve estivale, pour revenir quelques mois en arrière, 4 pour être précis. Comme chaque année, depuis près de 60 ans, se déroule au cœur de la ville de Québec le Tournoi International Peewee.
 
Centre Vidéotron - Québec, Hockey Hebdo Claude ARES le 15/06/2016 à 06:00

Québec ! De retour dans la Belle Province. Après 4 participations (en tant que dirigeant d’équipe – 2004/2005/2007/2008), c’est en tant que "touriste-reporter" que je suis venu cette année assister au plus grand tournoi de hockey mineur au monde. Pour cette 57e édition, au-delà de l’engouement toujours intact des supporters venant encourager les futurs pros du hockey mondial, l’événement était aussi dans la découverte de la nouvelle aréna de Québec : le Vidéotron.

En effet, en septembre 2015, après 66 années de bons et loyaux services, le Colisée a fermé (définitivement ?) ses portes. Cette enceinte mythique, qui aura vu passer, entre autres, les stars des Nordiques de Québec de 1979 à 1995 (Joe SAKIC, Peter FORSBERG, Mats SUNDIN,….), a été, depuis les finales de 1960, date de sa première édition, le nid du Tournoi Peewee de Québec.
Cette édition était également marquée par la première participation d’une sélection féminine canadienne dans la catégorie AA.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore ce tournoi, même s'il est mondialement connu et reconnu (chez nous aussi), le voici résumé au travers de dates et de chiffres les plus marquants :
  • 1960 : 1ere édition du tournoi – 4 catégories – 28 équipes – 41 matchs disputés. Devant l’engouement du public pour cet événement, les finales se sont disputées au Colisée - Environ 20000 spectateurs sur la durée du tournoi.
  • 1999 : 211178 spectateurs : record d’affluence au Colisée.
  • 2002 : 1ère participation d’une sélection féminine américaine dirigée par Manon Rheaume.
  • 2014 : Création de la catégorie AAA.
  • 2015 : 56e et dernière édition au Colisée Pepsi.
  • 2016 : 57e édition du tournoi – 1ère édition au Centre Vidéotron – 5 catégories – 118 équipes – 255 matchs disputés. 1ère participation d’une sélection féminine canadienne. 236279 spectateurs : record d’affluence depuis la création du tournoi.
Je vous invite également à prendre le temps de lire l’article très complet qu’avait réalisé Sébastien en 2014.
 

Pour ma part, je vous propose de découvrir ce fabuleux événement en images et au travers de l’interview de son Directeur Général, M. Patrick DOM. Mais avant cela, voici sa biographie en quelques dates clés :
  • 1979 : Participation en tant que joueur à la 10e édition du tournoi.
  • 1985 : Entrée dans l’organisation du tournoi en tant que bénévole.
  • 1993 : Engagé à temps partiel dans l’organisation.
  • 1998 : Engagé à temps complet.
  • 2001 : Devient Directeur Général du tournoi.


Le Directeur Général du Tournoi International Peewee de Québec me reçoit dans la loge 1.20 du tout nouveau Centre Vidéotron.
 
HH : Qu’avez-vous ressenti lors de vos derniers jours dans le Colisée ?

Patrick DOM : Je suis désolé mais ça ne m’a absolument rien fait ! Il ne faut pas cracher sur le Colisée qui a été notre maison durant 56 ans, mais on en était rendu là et je ne suis pas du genre nostalgique à dire "il faut le garder". Pour moi, plus vite on va le mettre à terre mieux ça va être pour faire du stationnement parce qu’on en manque. Le Colisée était arrivé en fin de vie. Au niveau technologique et pratique, cela ne correspondait plus à rien. Quand j’avais organisé les Championnats du Monde en 2008 avec les gens de la Fédération (Hockey Canada) et de l’IIHF, ils m’avaient dit qu’ils ne reviendraient pas tant que nous n’aurions pas de nouvelle aréna donc je n’ai pas eu de sentiment mais je l’apprécie quand même.

Photo hockey Hockey dans le Monde - Hockey dans le Monde - Rencontre avec Patrick DOM - DG du Tournoi International Peewee de Québec

HH : Les gens de votre équipe ont-ils eu le même sentiment que vous ?

Patrick DOM : Non, c’était très partagé et la plus belle preuve c’est que certains n’ont pas accepté le Vidéotron et ont démissionné. C’était un peu bizarre mais, pour certaines personnes, les nouvelles technologies et le fait de ne pas pouvoir se reconnaître et se placer dans l’aréna, c’était trop pour eux et ils ont décidé de partir. Tous ceux qui sont restés avaient hâte de débuter et pensaient que, pour les jeunes, ça allait être fantastique de vivre le tournoi au Vidéotron. Pour moi qui suis là depuis 24 ans, j’étais aussi excité que les enfants de venir à la première journée du tournoi. Ca été un booste d’énergie pour tout le monde.

HH : Est-ce que ce changement d’aréna vous a amené d’autres volontaires ?

Patrick DOM : Oui. C’est sûr que la configuration de l’aréna a obligé certains comités, parce qu’il y a 18 comités au total, transport, cuisine, équipements,…à s’ajuster en nombre de personnes. On reste autour de 350 bénévoles pour le fonctionnement et on ajoute à cela les 500 familles d’accueil qui hébergent 1000 jeunes durant le tournoi.

HH : Comment se sont passés vos premières heures et premiers jours au Vidéotron ?

Patrick DOM : Je vais plus vous parler des premières heures, je ne l’ai pas dit à beaucoup de monde, mais quand la rondelle a été posée au jeu pour la première partie, j’ai versé une larme parce que cela fait plus d’un an que l’on travaille sur cette transition parce que c’est un travail colossal. Au niveau financier, mais aussi physiquement et mentalement, cette transition a demandé énormément de travail donc, lors de ce coup d’envoi, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que l’on avait finalement réussi. Mais je vous dirais que, la première journée, je ne me sentais pas au tournoi Peewee. J’avais encore le Colisée en tête, j’avais encore les endroits où on avait l’habitude de passer, je me croyais tout simplement dans une partie de hockey des Blackhawks de Chicago à Chicago, je ne me croyais pas au tournoi Peewee. Mais tranquillement et assez rapidement, on a embarqué dans le bain, mais les premières heures ont été très spéciales pour moi.

HH : Ce changement d’aréna a-t-il eu un gros impact sur la préparation de cette 57e édition ?

Patrick DOM : Personnellement, et je ne dit pas cela pour me plaindre, mais cela fait 18 mois que je n’ai pas pris de vacances juste pour ça. Il faut comprendre que l’organisation du tournoi c’est juste une toute petite équipe de permanents. On était normalement 4 mais la charge de travail est tellement devenue grosse cette année que l’on a embauché un cinquième employé. Donc c’est bien car le tournoi Peewee crée de l’emploi. Mais par rapport au scénario de transition que je m’imaginais, ca été 10 fois plus gros que ce que je pensais. Aujourd’hui, je pense que les gens sont contents et que, honnêtement, la transition entre le Colisée et le Vidéotron est une réussite à 90%. Ce qui reste, c’est souvent des petits détails comme des problèmes de clés. On a marché dans le Vidéotron des dizaines, des centaines de fois, en nous mettant dans la peau d’un joueur, d’un parent, d’un spectateur, d’un commanditaire, de tout le monde, pour s’assurer que tout était bien.

HH : On a vu qu’en termes de personnes, de temps, cela avait eu un impact, qu’en est-il au niveau du budget ?

Patrick DOM : Le budget du tournoi est de 2,5 millions $CAD (1,7 millions €) et, à ce jour, on ne sait pas encore comment cela va se terminer. On avait provisionné une somme de 300000 $CAD (200000€) pour la transition entre les deux arénas et je pense que c’est ce que cela va coûter.

Photo hockey Hockey dans le Monde - Hockey dans le Monde - Rencontre avec Patrick DOM - DG du Tournoi International Peewee de Québec

HH : Le changement d’aréna a-t-il favorisé la venue de nouveaux partenaires ?

Patrick DOM : On est choyé au Tournoi Peewee. On a quand même une tradition de 56 ans qui est là. Je pense que refaire un tournoi comme il est là, serait absolument impossible même pas ici à Québec, n’importe où dans le monde. Donc la tradition joue pour nous et quand les partenaires ont su que nous allions au Vidéotron, on est l’un des rares événements, et je le dit avec fierté, qui refuse des partenaires. On a une liste d’attente. Quand je suis arrivé il y a 24 ans, on courait après eux pour leur vendre le produit, aujourd’hui il y a la télévision qui est là. Il faut savoir que les finales sont diffusées par TVA et ESPN dans toute l’Amérique du Nord donc cela aide à la plus-value des commanditaires

HH : A ce jour, quel est votre meilleur souvenir du tournoi ?

Patrick DOM : Toujours le même. Mon plus beau souvenir restera toujours le jour où, durant le temps d’une partie depuis les 24 dernières années, je n’ai pas été employé du tournoi mais le papa de mon fils qui a disputé ce tournoi.

HH : Et le moins bon s'il y en a ?

Patrick DOM : Oui il y en a. Mais je suis plutôt du genre à voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide. J’essaie toujours de tirer d’une situation négative un point positif. Je pense qu’un des moments les plus tristes c’était un accident de voiture dans lequel des gens d’une famille d’accueil qui hébergeaient des jeunes Peewee ont perdu la vie ici. Même s'il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de décéder mais quand c’est lorsque tu fais du bénévolat c’est cruel.

HH : Quel moment préférez-vous dans le tournoi ?

Patrick DOM : C’est la dernière journée, quand tout est terminé et qu'on peut aller se reposer (rire). Plus sérieusement, on est complètement vidé, c’est l’adrénaline qui nous tient mais je pense que le plus beau moment c’est tous les jours quand je vois le sourire des enfants ou de les voir pleurer quand ils ont perdu. En 2010, notre premier ministre Jean Charest a dit qu’au tournoi Peewee nous étions des vendeurs de rêves et des rêves on en vit tous les jours donc c’est tout ces moments qui sont les plus beaux moments.

HH : Si, par hasard, une équipe ne connaissait pas le tournoi, quel serait votre argument pour lui donner envie de s’inscrire ?

Patrick DOM : Vous savez que l’on ne court pas après les équipes. Cette année, on en a accepté 120, on en a refusé, malheureusement,184. Si vous m‘aviez demandé la chose que je déteste le plus dans mon emploi, c’est la semaine où on fait la sélection et on est obligé de dire oui, non, et je sais que l’on va priver des milliers de jeunes de pouvoir participer au tournoi mais j’ai toujours dit l’inverse si l’on devait courir après les équipes parce que l’on n'en trouvait pas ca serait dramatique. Pour en revenir à la question, je crois qu’aucune équipe ne connaît pas le tournoi. Une anecdote à ce sujet, j’étais en Autriche il y a une douzaine d’années et j’étais complètement perdu je voulais revenir à Vienne et je m’arrête dans une station service et je demande à une caissière qui ne parlait qu’allemand, elle ne pouvait pas m’aider donc je sors, j’aperçois un monsieur qui mettait de l’essence dans son camion et je lui demande ma route. Il m’explique le chemin et voyant que j’avais un polo du tournoi Peewee, il me demande si je connais le tournoi. Je lui dis oui…un petit peu. Il me montre son fils qui était dans le camion et me dit qu’il a joué le tournoi l’année précédente. Pour vous dire comment le tournoi est connu et reconnu dans la monde entier

HH : Depuis que vous êtes DG, vous proposez régulièrement des évolutions pour le hockey mineur (création de la catégorie AAA notamment) que vous mettez en pratique durant le tournoi. Quel est votre prochain projet ?

Patrick DOM : Je ne veux pas dire que nous sommes des moutons noirs mais l’on est très très avangardiste au tournoi Peewee. Oui on a un événement, oui on a un tournoi de hockey mais on essaye aussi de développer le hockey au niveau mineur. Et ça, pour moi, c’est important. Je l’ai dit quand un pays comme le Canada en 2010 aux J.O n’avait qu’un seul joueur québécois dans son équipe et qui était Patrice Bergeron et qui avait été invité à ce moment-là, j’ai trouvé ça désastreux. C’était la réponse aux années durant lesquelles on a laissé aller le hockey mineur et on va encore mettre du temps à combler le retard. Donc on est des précurseurs, on essaye d’innover. On ne se fait pas toujours des amis en faisant cela, mais je ne suis pas ici pour me faire des amis mais pour faire mon job du mieux que je peux et aussi de faire avancer le hockey mineur. Concernant un nouveau projet, sincèrement on n'avait rien prévu car on voulait se concentrer sur la transition. A partir de là, c’est sûr qu’il y a des idées qui germent tranquillement. Je pense qu’il y a de la place encore pour améliorer le hockey dans la façon dont il est fait. On croit beaucoup au hockey scolaire (LHPS – Sport-études au niveau collège). On va faire en sorte que le hockey civil et le hockey scolaire, qui aujourd’hui ne s’entendent pas, finissent par s’entendre. C’est un de nos prochains défis, c’est sûr.

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HH : En 2019, le tournoi aura 60 ans. Avez-vous déjà une idée particulière pour marquer l’évènement ?

Patrick DOM : Comme pour la question précédente, je vous répondrais non. Mais c’est sûr que l’on va se pencher sur la question et que l’on va prévoir quelque chose d’extraordinaire à ce niveau-là. On est tellement une équipe dynamique, les gens sont très responsables, je ne sais pas si vous avez vu le spectacle d’ouverture qui était fantastique (Youtube). Pour le 50e anniversaire, on a fait un match des légendes. On va donc mettre en place un comité qui va proposer des idées.

HH : Comment voyez-vous l’évolution du tournoi dans 10 ou 15 ans ?

Patrick DOM : Je pense qu’on a la bonne recette. L’expérience tu la gardes, tu ne l’achètes pas. On communique énormément avec l’ensemble de nos gens : spectateurs, partenaires, bénévoles, responsables de comités. Qu’est-ce qui marche ?, ne marche pas ?, ce que tu aimes ?, ce que tu n’aimes pas ? Ce qu’il faudrait avoir ?, Ce qu’il faudrait changer ? Et c’est à partir de là que l’on évolue et que l’on développe une idée. Je pense que la formule du tournoi est excellente, on la maintient et quand on vient greffer quelque chose au tournoi on s’assure que ca se greffe pour longtemps et pas juste pour un an ou deux ans. On préfère faire les choses plus petitement mais sûrement. Donc je pense que le tournoi Peewee dans son ensemble va rester le même et que l’on va attacher ou enlever des petites choses pour rester des marchands de rêves.

HH : Souhaitiez-vous ajouter quelque chose ?

Patrick DOM : Non, je pense que l’on pourrait parler des heures et des heures parce que le Peewee c’est toute ma vie. Cela devient émotionnel quand j’en parle et pourtant ce n’est pas mon genre. De voir ce que l’on fait, ce que l’on réalise, c’est quand même 7 millions $CAD de retombées économiques pour la ville de Québec, c’est énorme. Et même si l’on a des problèmes, et on en a à la douzaine. Mais vous savez quoi, les problèmes c’est un par un et les gens savent qu’on est toujours là pour les aider et c’est ce qui fait notre force et pourquoi le tournoi est si beau que cela.

HH : Vous n’avez jamais été tenté par autre chose dans le hockey, Juniors Majeur,….?

Patrick DOM : Je vous dirais que j’ai reçu au cours des  années des offres que j’ai toujours pris le temps de regarder. J’ai eu de belles offres à Calgary avec les gens d’Hockey Canada, des offres aux Etats-Unis avec des clubs de la Ligue Américaine mais aussi dans d’autre domaines et j’ai toujours dit pour que je puisse partir d’ici ca va prendre du temps. A ce moment-là, ça ne sera plus une question de salaire mais de passion pour moi. On parle beaucoup de la venue dans club de la Ligue Nationale de Hockey à Québec et c’est la seule chose qui, à court terme, pourrait me faire dévier. Ce qui est sûr c’est que, si un jour j’ai un nouveau patron, la première chose que je lui dirai c’est : moi je prends deux semaines de vacances dans le temps du tournoi Peewee parce que je ne les laisserai pas tomber. Ca c’est sûr !
 

Au nom de Hockey Hebdo, je tiens à remercier M. Patrick DOM, Directeur Général du Tournoi International Peewee de Québec, d’avoir pris un peu de son précieux temps pour répondre à mes questions ainsi que M. Jean-Marc MENARD, Responsable Communication du Tournoi, pour m’avoir aidé à organiser cette interview.
 
 
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