Pour ce match au sommet de la 13èmejournée de championnat les deux derniers adversaires que Lyon avait écarté la saison dernière pour monter en D1 s’affrontent : Valence le demi finaliste et Montpellier le finaliste.
Arbitres : Louan Robert assisté de Nathan Hasholder et Yan Ibarra
Buts : Valence : ; 20:27 Charles-Olivier Ouimet (ass Arille Dupont) ; 40:22 Montpellier : 06:55 Théo Lobstein (ass Erik Cermak) ; 32:10 Erik Cermak (ass Théo Lobstein) ; 51:25 Valtteri Virtanen (ass Léopold Beckmann et Erik Cermak)
Pénalités
10 minutes (5x2mn) contre Valence
14 minutes (7x2mn) contre Montpellier
Cette année, ces deux équipes règnent sans partage sur le classement : la tête du classement, la meilleure défense et les meilleurs pourcentages d'infériorités numériques sauvées sont pour Montpellier … devant Valence.
La meilleure attaque et le meilleur pourcentage de buts marqués en supériorité numérique sont pour Valence … devant Montpellier.
De part et d'autre, on s'attend à du haut niveau de hockey et on sait qu'une rencontre peut se jouer sur des détails … Les Lynx dominent le premier tiers mais l'avantage est aux Vipers
Le match démarre sur un rythme intense et Valence se porte immédiatement à l'offensive. Les shifts s'enchainent et se terminent toujours par une remise en jeu dans la zone défensive héraultaise.
L'engagement est total et Montpellier cherche à se faire respecter par Xavier Blanchy notamment mais les locaux enchainent les frappes sur Michael Stiliadis.
Sur une offensive de Pavel Pchalin, Martin Vojsovic est le premier Montpelliérain à se voir offrir deux minutes de mise au vert. Une petite erreur de la ligne de power-play valentinoise permet à Erik Cermak, de placer un lancer dans le slot, sans gravité. Nans Blanc veille au grain.
La tension monte encore d'un cran et M. l'arbitre expédie simultanément le Valentinois Charles-Olivier Ouimet et le Montpelliérain Konstantin Lavrenov au frais pendant deux minutes. Le power play valentinois s'installe, Arille Dupont sert Jules Plenet mais Stiliadis gèle le palet.
Il s'en suit un nouvel accrochage entre Blanchy et Kévin Richard. M. l'arbitre, qui ne les blanchit ni l'un ni l'autre, les envoie se reposer. Montpellier joue toujours à 4 contre 5, les secondes s'égrènent sans réel danger sur la cage de Stiliadis. Pire, une crosse montpelliéraine intercepte une passe, Cermak part en 2 contre 1, efface son adversaire, transmet à Théo Lobstein qui ouvre le score. Disons le, c’est un peu contre le cours du jeu (0-1; 6:55). Les Vipers ont non seulement soigné leur pourcentage d'infériorités numériques sauvées mais ont surtout pris les devants au score.
Déstabilisés par ce but, les locaux enchainent les maladresses. De retour à égalité numérique, les Vipers pressent les Lynx pour tenter de doubler la mise. Les lancers valentinois sont de plus en plus lointains …
Ce tiers très accroché se termine : il aura vu les Lynx prendre le dessus aux nombres de tirs, et les Vipers aux minutes de pénalités, mais au tableau d'affichage, les seconds sont devant d’un but.
La prison, concédée en zone offensive dans la dernière minute par le Montpelliérain Valtteri Virtanen a de quoi donner de l'espoir aux Lynx. Deuxième tiers équilibré, mais match extrêmement tendu
Moins de 30 secondes après le coup d'envoi, ce qui devait arriver arriva. Le capitaine montpelliérain, Théo Caubet fait une première tentative de sortie de zone qui rebondit sur le dos de Ouimet. Le malheureux Caubet voit sa deuxième tentative à nouveau interceptée, cette fois par Dupont qui sert Ouimet qui décoche un lancer au raz du poteau de Stiliadis qui n'a rien pu faire, masqué qu'il était par Richard (1-1 à 20 :27). Les mouches auraient-elles changé d'âne ?
Valence retrouve son hockey académique fait de combinaisons, de redoublements de passes où les 4 lignes d'attaque se succèdent sur la glace. Montpellier répond avec sa présence physique et obtient une pénalité différée qui lui permet de remplacer Stiliadis par un joueur de champ ce qui est toujours très inconfortable pour l'adversaire, surtout au 2èmetiers.
En supériorité numérique de joueurs de champ, les Guilhem Perez, Loïc Briwa, Cermak, Lavrenov, Leopold Beckmann et Lobstein empêchent les Lynx de sortir et font circuler la rondelle à leur tour pendant près d'une minute avant l’arrêt de jeu qui leur donne la vraie supériorité numérique. C'est Cermak qui décroche un premier tir à bout portant bien stoppé par Blanc. Les défenseurs drômois repoussent leurs adversaires et font tourner le chrono.
C'est au tour de Marius Cagigos de buter sur le mur défensif valentinois qui joue à nouveau avec la breloque. L'attaque suivante donnera un hors-jeu contre Montpellier qui permet à Valence d'effectuer un précieux changement de ligne dans un match d'une telle intensité.
A peine revenus à égalité numérique, c'est Ouimet puis le meilleur buteur du championnat, Baskov qui sont à deux doigts de doubler la mise mais en face il y a Stiliadis ! On atteint la mi-match et on est à égalité au score comme dans le jeu.
Valence s'installe dans la zone montpelliéraine où les dégagements interdits alternent avec les arrêts de Stiliadis comme sur ce magnifique pivot à bout portant d'Otto Pitkanen ou ce revers dans le slot de Rudi Maarni qui lui en fait perdre sa crosse. Cette fois ci ce sont les "ça chauffe ça brûle ..." qui descendent des tribunes.
Au tour de Perez de tirer à bout portant sur Blanc. Alexandre Vigor et Enzo Dousseau s'expliquent et récoltent chacun deux minutes pour dureté. Résultat, les deux équipes restent à égalité numérique. Dans la foulée, Cermak double la mise après un une deux avec Lobstein (1-2 ; 32:10).
Les longues palabres qui suivirent illustrent la frustration des deux équipes.
Le tiers se poursuit, émaillé de discussions et d'accrochages à chaque arrêt des gardiens puisqu'il n'y a jamais de coupable. Malgré cela, les deux portiers restent dans leur match et anéantissent toutes les offensives.
Le score en reste là pour ce tiers qui est d’une égalité parfaite entre ces deux belles équipes qui inscrivent un but chacune et concèdent six minutes de prison chacune dont quatre simultanées ... La meilleure attaque du championnat déclenche toujours d'avantage de tirs que son adversaire mais il y a un certain Stiliadis devant la cage. Valence y croira jusqu'à la dernière seconde mais en vain
C'est Ouimet qui gagne l'engagement, Lazzaroni lance au fond, Baskov gagne son duel dans le coin et transmet à Plenet qui se promène derrière la cage. Il remet à Baskov qui le ressert, pivote et tire sous la barre de Stiliadis (2-2 ; 40 :22), nouvelle égalité au score.
Quelques secondes après, une nouvelle chevauchée de Pitkanen et toute l’équipe de Valence qui tourne autour des Vipers obligeant ce diable de Stiliadis à des prouesses.
Blanc n'est pas en reste devant la double frappe de Cermak puis celle de Lobstein et de Briwa quelques minutes après.
Il reste moins de neuf minutes au tiers quand Lavrenov gagne un duel dans le coin, sert Beckmann complètement démarqué qui voit Valtteri Virtanen lancé seul en pleine course et trouve la lucarne côté mitaine de Blanc. (3-2; 51:25).
Les Lynx sont KO et pendant quelques minutes, les Vipers reprennent le monopole de la rondelle et gagnent leurs duels mais ils montrent des signes de fatigue et provoquent un dégagement interdit synonyme de rester sur la glace et d'engagement en zone défensive."Vous êtes fatigués" lance malicieusement Tony Dussaud au micro. "On n'est pas fatigués" répond la tribune !
Pas fatigué, Ouimet gagne son engagement. Aleksei Baskov trouve le cadre et la mitaine de Stiliadis. Jan Safar le coach montpelliérain est tout heureux de changer sa ligne. Le jeu change d'intensité. D'ailleurs vous aurez remarqué que depuis le début de ce tiers, personne n'est allé en prison ...
Côté Valentinois qui a fait jouer ses quatre lignes offensives tout le match, on décide de réduire le banc. Côté montpelliérain, où trois joueurs ne sont montés sur la glace que pour aller et revenir au vestiaire au tiers, la marge de manœuvre est plus restreinte.
Des deux côtés, les prises de palet deviennent plus posées, on se livre moins et on préfère attendre la faute adverse. Astucieusement, les Vipers tentent de geler le palet dans le coin pour jouer le chrono.
Valence atteint la cage héraultaise mais Stiliadis, toujours lui, bloque le palet. Suite à l'arrêt de son gardien, la pichenette de Marius Cagigos qui fait trébucher Maxence Bortino aurait dégénéré en bagarre générale. Désormais, on règle la chose entre gentlemen car les deux équipes ont compris qu’elles n’ont plus rien à gagner à durcir le jeu.
C'est le moment que choisit Jan Dlouhy pour faire son temps mort afin d’organiser la sortie de son gardien pour les trois minutes restantes. Les cinq Montpelliérains et les six Valentinois sont concentrés et rejoignent le point d'engagement devant la cage de Stiliadis.
On entendrait presque le palet tomber des mains de l’arbitre tant l'atmosphère est pesante. Le face-off ne sort pas nettement mais reste aux rouges ! Maarni passe derrière la ligne de but, sert en retrait dans une forêt de joueurs, Pchalin tire sur Stiliadis qui repousse. C’est au tour de Pitkanen de placer son revers le palet détourné dans les airs. Son compatriote montpelliérain Virtanen lance là-bas sur la cage vide. Si ça ne marque pas, ça gagne quelques secondes se dit-il peut-être ? Dégagement interdit juge M. l'arbitre tandis que la table de marque annonce deux minutes avant la fin de la 3èmepériode …
Retour à la case départ, le point d'engagement devant Stiliadis. Engagement à refaire dit M. l'arbitre. Cermak gagne la mise et Lavrenov dégage, Lazzaroni repousse mais ses coéquipiers sont hors jeu. L'engagement va se faire hors de la zone montpelliéraine, Pchalin sort pour permettre à Blanc de réintégrer sa cage. On retient sa respiration.
Cermak gagne ce nouvel engagement et le pousse mollement en angle mort. Pitkanen patine pour éviter un dégagement interdit montpelliérain synonyme d'engagement à l'issue toujours incertaine. Il traverse la patinoire en pleine vitesse, tire mais dans une bousculade, Stiliadis détourne.
Le palet reste valentinois, Ouimet frappe et trouve encore Stiliadissur sa route, c'est à nouveau Pitkanen qui frappe du revers mais Stiliadis a mis les barbelés.
Tandis que les secondes s’égrainent, on a ressorti le gardien côté Lynx et Dupont remplace Pchalin. Le palet reste rouge mais la défensive héraultaise repousse. Lazzaroni manque son contrôle à la ligne bleue, doit se replier dans sa zone pour changer d'aile et tenter une relance à moins d'une minute de la corne. Le tir valentinois désespéré est encore repoussé.
Valence joue désormais dans son camp mais cette fois sans gardien ! toute la patinoire retient son souffle. C'est le capitaine drômois qui se met dans la cage pendant que Lobstein et Cermak grappillent encore de précieuses secondes. Lazzaroni relance sur ses partenaires à la bleue mais les jambes ne sont plus là et la sirène sonne la fin du match. La meilleure équipe a gagné ce soir
Montpellier n’avait d’autre enjeu que de rester le patron indiscutable de la poule. Invaincu après ce 13èmematch, la mission est accomplie. L'équipe réalise ce soir le match parfait, à l’image de sa saison. Elle s’est battue face à un adversaire redoutable. Avec 7 points d’avance sur son dauphin dauphinois et 10 sur le troisième. Cette fois, elle a pris le large et peut envisager sereinement la fin des play-offs. Elle s’est montrée à la hauteur de ses ambitions et ses adversaires, à commencer par Vaujany la semaine prochaine à Végapolis, savent encore d’avantage à quoi s’en tenir.
Valence, qui restait sur six brillantes victoires face à des équipes mal classées, a su élever son jeu pour rester à une longueur de la machine montpelliéraine qui n’avait jamais gagné sur un si petit écart à la fin du temps règlementaire cette saison ! Aves dix lancers de plus que leurs adversaires, les Lynx ont mis leur patte sur la rencontre mais sont tombés sur un Michael Stiliadis qui finit à 83% d’arrêts. Après le match, Jan Dlouhy nous confiait ne pas avoir su quoi reprocher à ses boys à la fin de la rencontre, conscient qu’il était de la performance accomplie. Les Lynx se consoleront avec la seconde défaite consécutive de Roanne qui préserve leur avantage aux points.
Côté arbitrage, le trio a su se retrousser les manches : à plusieurs reprises au cours des deux premiers tiers, ses interventions musclées ont évité que le match ne dégénère. Un axe d’amélioration serait, facile à dire me direz-vous, que l’identification du fautif soit plus rapide afin d’éviter de siffler ces pénalités simultanées qui frustrent d’avantages qu’elles ne sanctionnent.
Cela faisait bien longtemps que les partisans valentinois n'avaient pas eu droit à une telle affiche qui voyait son équipe fanion challenger le leader du championnat, et quel leader ! Le public ne s'y est pas trompé. Parmi les près de 1100 spectateurs, on a compté pas moins de 4 anciens présidents dans les tribunes. Le moins qu'on puisse dire, c'est que le spectacle était au rendez-vous ! Nul doute que la prochaine production des Lynx dans leur tanière face aux Sangliers de Clermont Ferrand sera très attendue.