Pour le premier quart de finale de Division 2 de son histoire, le Hockey Club Châlonnais reçoit à la Cité des glaces, les Lynx de Valence. Cette affiche inédite oppose la meilleure attaque de la saison régulière et des play-offs à la meilleure défense des play-offs avec seulement quatre buts encaissés en trois matches face à Vaujany.
Arbitres : Mattéo Germond et Samuel Fessier assistés de Johan Kirschenbaum et Sueva Torribo-Rousselin
Buts : Châlons-en-Champagne : ; 59:58 Tigran Petrossyan (ass Marius Roudadoux et Pablo Maltas) Valence : 00:29 Maxence Bortino (ass Alexei Baskov et Charles-Olivier Ouimet) ; 07:09 Charles-Olivier Ouimet (ass Maxence Bortino et Alban Rodriguez) ; 41:24 Rudi Maarni (ass Pavel Pchalin) ; 58:55 Rudi Maarni (ass Otto Pitkanen et Pavel Pchalin)
L’an dernier, l’équipe du président Colin, remontait en D2 et terminait première de la saison régulière. Elle s’était faite éliminer en 1/8ème par Annecy. Cette année, forte des recrues de l’ex-montpelliérain Petrosian (finaliste de l’épreuve et meilleur buteur et pointeur des Vipers) et de ses deux Suédois Jansson et Torstensson, elle dispose d’un trio d’attaque de premier rang.
En terminant 7ème l’an dernier, les Lynx, qui n’avaient plus joué les play-offs depuis des lustres, s’étaient hissés en demi-finales, puis s’étaient faits éliminer par Lyon, le futur tenant du titre. Cette année, Valence n’a pas quitté le podium du groupe B, ne perdant sa première place qu’à la dernière journée face à Annecy. Les hommes de Dlouhy ont tous envie de faire encore mieux cette année ... Valence impose son jeu d’entrée de match
Il ne fallait pas arriver une minute en retard ce soir. Baskov dérobe la rondelle en territoire champenois, contourne la cage, pivote, trouve Bortino dans le slot pour un one timer qui finit au fond des filets (0-1 à 0’29).
On pouvait rêver à une meilleure entame de match pour les Gaulois qui semblent regarder leurs adversaires jouer. Les présences offensives drômoises se succèdent et ils ont la main mise sur la rencontre.
Les locaux n’ont encore pas tiré à la cage de Blanc quand Rodriguez, dans sa zone trouve Bortino à la rouge qui relaie sur Ouimet lancé et celui-ci s’en va tromper Krofta pour la deuxième fois de la soirée. (0-2 à 7’09).
Saldon Juraj a bien vu le malaise et demande immédiatement son temps mort. Message reçu par ses hommes qui gagnent le face-off. Petrosian tire sur Blanc qui repousse, Roudadoux trouve le rebond et Blanc doit s’y prendre en trois fois pour maîtriser la rondelle.
Le match est, cette fois, lancé, dans une belle ambiance. Les deux groupes de partisans se répondent dans les gradins. Les débats sont, cette fois, plus équilibrés. Valence fait bien circuler la rondelle, enchaine les mouvements autour de la cage mais trouve à chaque fois Krofta sur leur chemin.
Le score en restera là jusqu’à la fin de ce tiers sans prison. L’équipe de Valence, grâce à son jeu collectif, a dominé les débats. Côté châlonnais, le gardien Krofta s’est montré à la hauteur de sa réputation. Rien n’est joué dans ce match d’autant qu’au tour précédant, Valence bien qu’ayant creusé des écarts plus importants au premier tiers s’est vue égalisée par Evry-Viry à chacune des 2 rencontres … Valence tue le signe indien
Les Gaulois prennent l’engagement et se portent immédiatement à l’offensive, la riposte vient par Maarni mais Krofta, avancé, écarte de la botte.
Un peu plus tard, Baskov fera trembler les filets, mais sans danger, ce n’est que le tir puissant du russe qui a percuté le poteau chalonnais. Les actions chaudes se succèdent d’un but à l’autre, Breton récupère le disque coincé dans l’équipement de Zinger, passe à Petrosian, tout seul, qui trouve Roudadoux et offre à Blanc l’occasion de montrer ce qu’il sait faire de sa mitaine.
Les deux équipes, chacune dans son style, se neutralisent. A quelques minutes de la sirène, Baskov commet un accrocher sur Petrosian. L’arbitre lève le bras pour signaler la pénalité différée. La rondelle reste dans la crosse de Petrosian qui lance à la cage, Blanc s’interpose. Janil se jette sur lui et pousse la rondelle au fond mais Monsieur l’arbitre siffle la pénalité à l’encontre du joueur valentinois. S’il y a souvent des fautes stupides, celle de Baskov est bien au contraire une faute utile. Ses coéquipiers reprennent le jeu en infériorité numérique mais statu quo au tableau d’affichage …
Les 1100 spectateurs de Cité de Glace viennent de vivre un ascenseur émotionnel rare. Les Gaulois, eux, restent concentrés pour convertir leur premier jeu de puissance en but. L’unité spéciale champenoise, par #55 et Petrosian, s’installe dans le territoire rouge mais le tir de #95 finit dans la mitaine ferme de Blanc. Les Lynx cherchent à envoyer au fond pour faire tourner les horloges et ne laissent rien à leurs adversaires comme sur cette récupération de Bortino pour Pitkanen ou cette percée de Baskov et de Bortino qui obligent Krofta à s’employer. La pénalité est tuée. Mais c’est encore ce diable de Petrosian qui créera une situation chaude à quelques secondes de la sirène.
Les Gaulois ont réalisé un bien meilleur tiers mais ne réussissent pas à faire déjouer une équipe valentinoise en pleine maîtrise de son art et qui a réussi à tuer le signe indien ou Peau Rouge (*) d’Evry-Viry. Les Gaulois sauvent l’honneur à deux secondes de la sirène
Le glaive entre les dents, les Gaulois entament le troisième tiers en gagnant l’engagement et en se portant immédiatement à l’offensive, laquelle est immédiatement stoppée à la bleue et c’est Ouimet qui, par deux fois, vérifie que Krofta ne s’est pas refroidi. Dans la minute qui suit, Pchalin avorte une construction de jeu des locaux, sert Maarni qui se présente seul et son dribble mystifie Krofta (0-3 à 41’24).
Les Gaulois ne baissent pas les bras. L’ex-tourangeau et brestois Maltas est bien près d’ouvrir le compteur. Monsieur l’arbitre sifflera une première faute contre Valence. Cette première supériorité numérique Gauloise ne donnera rien.
Nous entrons dans la dernière moitié du tiers et les esprits s’animent alors les arbitres envoient un joueur de chaque côté se reposer au frais. Les minutes tournent pour le bonheur des Lynx et nous entrons cette fois dans les 5 dernières minutes. Les partisans Gaulois réclament un but. Il reste moins de 3 minutes quand Krofta laisse sa place à un 6ème joueur.
Le Lynx est un animal joueur, il n’hésite pas à s’approcher de la cage vide et faire le pressing en territoire gaulois. Pitkanen intercepte une mauvaise relance, réussit à prendre son tir mais manque le filet. Le palet rebondit contre la bande pour son compatriote Maarni qui tire sous la jambière de Janil (0-4 à 58’55).
Les jeux sont faits mais les Lynx tentent d’offrir son premier blanchissage à leur cerbère. Sur une faute, qui n’est pas des plus utiles à 37 secondes de la fin, ils sont réduits à 4 joueurs de champ contre 6. Avec panache, Pelisse et Clément tenteront de presser autour de la cage vide mais Petrosian récupère pour Torstensson qui trouve Maltas, Blanc repousse mais Roudadoux et sert Petrosian qui marque (1-4 à 59’58).
But de Petrossian assisté de Roudadoux et Maltas 1-4
Il ne fallait pas non plus partir en avance … Mission accomplie pour Valence
Les champenois ont étés pris à froid par le but de Bortino d’entrée de jeu. L’appréhension peut-être et la fluidité du jeu adverse leur a fait perdre leurs moyens. Il a fallu le doublement du score valentinois et le temps mort qui a suivi pour que l’équipe relève la tête. Parfois, elle a peut-être confondu, vitesse et précipitation, mais l’addition aurait pu être bien plus salée sans la présence dans les cages d’un Krofta des grands soirs. Les hommes de Juraj Sadlon auront montré à leur public et à leurs adversaires, leur mentalité de guerriers capâbles à résister à l’envahisseur jusqu’à la dernière seconde. Samedi, les coéquipiers de l’ancien valentinois Marius Roudadoux devront élever leur jeu sur la grande glace du Polygone à Valence pour rester dans la compétition. Ils en sont capables d’autant que la seule chose qu’ils craignent vraiment, c’est que le ciel leur tombe sur la tête …
A deux secondes près, c’était le match parfait pour Valence et son gardien Nans Blanc qui avait mis les barbelés, ne laissant jamais espérer ses adversaires. Ce soir, l’équipe voulait tant offrir à son portier son 3ème blanchissage de la saison. Mais nous sommes en 1/8ème de finale et l’adversaire n’est pas le même. Le contexte est également différent car il y aura au moins un match retour la semaine prochaine et les Gaulois ont tenu à marquer au score mais aussi les esprits. Les Lynx et leurs partisans avaient besoin de tourner la page de la frustration annécienne, mission accomplie ! Ce soir, en dominant de la tête et des épaules les débats, les hommes de Jan Dlouhy font leur meilleur match depuis Annecy. Ce soir ils n’ont pas sous estimé leur adversaire, ce qui leur a permis d’élever leur niveau de jeu au point d’être dominateurs sur les duels, sachant accélérer quand il le fallait et profiter des moindres faiblesses adverses. C’est ce qu’il faudra reproduire dans une semaine à Valence dans leur tanière.
(*) Avant sa fusion avec Viry, le club d’Evry s’appelait les Peaux Rouges d’Evry