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Hockey sur glace - Tribune libre de Tristan Alric
Hockey sur glace - 1 / PHILIPPE BOZON : DEUX DEFIS DE TAILLE A RELEVER
 
Depuis plus de quarante ans Tristan Alric a t lacteur et le tmoin privilgi de lvolution du hockey sur glace en France. Dabord comme joueur puis comme arbitre. Ensuite, en devenant le journaliste spcialiste du hockey sur glace dans le quotidien sportif LEquipe pendant plus de vingt ans. Auteur de nombreux livres et dune rcente encyclopdie qui font rfrence, Tristan Alric a marqu galement lhistoire du hockey franais en tant le crateur de la Coupe Magnus et des divers trophes individuels. Avec un tel parcours, il est donc bien plac pour avoir une analyse pertinente sur notre sport favori. Le site Hockey Hebdo est donc heureux de lui permettre de sexprimer rgulirement dans cette rubrique.
 
 

Tribune N°1



L’année 2020 s’annonce cruciale pour le hockey sur glace français sur le plan international. D’abord parce que depuis sa victoire lors du Mondial 2007 à Qiqihar en Chine, la France était parvenue à rester dans l’élite planétaire pendant douze années consécutives. Malheureusement, cette belle série s’est achevée brutalement en 2019 après une défaite (impardonnable) contre la Grande-Bretagne après avoir mené 3-0 à la mi-match...

Ensuite, parce que les Tricolores tenteront pour la cinquième fois, au mois d’août prochain, de se qualifier aux Jeux olympiques d’hiver lors d’un tournoi organisé en Lettonie. Or, seul le vainqueur de cette compétition pourra participer aux JO de 2022 à Pékin. Là encore, on croise les doigts car nos représentants sont très frustrés d’avoir été privés des quatre derniers rendez-vous olympiques en hiver : Turin (2006), Vancouver (2010), Sotchi (2014) et Pyeongchang (2018).

Le double objectif qui a été fixé par la FFHG à Philippe Bozon est-il trop ambitieux et sera-t-il atteint ?

L’histoire nous le dira. Mais on doit souhaiter ardemment un double succès pour le hockey sur glace français cette année car, dans le cas contraire, notre sport favori, qui éprouve des difficultés pour se faire une place dans les médias, sera encore plus marginalisé.

Le nouvel entraîneur national sera-t-il l’homme de la situation ?

Ce n’est un secret pour personne que sa nomination a suscité - à tort ou à raison - de nombreuses interrogations compte-tenu de son échec de l’an passé avec les seniors et de sa première expérience avec l’équipe de France U20 qui n’avait pas été couronnée de succès puisque en 2010 notre sélection junior, qui jouait pourtant à domicile (Megève-Saint-Gervais) avait été également reléguée.
Il n’en fallait pas plus pour que les critiques fusent et s’empressent de fustiger les deux faux-pas de Philippe Bozon, sans prendre forcément en compte les circonstances particulières de ces deux compétitions, les sceptiques expliquant qu’avoir été un grand joueur ne garantit pas automatiquement d’être également un bon entraîneur.
Si cette dernière affirmation n’est pas fausse, le procès d’intention fait à Philippe Bozon est à mon avis injuste. Le hockey sur glace, surtout à un haut niveau, n’est pas une science exacte et on doit laisser encore une chance à l’ancien joueur de la NHL pour essayer de modifier une situation dont il a hérité chez les Bleus sans en être uniquement le responsable.
Avec Yorick Treille et René Matte, ses deux adjoints, Philippe Bozon tente actuellement de redonner une nouvelle cohérence et une « épaisseur » à l’équipe nationale qui, ne l’oublions pas, a perdu récemment de nombreux cadres importants et ne bénéficie pas toujours de la présence de ses meilleurs joueurs qui évoluent dans les circuits professionnels de la NHL et de la KHL.
A Philippe Bozon maintenant de prouver que sa brillante carrière comme joueur, d’abord avec les Bues de Saint-Louis, puis en Allemagne (Mannheim) et surtout en Suisse (Lugano et Servette de Genève), lui a donné de l’expérience pour comprendre et soigner aujourd’hui le « mal français ». D’autant que Philippe Bozon a pu continuer à se former ensuite comme entraîneur pendant huit saisons en Suisse avant de diriger en France les clubs d’Epinal et de Bordeaux en Ligue Magnus.
Mais il faut en convenir, cette année sa marge de manœuvre reste étroite car le crédit dont bénéficie encore Philippe Bozon a été en partie entamé et il en est sûrement bien conscient. Il n’aura donc pas droit à un nouvel échec, ni pour la remontée dans l’élite mondiale, ni pour le retour des Bleus aux Jeux olympiques. Deux conditions impératives pour que le hockey sur glace français retrouve enfin de la crédibilité et provoque un véritable intérêt auprès des médias.

En ce qui concerne les championnats du monde, je rappelle cependant qu’après le cuisant échec de la France en 2004 à Prague, il a fallu attendre quatre ans avant que l’équipe tricolore s’en remette et parvienne à remonter à nouveau dans l’élite mondiale. Lors du tournoi de la Division 1 à Ljubljana cette année, on demande donc à Philippe Bozon d’être beaucoup plus rapide en obtenant une promotion immédiate. Le défi est de taille ! Mais un éventuel échec ne le condamnera pas forcément à condition que  le comportement de nos représentants sur la glace prouve que ces derniers ont retenu la leçon que Bozon et ses adjoints sont sensé leur apprendre. Autrement dit, si les Bleus sont enfin combatifs et font preuve d’une discipline tactique plus sérieuse avec des résultats honorables, alors nos représentants ne seront pas à blâmer et leurs responsables également. Espérons qu’ils prendront pour exemple l’attitude positive de nos jeunes internationaux juniors U20 qui ont réussi à redresser en grande partie leur situation, tout aussi délicate, lors du récent Mondial  organisé en Ukraine sous la direction de leur nouvel entraîneur Pierre Pousse. Malheureusement, la France a fini deuxième or seul le premier pays, en l’occurrence la Hongrie, a été promu.

Quoi qu’il en soit, un simple maintien de l’équipe de France sénior dans la Division 1 mondiale et une nouvelle absence aux Jeux olympiques (qui dure depuis presque 20 ans !) provoqueraient à coup sûr une remise en question beaucoup plus profonde.

Alors, au lieu de faire déjà un procès d’intention à Philippe Bozon, n’oublions pas que ce n’est pas lui qui patine au final sur la glace même si, bien entendu, la tactique qu’il impose désormais est primordiale. Souhaitons que « Boz » se révélera cette fois un meneur d’hommes plus prolifique que lors des deux derniers mondiaux auxquels il a dû participer comme coach avec nos internationaux juniors et seniors. Par pitié Philippe, fait nous rêver car le hockey français en a bien besoin !
 
 
 
Lieu : Media Sports loisirsChroniqueur : Tristan Alric
Post par Christian Simon le 22/01/2020 10:18
 
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