Hugo Gallet (défenseur de l’Equipe de France)
 |
| Photo : Yves Le Guillerm |
| Hugo Gallet (France Olympique) |
Hugo, un petit mot déjà sur ta saison en Finlande. Tu es revenu dans le club de Kalpa, que tu connaissais déjà, après une saison au Tappara Tampere. Comment se passe cette saison ?
Super bien. J’étais très heureux de l’accueil que j’ai reçu en revenant au mois d’août. C’était une belle surprise de voir tout le monde heureux de m’avoir de nouveau dans l’équipe. Je connais bien le club, j’aime bien son fonctionnement. Tout se passe bien. J’ai eu un peu de pépins physiques au mois d’octobre mais l’équipe tourne bien et on peut faire quelque chose de sympa cette saison. Donc c’est très positif.
Cela fait maintenant plusieurs saisons que tu joues en Finlande (ndlr : 7ème saison depuis 2019). Est-ce que tu penses avoir beaucoup progressé depuis que tu as rejoint ce championnat qui fait partie des meilleurs d’Europe ?
Je pense que j’ai progressé chaque année. Après c’est ce que je ressens en tant que joueur. C’est aussi pour cela que je reste là-bas, parce que je pense que c’est un championnat qui m’apporte encore aujourd’hui. Je vois clairement une différence en en parlant avec le staff et les gens qui me suivent depuis que je suis arrivé. Il y a vraiment une évolution. C’est un championnat très compétitif, enrichissant et c’est très agréable de jouer là-bas.
Parlons maintenant des Jeux Olympiques, que l’équipe de France de hockey attend de disputer à nouveau depuis plus de 20 ans. Il y a forcément de l’excitation dans l’équipe, mais est-ce qu’il y a également de l’appréhension au vu de l’adversité ? Jouer le Canada, la République Tchèque et la Suisse ce n’était pas le groupe le plus facile... Est-ce que ça motive encore plus d’affronter de telles nations dès la phase de groupes ?
Exactement. Je pense qu’il y a beaucoup d’excitation mais c’est aussi naturel qu’il y ait de l’appréhension. On sait qui l’on va rencontrer car on les voit un peu tous les matins sur YouTube après leur match de NHL. On est conscients des adversaires, mais aussi conscients de ce que l’on est capables de faire et de ce que l’on veut montrer au monde. On n’a rien à perdre, mais on veut prouver que l’on mérite notre place mine de rien pour ces JO malgré la manière dont nous avons pu nous qualifier. Comme je disais, on veut montrer au monde entier que l’équipe de France est capable de produire du bon hockey et de rendre une copie intéressante face à ces nations-là.
Est-ce que l’expérience de Stockholm (ndlr : lors des Mondiaux 2025) peut vous servir ? Il y avait eu un très bon match face aux Finlandais malheureusement perdu en prolongation et ensuite un match pas mauvais contre le Canada... Le Canada avait déjà de gros joueurs l’an dernier comme Crosby ou MacKinnon. Cette expérience va vous servir pour les Jeux Olympiques qui arrivent ?
Oui complètement. Je pense qu’à Stockholm tout n’est pas à jeter. C’est sûr que l’on a connu des contre performances face aux moins bonnes équipes... Après pour ce qui était de la Slovaquie, de la Finlande et du Canada, je trouve que ce que l’on a essayé de mettre en place a plutôt fonctionné. Donc voilà, on s’appuie dessus pour les JO et pour la suite. Toute expérience est bonne à prendre et chaque joueur a appris de façon différente de ce Mondial à Stockholm. On aura encore une équipe différente et on jouera des équipes différentes. Je pense donc que l’on a appris et aussi qu’il faut retenir le positif pour avancer. On a regardé en arrière, revu nos erreurs mais on est aussi prêt à reprendre ce qui a fonctionné pour essayer de faire mieux à Milan.
Maintenant une question destinée à un défenseur comme toi. Vous pouvez vous attendre à ne pas avoir trop souvent le palet, en tout cas au premier tour contre les trois grosses nations. Comment cela va se passer défensivement ? Est-ce que tu t’attends à recevoir beaucoup de pression ? Est-ce qu’il faudra être bon en transition ? Quel va être un petit peu le plan de match face à des équipes qui risquent de dominer et de passer une bonne partie du temps dans la zone offensive ?
Je pense qu’il va déjà falloir être compact à tout moment du match. Il faudra également être patient car il y aura des moments où cela va être long. On va sûrement devoir défendre pendant de longues minutes mais il faudra saisir nos opportunités. En face cela reste des joueurs de hockey. Ils ont deux bras et deux jambes et vont parfois perdre le palet ou le palet va sauter. Il va falloir saisir ses chances, presser, récupérer le palet et sortir de notre zone pour essayer de créer un peu d’offensive. Après, je n’ai jamais été dans ce contexte-là. J’ai joué des Mondiaux mais là on va vraiment rencontrer la crème de la crème. On va encore apprendre à chaque présence « shift » après « shift » et match après match. On n’a rien à perdre alors on va y aller avec nos forces en étant prêts à tout donner.
Pour toi il y a ensuite l’échéance JO 2030, car tu auras encore l’âge de les disputer. Cette année ce sera aussi une très belle expérience pour ensuite revivre ça à domicile quatre ans plus tard ?
Oui complètement. Là honnêtement je n’ai aucune idée de ce qui va arriver, de l’organisation, du rythme des journées, de la compétition ou encore de l’interaction avec les autres athlètes. Avoir la chance de pouvoir faire cela avant des JO qui en plus seront à domicile pour arriver encore plus préparés à Nice en 2030, cela n’a pas de prix. Il faut que chacun des joueurs qui seront à Nice en profitent un maximum pour avoir l’opportunité d’avoir encore de meilleures performances dans quatre ans.
Jules Boscq (défenseur de l’Equipe de France)
 |
| Photo : Yves Le Guillerm |
| Jules Boscq (France Olympique) |
Jules, un premier mot sur ton retour à Bordeaux il y a un peu plus d’une semaine. Est-ce que la saison en Finlande était un peu difficile ? Tu as préféré retrouver un peu de temps de glace avant les Jeux Olympiques ?
Oui, ça ne se passait pas très bien pour moi. Mon dernier match c'était le 27 décembre. J'étais sur une série de six matches où j'étais mis de côté. Voilà, c’étaient les décisions du coach et je pense qu'il fallait trouver une solution pour que j’aie du temps de jeu avant les JO mais aussi après les JO. Je pense que la solution de Bordeaux était la meilleure, la plus « facile » on va dire. Je pense que c'est une bonne équipe, on veut aller chercher le titre donc c'est cool.
Comment as-tu vécu ta suspension d’un an qui t’as privé notamment d’un Mondial avec l’équipe de France en 2024 ?
Cela a été dur de ne plus s'entraîner, de ne plus monter sur la glace. Je continuais à m'entraîner à la salle mais je n'allais plus sur la glace donc oui c'était dur. Mais je pense qu'au final quand on regarde à l'heure d'aujourd'hui, c'est un mal pour un bien parce que j'ai beaucoup appris sur moi, sur mon corps. Puis là, il m'arrive quelque chose de vraiment cool. On va jouer des Jeux Olympiques, les premiers pour moi. C'était dur, mais je pense que si ça m'est arrivé, ça devait arriver. C'est cool qu'aujourd'hui je sois revenu et de nouveau en forme.
Comment tu vas appréhender ce tournoi, sachant que tu es le plus jeune joueur de champ dans l'équipe (ndlr : seuls les gardiens Antoine Keller et Martin Neckar sont plus jeunes) ? C’est une équipe de France très expérimentée avec notamment Pierre-Edouard Bellemare, Sacha Treille, et d'autres qui sont là depuis dix ans. Toi qui es dans l’équipe depuis 2-3 ans comment tu vas vivre ce moment-là par rapport à eux qui ont passé quasiment toute leur carrière à essayer de se qualifier pour les JO ?
Je pense honnêtement, un peu comme tout le monde. C'est un rêve pour moi de faire des Jeux Olympiques. Et puis quand on voit qu’il y a des gars qui jouent en équipe de France depuis 10-15 ans et pour qui cela va être leurs premiers Jeux Olympiques aussi, on se rend compte aussi de la chance qu'on a et on est encore plus fiers de jouer ces JO. Je dirais juste que je suis très fier et j'ai vraiment hâte d'y être.
J'ai posé la même question à Hugo Gallet, qui est aussi assez jeune par rapport à d'autres joueurs de l'équipe. Après Milan, il y a l'échéance 2030. Est-ce que ça c'est forcément une super expérience pour apprendre un peu ce qu'est le monde olympique, le niveau en face, parce qu'il y aura aussi des joueurs NHL a priori en 2030. Est-ce que c'est la préparation idéale pour après disputer des JO à domicile ?
Oui, je pense que c'est toujours bien de jouer ces compétitions. C'est un rêve pour tout le monde, comme j'ai dit. Si je peux en faire deux, je les prendrai avec plaisir. Mais là, pour l'instant, je me concentre vraiment sur les JO de cette année et puis on verra après. En tout cas, oui je veux jouer le plus de Jeux Olympiques possible, comme tout sportif.
Et le fait d'affronter des joueurs NHL comme Crosby et tout ça ? Ce sont des joueurs que même moi petit je voyais jouer, donc j’imagine que pour toi c'est un peu pareil. Qu'est-ce que ça fait de jouer contre ce genre de joueurs ?
C'est quelque chose d'incroyable voilà. Je pense que les Jeux Olympiques c'est incroyable. Il y a les meilleurs joueurs du monde de tous les pays. Puis là en plus avec la grosse équipe du Canada ça va être un match unique. Je pense qu'il faut qu'on y aille sans pression, qu'on joue notre hockey, ça va être grand, ça va être très fort sûrement. Donc voilà, qu'on joue bien notre hockey et puis qu'on n'ait surtout aucun regret.
 |
| Photo : Yves Le Guillerm |
| H. Gallet / J. Boscq (France Olympique) |