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Hockey sur glace - Ligue Magnus : Grenoble (Les Brûleurs de Loups)
Hockey sur glace - Josef Podlhaha: Grâce à mes coéquipiers
 
Le club des Brûleurs de Loups a retiré le numéro 71 de Josef Podlaha lors du match de la 35e journée de Ligue Magnus face à Angers.
 
patinoire Pole Sud Grenoble, Hockey Hebdo Jean-Christophe Salomé le 24/01/2018 à 10:00
Même les plus jeunes qui suivent les Brûleurs de Loups connaissent son nom. Il figure dans les premiers rangs des statistiques du club. Toutes les saisons, des maillots sont floqués de son nom et numéro. Les supporters ne l'ont pas oublié et le club a souhaité honorer sa fidélité et son attachement au club en retirant son numéro 71.
Nous avons retrouvé Josef le lendemain pour recueillir ses impressions sur cette journée spéciale pour lui.

Photo hockey Josef Podlhaha: Grâce à mes coéquipiers - Ligue Magnus : Grenoble  (Les Brûleurs de Loups)
photo: Jean-Christophe Salomé
Quand le club t’a annoncé le retrait de ton numéro, quelle a été ta réaction ?

Nicolas Tomasini m’en a parlé il y a un an ou deux. J’ai pas mal réfléchi, j’ai pensé presque tous les jours à Grenoble, à comment cela se passerait, qui je reverrai à la patinoire pendant cette magnifique fête. Je savais que ce serait un moment fort et ça a dépassé tout ce que j’avais imaginé. C’était énorme, magnifique, inoubliable, une grande émotion.

Pas trop nerveux avant ?

Si, j’étais un peu stressé avant. Personne ne peut s’habituer à ça. C’est un très grand hommage. Je n’étais pas nerveux sur la glace car je faisais mon boulot, mais quand tous les regards sont tournés vers toi, c’est spécial.

Photo hockey Josef Podlhaha: Grâce à mes coéquipiers - Ligue Magnus : Grenoble  (Les Brûleurs de Loups)
photo: Jean-Christophe Salomé
Justement, ça doit faire plaisir !


Oui, c’est un très grand plaisir. Je me suis demandé si je méritais ça. C’est un sport collectif. Même Connor McDavid, s’il est tout seul sur la glace, il ne marquera pas de but. C’est grâce à mes coéquipiers que j’ai marqué beaucoup de buts. J’ai fait mon boulot, j’étais égoïste et j’en ai profité comme eux ont profité que ça marchait bien, tout le monde était content au final.

C’est aussi une reconnaissance de ton attachement au club, et pas seulement de tes résultats sur la glace.

C’est ça. Je suis passé par cinq pays différents. J’ai joué en Autriche, en Allemagne, en Italie et la République Tchèque. Dès que j’ai trouvé Grenoble ou plutôt que Grenoble a trouvé Josef en 1996 pour finir la saison. Je ne voulais pas trop, je sortais d’une saison difficile. Je voulais voir comment ça se passe. Au premier match, au premier jour, je me suis vraiment senti différemment des autres équipes, villes et pays. Jusque là, c’était mon boulot. A partir de Grenoble, c’est devenu un plaisir. C’était vraiment familial, tout le monde sur le même bateau. C’est peut-être un cliché, mais tout s’est bien passé ici. Les supporters “les Irréductibles”, l’organisation, les partenaires, tout le monde ensemble, je n’avais jamais vécu de problème. Je suis tombé amoureux de Grenoble. Je le dis souvent: je suis Tchèque, mon coeur est grenoblois.

Photo hockey Josef Podlhaha: Grâce à mes coéquipiers - Ligue Magnus : Grenoble  (Les Brûleurs de Loups)
photo: Jean-Christophe Salomé
Josef et son fils en arrière-plan
C’était important de partager ce moment avec ton fils ?


Pour moi oui, pour lui je ne sais pas. Dès qu’on a commencé à organiser mon voyage, ma femme voulait venir, ainsi que mon fils aîné de 18 ans. Je voulais que mon fils de 12 ans, Martin, vienne également. Ma femme a passé les 9 saisons ici, mon fils aîné 6 ou 7 saisons. Je leur ai dit qu’ils connaissaient tout déjà à Grenoble, mais pas Martin, il n’y a passé que sa première année, il n’a aucune connaissance de tout ça. C’était peut-être un peu stressant pour lui. Il va avoir de bons souvenirs, et pour moi c’est un super plaisir de lui montrer la patinoire, le centre ville, l’ancienne patinoire Clémenceau.

Comment est-ce vécu par tes proches restée en République Tchèque ?

Ma femme et ma mère ont pleuré hier. Ma femme a reçu les photos que Simon Bachelet a envoyé. C’était émouvant pour elles.

Tu savais que tu avais une place particulière auprès des supporters et du club. Est-ce que tu réalises maintenant, est-ce que c’est encore plus fort ?

Beaucoup plus fort. a fait douze ans que je ne joue plus. Dès que j’ai arrêté ici, j’ai arrêté complètement. Je pouvais peut-être encore jouer quelque part, en République Tchèque ou en Allemagne. Je voulais rentrer pour que mon fils aîné aille à l’école. Je ne pouvais plus re-jouer car je n’allais pas retrouver une organisation et une famille comme ça. Hier, tout est revenu en même temps, les émotions, l’histoire avec mes coéquipiers, tout ce qu’on a fait et pas que sur la glace bien sûr.
Hier soir après le match, je n’ai pas pu dormir, mais je ne suis pas fatigué.

C’était important pour toi de suivre le match à côté du banc de Grenoble ?

Je voulais être un peu partout, c’était difficile puisque je devais faire pas mal de choses. Comme je suis un psychopathe de hockey sur glace, je voulais voir le plus possible du match. J’ai regardé qui jouait les infériorités, les supériorités, j’étais stressé. Je voulais que Grenoble gagne. La fête serait meilleure après une victoire qu’une défaite. Au premier tiers, je suis allé avec les supporters. Comme on a encaissé un but, il fallait que je change de place pour le deuxième tiers temps. Je suis très superstitieux, on se moquait de moi quand j’étais joueur. Quand on gagnait un match, il fallait que je me gare à la même place au match suivant, dans la même direction. Pareil pour m’équiper.
J’adore regarder les matchs sur le banc, c’est ce que je fais chez moi à Olomouc où je travaille comme manager des sports et président du hockey mineur. Dès que je peux je suis sur le banc. Je vois mieux, je peux mieux analyser ce qui se passe sur la glace.

As-tu vu des joueurs que tu pourrais signer à Olomouc ? Que penses-tu du niveau ?

Le niveau était très bon. J’étais presque surpris. Chez nous, le hockey est une religion, le niveau élite est très très fort. Il n’y avait pas de différence avec ce que j’ai vu hier. A l’époque, les joueurs étaient moins forts et patinaient parfois moins bien. C’était un beau match hier.



Quelques mots sur ton compatriote de Grenoble, le gardien Lukas Horak ?

Je ne le connaissais pas avant. Il y a deux ans, Nicolas Tomasini m’a appelé pour se renseigner sur lui. Je ne savais pas trop, j’ai appelé mes collègues et agents pour demander des informations côté hockey mais aussi au niveau du caractère. Tout le monde ne m’a dit que du bien. Hier, il a été très bon, ça fait plaisir qu’il continue l’histoire tchèque après moi même si son boulot est différent, il doit empêcher les buts, et moi je devais en marquer.

Nous avions parlé de ton fils aîné il y a quatre ans lors de notre précédente discussion (lire : “Mon coeur est grenoblois”). Est-ce qu’il veut toujours devenir professionnel ?

Oui. Il a 18 ans maintenant. Il aurait pu naître ici à Grenoble, mais il est né en République Tchèque. Je voulais avoir mes enfants à Grenoble, ils ont au moins été conçus à Grenoble!
Il progresse très bien, il est junior. Récemment, il a fait son premier match en élite tchèque en sénior. C’est quelque chose d’exceptionnel pour son âge. Il a très bien joué, c’est un plaisir pour moi. Il prend du plaisir, il s’amuse pour l’instant. On verra s’il pourra faire carrière. A son âge, il est meilleur que moi.
J’ai quitté la République Tchèque à l’âge de vingt ans, je ne savais pas si je ferais l’équipe nationale ou pas. Je voulais voir du monde, des pays différents, je n’ai jamais regretté. Il fera peut-être pareil, je ne sais pas.


Olomouc est remonté en Elite en 2014. Comment ça se passe depuis ?

On a augmenté le budget après la remontée. C’est très difficile de monter en Elite en République Tchèque. Il faut gagner la division mais il faut aussi battre les deux dernières équipes en élite. Avec un peu de chance, on a réussi. Notre budget est le plus petit en elite tchèque. Malgré ça, on est capables de se sauver chaque saison. C’est notre quatrième saison consécutive. Actuellement, nous sommes à la sixième place, c’est magnifique pour nous. Notre objectif chaque saison est de nous maintenir pour la saison suivante. On peut déjà regarder vers les playoffs.

Tu as pu voir Sacha Treille qui joue avec Pardubice.

On a joué contre eux il y a une semaine. Pardubice, c’est une très belle ville. C’est aussi une hockey-town comme Détroit en NHL. Il joue très bien, ce n’est pas un onzième ou douzième attaquant, c’est lui qui fait souvent la différence. C’est un vrai bon joueur d’élite tchèque. Il joue physique, il a cassé quelques joueurs de l’autre côté, c’est son style. Quand je vois Sacha à l’échauffement, j’ai des souvenirs qui reviennent de lui, de Yorick, de Grenoble.

Depuis que tu as arrêté, as-tu rechaussé les patins pour jouer en loisir ?

Non. J’ai arrêté, je monte sur la glace deux fois par an pour les fêtes du 24 et 31 décembre, pour patiner avec les copains, mes joueurs et les enfants. Ca suffit.

On avait parlé de Jaromir Jagr il y a quatre ans. Il vit une saison compliquée avec Calgary en NHL. Comment est-ce ressenti au pays ?

Tout le monde est triste qu’il soit blessé. Même les gens qui ne s'intéressent pas au hockey s’intéressent à lui. Personne ne sait comment il va en ce moment.
C’est une légende. Certains pensent qu’il aurait dû s’arrêter avant, mais je ne pense pas comme eux. Il peut faire ce qu’il veut. Pour moi et tous les tchèques, ce sera parfait s’il peut jouer jusqu’à 50 ans. C’est un génie.

Il est question qu’il quitte Calgary, il reviendrait certainement en République Tchèque pour jouer.

S’il revient dans son équipe, ça va être n’importe quoi ! Son équipe est descendue à cause de nous il y a quatre ans. Ils ont beaucoup de difficultés pour remonter. S’il revient, il y aura 10000 spectateurs à chaque match, ils seront dangereux.

Il y avait des rumeurs qu’il rentre pour faire les jeux olympiques ?

Non, ça peut casser l’équipe d’attendre pour savoir comment il va, même lui ne veut pas ça. Il ne veut pas que tout le monde soit tourné vers lui. C’était souvent le problème, tout le monde ne s’intéresse qu’à lui. Même de très bons joueurs regardent ce qu’il va faire, c’est aussi un problème d’avoir un aussi bon joueur.

Un dernier mot ?

C’est grâce à mes coéquipiers, je serais nul sans eux. Même sans les supporters, l’ambiance était si bonne, tout comme avec les partenaires et le club. Je n’aurai pas fait toutes ces saisons sans eux. J’étais tellement bien que je n’ai pas eu envie d’aller chercher autre chose ailleurs, alors que j’ai eu des propositions pour gagner plus d’argent. J'ai eu une vie magnifique ici grâce à eux, c’était facile de rester fidèle.

Tu es obligé de revenir de temps en temps !

Oui, ou mon fils peut-être, ce n’est pas impossible. J’y ai pensé, ça pourrait être drôle s’il y a un autre Josef qui vient jouer à Grenoble.

S’il vient en France, il sera obligé de venir à Grenoble !

Ca, c’est sûr à 100% ! (rires)

 
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