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Hockey sur glace - Ligue Magnus : Grenoble (Les Brûleurs de Loups)
Hockey sur glace - Kyle Hardy: J'ai grandi comme joueur
 
Arrivé en France en 2011 à Dijon en néo-professionnel après l'université, Kyle Hardy a fait son chemin en Ligue Magnus pour s'y imposer comme un joueur majeur et incontournable.
 
Grenoble, Hockey Hebdo Jean-Christophe Salomé le 25/04/2018 à 08:00
Cela fait plusieurs saisons que Kyle Hardy martyrise les attaquants adverses, mais également leurs défenses et gardiens. Arrivé en France sans prétention autre que de progresser et devenir professionnel, il a su saisir les opportunités pour grandir en tant que professionnel.
Meilleur défenseur-offensif du championnat et nommé meilleur joueur de Ligue Magnus par nos correspondants, nous avons voulu en savoir plus sur lui. S'il est maintenant connu et reconnu, quel a été son parcours et qui est Kyle Hardy ?

Photo hockey Kyle Hardy: J
photo: Jean-Christophe Salomé
Kyle Hardy (Dijon)

Comment as-tu choisi ton université ? Priorité études ou hockey ?

C’était plus pour les études. J’ai fait mes études en high school aux Etats-Unis et j’ai fini à 18 ans. Après, il fallait prendre une décision : soit jouer un an ou deux en junior ou aller en université tout de suite.
J’ai choisi une école qui avait une équipe en division 3 (NCAA III). Cette université avait très bonne réputation pour les études, c’est ce qui a motivé mon choix d’y aller, mais le hockey était important également.
Beaucoup de joueurs arrivent à l’université à 20 ans jusque 24 ans, j’ai choisi de le faire de 18 à 22 ans. C’était une chance de continuer le hockey et de faire des études en même temps. Quand j’avais 18 ans, j’étais trop jeune pour prendre des décisions, je pense que mes parents stressaient pour mes études.


Tu n’as pas cherché une université dans une division plus élevée en NCAA II ou I ?

J’ai eu des contacts avec quelques universités qui étaient interessées mais comme j’étais petit et jeune, ils voulaient que je fasse au moins un ou deux ans en Junior jusque 19/20 ans pour évoluer. J’étais trop jeune pour prendre des décisions, mes parents stressaient avec les études. Là où je suis allé, c’était dans le top 10 des universités aux Etats-Unis. C’est très dur d’avoir des opportunités comme ça en athlète-étudiant.


Tu as fais des études spécifiques, une spécialisation ?

Oui, j’y allais pour étudier l’économie et le business. J’ai fini en sociologie et anthropologie. Aux Etats-Unis, on peut étudier les sciences politiques et finir sur autre chose, ce nest pas spécifique. Moi j’aime bien écrire, ainsi que la sociologie qui porte sur l’étude de la société, mais je ne pense pas continuer.


Quand tu as terminé l’université, c’était un objectif pour toi de passer professionnel en Europe ?

Quand j’ai eu mon diplôme, j’ai pensé à l’Europe. Je n’étais pas prêt pour arrêter le hockey. J’ai un peu pensé à l’Amérique du Nord, mais mon père a joué en Europe et il m’a toujours dit qu’un joueur comme moi serait mieux sur des grandes glaces européennes. J’ai regardé un peu en Norvège, Danemark, France et finalement, la France est bien pour les québécois pour le français même si je n’étais pas bilingue ça a aidé un peu. Et je suis arrivé sur la “grande” glace de Dijon (rires).


Photo hockey Kyle Hardy: J
photo: Jean-Christophe Salomé
Kyle Hardy (Dijon, en jaune)
Tu n’as pas été trop surpris en arrivant à Dijon ?


J’avais vu des photos, mais j’étais quand même un peu surpris. Quand j’étais en Amérique du Nord, tout le monde me parlait des grandes glaces avec plus d’espace et quand j’ai vu que c’était une petite glace j’étais un peu déçu mais finalement c’était deux années très spéciales, j’ai adoré la ville. L'entraîneur était incroyable (Tolvanen), il m’a mis en confiance, j’ai grandi comme joueur, c’était une très belle expérience.


Avais-tu des appréhensions ou des attentes en passant professionnel ?

C’était un peu bizarre. En universitaire, tu as toujours des cours et la bibliothèque, tu as toujours quelque chose à faire. C’était bizarre de n’avoir que le hockey. Au début, je demandais aux gars “qu’est-ce qu’on fait ?”. Ca m’a pris du temps pour être confortable dans ma vie professionnelle. Au niveau sportif, je savais que j’avais le talent, j’ai appris à être pro: quand passer à la salle de muscu, comment manger, me faire la cuisine, je n’en savais rien. J’ai appris beaucoup de choses et Dijon était un très bon endroit pour commencer.


En universitaire, est-ce que ce passage en professionnel est préparé ?

Oui, c’est possible, mais là où j’étais en division 3 (NCAA III), les gens sont beaucoup plus là pour les études. Chaque année, seul un ou deux joueurs essaient de passer pro, ou essaient un an pour voyager.
A Dijon, c’était bien d’être avec des pros comme Martin Gascon, Yanick Riendeau et même Anthony Guttig, c’était bien de voir les autres. J’ai beaucoup appris, j’ai appris à être professionnel en dehors de la glace.


A Dijon, tu gagnes la Coupe de France face à Rouen en prolongation. C’est forcément un souvenir spécial ?

Oui, très spécial. Je ne connaissais pas l’importance de la Coupe de France lors de ma première année vu que tout était nouveau. Je ne connaissais pas les compétitions à côté de la saison de Magnus, j’étais un peu perdu. Quand j’ai vu Bercy, j’ai compris que c’était le vrai show. Ca reste un de mes meilleurs souvenirs.


As-tu été surpris, touché par la relégation de Dijon ?

Un peu surpris, il y a du monde qui aime le hockey à Dijon. Olivier Ritz a fait du bon travail. Ca m’a touché un peu. La patinoire est très difficile à jouer en tant que adversaire, et comme c’est une petite glace, ce n’est pas très bien pour mes qualités sur la glace.


Ensuite, tu signes à Chamonix. Qu’en retiens-tu ?

C’était une opportunité pour moi de prendre un plus gros rôle dans une équipe. J'ai bien aimé la ville. Ma mère était professeur de ski, j’ai toujours adoré la montagne. J’y retourne tous les ans, j’en reviens d’ailleurs, j’y ai passé une semaine. J’ai joué pour Stéphane Gros qui m’a mis en confiance, j’ai encore grandi comme joueur là-bas. C’est dommage qu’on n’ait pas gagné de titre, mais j’y ai rencontré des gens super et des amis que je vais garder pour la vie.


Ensuite, tu quittes la France pour tenter une autre expérience à l’étranger, tu signes en Allsvenkan en Suède, tu pars en Angleterre et tu reviens en Suède en division 3 sur la même saison.

C’était un peu compliqué. Ils avaient pris quatre étrangers pour débuter la saison et finalement, ils ont voulu en garder que trois. Certaines choses arrivent dans le hockey, c’est sûr que c’était dur pour moi, mais j’ai encore grandi de l’expérience, c’était bien pour moi. Je n’avais pas eu de difficulté dans ma carrière jusque là, j’ai toujours assez bien joué. C’est une bonne ligue, c’est dommage que ça n’ait pas marché pour moi.
Ensuite, j’ai un peu galéré. J’ai pris une option en Angleterre à Nottingham qui est un grand club en première place. J’ai vite senti que ce n’était pas la ligue pour moi. Des fois, c’est dur de se dire qu’on a fait des erreurs, mais c’en était une pour moi.


Tu es arrivé en cours de saison, est-ce que les attentes étaient élevées ?

Oui, mais c’était la première fois dans ma vie où j’allais à la patinoire sans envie. J’adore venir à la patinoire tous les jours, j’ai toujours le sourire, j’adore être là et travailler avec des gens que j’apprécie. Là-bas, je n’étais pas content, et j’ai tout de suite cherché une autre équipe. Je suis retourné en Suède avec une équipe qui voulait monter en division supérieure. Ca s’est bien passé, c’était dans le nord avec beaucoup de neige mais j’ai bien aimé mon passage.


Tu n’as pas souhaité continuer ?

J’avais l’option de continuer, mais je voulais être dans un grand club où je pourrais prendre un grand rôle et c’est ce que m’a proposé Grenoble. En France, je n’avais pas joué dans ce qu’on peut appeler un grand club. C’était une opportunité de jouer dans une grande ville de hockey avec une chance de gagner des titres.


Tu es défenseur-offensif. Tu as toujours eu ce rôle ?

Oui. Mon frère était défenseur (*) quand j’étais jeune, c’était un peu mon idole et je voulais être défenseur. Mon père l’était aussi. C’était juste naturel de l’être. Tous les entraîneurs m’ont essayé à l’attaque quand j’étais jeune et ça n’a jamais vraiment marché. Je suis né défenseur-offensif et j’adore marquer des buts, prendre des tirs et prendre des risques.
* : Mark Hardy: 368 pts et 915 matchs en NHL avec LA Kings et NY Rangers de 1979 à 1993


Photo hockey Kyle Hardy: J
photo: Jean-Christophe Salomé
Cette saison, Grenoble termine premier de saison régulière mais chute en finale contre Rouen. Que vous a t’il manqué ?


Ca fait encore mal d’en parler. Le sport est comme ça parfois. J’y croyais jusqu’au bout, comme tous les autres joueurs, même en prolongation dans le dernier match de la finale. Des fois, c’est un peu de chance, on frappe un poteau…
A la fin, c’est plus nos grands joueurs, moi compris, qui étaient moins bien que leurs grands joueurs. On n’a pas su capitaliser de nos opportunités quand c’était le temps. C’est pour ça que ça fait encore un peu mal, mais ça va servir de motivation pour la suite. Même si ça ne fait que quelques semaines, on peut être fiers de notre saison avec ce groupe incroyable.


Quel sera ton programme cet été ?

Je vais rentrer, ma copine est à Montréal, on va partir en vacances fin avril et je vais me préparer de mai à juillet pour gagner des trophées l’année prochaine.


Les playoffs de NHL ont commencé. Quelle est ton équipe préférée ?

Je suis fan des Kings de Los Angeles. Ils ont perdu hier soir mais je crois en eux et je suis confiant pour la suite (ndlr: interview réalisée le 12 avril, les Kings ont depuis été éliminés dès le premier tour par les Golden Knights de Pierre-Edouard Bellemare).


Que penses-tu du parcours des adversaires des Kings, Las Vegas ?

Ca m’a surpris. Il y a 25 joueurs qui arrivent, il n’y a pas de vétéran qui a joué dans le club avant. J’ai un ami qui joue là-bas, il m’a dit que c’était très spécial, surtout avec les événements du 1er octobre (fusillade).
 
 
 
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