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Hockey sur glace - Autour du hockey
Hockey sur glace - Manga: Bodycheck!
 
Nos lecteurs, qui sont aussi amateurs de manga, ne seront probablement pas passés à côté de "Bodycheck!", le premier manga français de hockey sur glace. Pour tout savoir sur "Bodycheck!", nous avons contacté les deux auteurs, Michaël Espinosa, le scénariste et Ank, le dessinateur.
 
Grenoble, Hockey Hebdo Jean-Christophe Salomé le 02/08/2012 à 23:00
 


Pouvez-vous vous présenter ?

Michaël Espinosa : Je ne suis pas scénariste de métier, mais enseignant. Je suis venu au manga par l'écrit de romans d'abord, puisque j'ai écrit des romans pour la jeunesse, de SF, fantastique, et d'autres à venir. Je voulais m'essayer à d'autres médias comme la BD que j'ai déjà touchée un peu avec une histoire courte dans un collectif (« Dieux & Idoles » chez La Boîte à Bulles). Je me suis essayé au manga parce que j'en lis depuis son apparition en France à la fin des années 80 avec Akira, Dragon Ball, etc... En 2006, est apparu le magazine de prépublication « Shogun », lancé par les éditions Humanoïdes Associés. Ils cherchaient un manga sportif. Comme j'ai pratiqué le hockey sur glace pendant une quinzaine d'années, autant parler de quelque chose que je connaissais. En plus, ce sport n'était pas utilisé, le milieu étant squatté par le foot, le foot US, la boxe et le baseball. C'était donc un élément d'originalité.
J'ai eu des déboires avec les dessinateurs, la plupart ont lâché prise avant le contrat alors que le scénario était accepté. C'est 3 ans plus tard que j'ai pu avoir une opportunité auprès des éditions Aqua Lumina qui cherchait des scénarios sportifs et qui ont accepté mon projet.

Ank : Je suis Lyonnais, 21 ans, j’ai découvert l’univers du manga vers mes 15 ans. Suite à une longue expérience de la BD et mes lectures notamment, j’ai essayé de croiser les genres, pour le dynamisme du manga qui m’attire énormément. Par une pratique du dessin que j’arrive à mettre en parallèle avec ma formation en design et architecture, et ma formation actuelle en scénographie avec les tournages.

Comment vous êtes-vous rencontrés pour faire ce manga ?

Ank :
Pour la même maison d’édition, j’étais en concours sur d'autres projets pour un autre scénariste. Je n’ai pas été sélectionné, mais l’éditrice m’a parlé d’un autre scénario de sport. Elle nous a mis en relation.

Michaël: Ça a pris presqu'un an pour trouver un dessinateur et que Ank intègre le projet (dessinateur). Je savais que ce n'était pas sa tasse de thé au démarrage, mais il était prêt à essayer le manga sportif. Par contre, il ne connaissait rien au hockey.

Comment avez-vous travaillé ensemble ?

Ank : Nous ne nous sommes jamais rencontrés. On travaille par mail, par dialogues Skype ou téléphone. Je récupère un script avec les dialogues, un peu comme les scripts de théâtre. Les dialogues étaient répartis par page, bien que j’ai mon mot à dire sur les découpages. Il y a de temps en temps des commentaires sur les expressions des personnages. Ensuite, je compose comme je peux. Je lui renvoie des story-boards, des croquis à l’arraché. Si cela lui convient, je fais un crayonné. L’encrage est fait quand l’éditrice valide à son tour.

Michaël : Sur le tome 1, on a eu beaucoup de discussions et d'échanges pour essayer d'être le plus proche de la réalité au niveau du dessin. Cela a amené des choses assez marrantes. Je l'ai rectifié sur des choses aussi bêtes que la prise de la crosse. Le positionnement de main sur la crosse, le fait que l'on ne change pas de côté : on est gaucher ou droitier mais on ne change pas sa crosse d'une image à l'autre. On n'est pas allé en profondeur là-dessus sur le tome 1, ce sera plus sur le tome 2. Les différentes phases de jeu, l'attaque, la défense seront plus visibles et compréhensibles.

Photo hockey Manga: Bodycheck! - Autour du hockey
Ank
Ank, tu ne connaissais pas le hockey. Comment as-tu fait pour le dessiner ?

C’était une des difficultés. J’ai dû aller 2 fois à la patinoire publique à Lyon, je ne pratique pas du tout le roller non plus. Je ne connais pas les sports de glisse. C’est un univers que j’ai découvert aux derniers Jeux Olympiques. J’ai trouvé ça extrêmement violent, et pourtant on m’a dit que c’était des compétitions officielles et que les joueurs étaient clean. Du coup, en dessin, je me retrouve souvent dans mon salon avec un balai à tenter de me jeter en avant. C’est assez délicat.
J’ai utilisé pas mal de vidéos, j’en ai beaucoup sur mon ordinateur, pour voir comment les joueurs bougent. C’est un sport qui est assez délicat à dessiner dans le sens où on sait que ça va vite et qu’il y a un dynamisme à donner. En même temps, quand je les vois jouer, les positions sont assez figées, comme ils se contentent de glisser – c’est mon impression. Du coup, j’hésite à faire une position de dynamisme pur où il est en pleine course ou alors il prépare un slapshot, sur 2 pieds, la crosse en l’air et il va juste très vite en glissant. La difficulté est de le faire passer sans avoir une position de dingue.
C’est assez délicat de retranscrire quelque chose quand on n’arrive pas à se mettre dans la peau des joueurs. Pour le foot, c’est facile de prendre un ballon et de taper des positions dans le jardin même si on ne sait pas faire, tandis qu’en hockey, c’est plus compliqué.

Ank, est-ce que Mickaël a apporté beaucoup de corrections ?
Le premier tome est une bonne base de travail pour le 2e tome. Michaël m’apporte des corrections sur des détails : les positions des mains, les inversions de crosse. Pour des histoires de cadrage, j’ai tendance à changer les crosses comme ça. On intègre ça petit à petit. Je trouve qu’il a été relativement souple sur ce premier tome. En tant qu’amateur, quand je lis ce manga, je ne trouve rien de scandaleux, parce que ce sont des détails auxquels je ne prête absolument pas attention quand je regarde un match. Pour des joueurs de hockey qui vont le lire, je veux bien croire qu’il faille redoubler d’attention.

Est-ce qu'il y a eu des réticences sur le scénario de hockey, qui n'est pas le sport le plus connu en France ?

Michaël : Non, justement. C'est ce qui a intéressé. L'originalité de ce manga, c'est le hockey sur glace. La trame narrative, ce sont les adolescents, le lycée, les amours, les désamours, les rencontres. On est sur du classique, et la valeur ajoutée, c'est le hockey sur glace, on sort des sports habituels. C'est ce qui a branché notre éditeur, il cherchait des petits projets avec une originalité particulière pour sortir du rang et ne pas proposer ce que les gros éditeurs publient déjà à tour de bras.
Ça me faisait plaisir de parler d'un sport que j'ai pas mal pratiqué. Pour moi, c'est un des sports ultimes et je ne comprends pas que ce ne soit pas plus visible en TV, plus visible en général. Pour moi, c'est un sport visuel. Mais c'est un autre débat... :)

Photo hockey Manga: Bodycheck! - Autour du hockey
Ank
Dans ce premier tome, il y a quand même beaucoup de références au hockey : le personnage principal, Wayne Grasdzy, et des citations. Pourquoi Wayne Gretzky en particulier ?

Michaël : J'ai pratiqué le hockey pendant les années 1980. C'est un nom qui a toujours résonné. J'ai joué jusqu'en junior et j'ai arrêté un moment avec les études. J'ai repris ensuite en loisir/vétéran, mais au début des années 2000. Je n'ai pas de repéres ou de références sur les années 90. Il y a le côté iconique de Wayne Gretzky, puisque c'était LE joueur ultime des années 80.

Vous avez eu de nombreuses critiques, positives et négatives. Comment vous les prenez ?

Michaël : On ne les a pas prises trop mal. C'était peut-être plus dur pour Ank, mais il a l'avantage et le désavantage de sa jeunesse, le côté fougue. Depuis le début, il prend les choses comme ça, il ne se pose pas trop de questions. Ce n'est pas plus mal. Dans le milieu du manga, ça a toujours été des attaques par rapport au dessin. Le scénario est un peu passé à la trappe.
Cela fait des années que je suis dans le milieu littéraire, et j'ai eu le droit à des chroniques où on me conseillait de raccrocher le crayon. Avec le temps, j'ai appris à encaisser ce genre de retour. Ce qui nous intéressait, c'était de prendre tous les éléments qui ont été critiqués et de voir comment on pouvait améliorer, que ce soit du côté scénaristique - avoir plus de clarté, de visibilité, être plus explicite en terme de hockey sur glace - ou du côté graphique - un découpage mieux fait...
On a préféré rebondir dessus plutôt que de se lamenter et d'abandonner.
Cela dit, je me doutais du retour que l'on allait avoir. Le manga a ses niches aussi. Comme dans tout milieu, il y a des « ayatollas ». La France est le 2e pays après le Japon à consommer du manga. Il y a beaucoup de Français qui aimeraient en faire, et le milieu des lecteurs rejette très vite les auteurs français.

Ank : On a eu un certain lot de critiques, notamment sur le fait qu’on est un manga français. La France est un gros pays de manga, le manga français passe toujours difficilement, on se fait achever tout de suite. On n’a pas la présélection des Japonais avec leurs magazines mensuels, ce qui arrive chez nous en manga a déjà fait un carton au Japon. Nous nous lançons directement, on peut se faire ramasser plus facilement. Ils ne laissent bien souvent pas leur chance avant le 2e tome.
Plus les critiques sont difficiles, plus ça me motive. Surtout les critiques méchantes, sans fond constructif, pour aider à aller de l’avant.

Et l'accueil dans le milieu du hockey ?

Michaël : Comme c'est une niche, non seulement il fallait viser le milieu du manga, mais il fallait aussi aller chercher le monde du hockey. L'accueil est plutôt positif parce qu'il est neutre. Pour l'instant, ce sont des retours du type "c'est sympa d'avoir un truc sur le hockey". On a contacté la fédération, ce qui a suscité une curiosité avec pas mal de visites sur mon blog. On a eu des contacts avec des boutiques de hockey, des articles dans la presse. On n'a pas eu de retombée particulière, mais de la curiosité.
C'est difficile de dire si on a suscité un intérêt. On va sortir le tome 2, le principe est aussi de montrer que c'est sur la continuité.
Le retour du monde du hockey est plus positif que celui du manga.

Avez-vous une idée sur le succès du manga ?

Michaël : On est réaliste. Notre éditeur est une petite maison, avec un petit distributeur. On n'est pas dans toutes les librairies et supermarchés de France. On est disponible par le biais d'internet et dans certaines librairies, mais on n'a pas de publicité ni de facing. Je l'ai fait car l'histoire me faisait plaisir, et sans espoir particulier. On aura un peu de retour en Septembre. Il faut rester humble.

Ank : Pas plus que ça. A titre personnel, je m’y intéresse assez peu. Etant étudiant à côté, et avec d’autres contraintes, je n’ai pas le temps. Je le prends vraiment comme un exercice de dessin pour me caler pour les projets suivants, mais que je ne prends pas à la légère.

Pouvez-vous nous donner des éléments sur le 2e tome ?

Ank : On va changer la manière de gérer les informations par page. A mes yeux, en tant que lecteur de manga, on fonctionne d’habitude sur 3 niveaux de cases par page, là on est souvent sur du 4 niveaux, avec des dessins plus petits. L’objectif du tome 2 est beaucoup plus de clarté dans les dessins, dans la gestion des découpages et dans les scènes de hockey pour comprendre un peu plus ce qui se passe. Gérer le dynamisme avec un peu plus de retenue. Pour le scénario, je laisse Michaël. J’ai mon mot à redire aussi, je ne veux pas dessiner quelque chose qui me paraît incohérent ou ne pas fonctionner.
Pour avoir lu la trame globale de l’histoire, ça me paraît intéressant d’avoir une série courte, 7 à 10 tomes. Ca va aussi dépendre des ventes. Le tome 2 est extrêmement important, ce sera le vrai tome 1. Ca va permettre de contrecarrer les critiques négatives du tome 1 ou de les confirmer, mais il faudra appuyer le lecteur dans son choix définitif.

Michaël : On a pris en compte les critiques du tome 1. On met l’accent sur le hockey, avec un match en équipe. On va aussi insérer des éléments sur les règles du hockey pour les lecteurs qui ne connaissent pas le hockey.

Que peut-on dire aux fans de hockey pour les inviter à lire ce manga, surtout ceux qui ne connaissent pas le manga ?

Michaël : C'est une occasion de découvrir un média particulier en passant par une passion. Ce que j'essaie de transmettre dedans, c'est aussi ce que j'ai pu ressentir comme état d'esprit, l'aspect de l'équipe, le sport engageant, très rapide. Ce qu'on va essayer de donner, c'est cette rapidité, ce côté fun en le mêlant à une histoire avec un peu d'humour. On a essayé de mettre un peu de tout dedans, d'avoir des personnages qui ont de la répartie et qui ont des rêves à poursuivre. Il faut essayer !
J'y ai mis ma passion du hockey et même Ank, pour qui le hockey n'est pas connu, y met aussi ses tripes pour essayer de le rendre le plus fun et le plus attirant possible.

Ank : Au niveau du graphisme, c’est un dessin qui mêle la BD et le manga, en retrouvant les codes du manga. A mes yeux, on en a pour « son argent » avec le manga en général, on a des choses à lire. Pour les amateurs de hockey, c’est une histoire de hockey (rires). Dans le tome 2, on aura encore plus de hockey avec un match. On va rentrer dans l’univers complet de la compétition.





Avis de la rédaction :
Ne connaissant pas le manga, nous avons donc lu ce premier tome avec un regard néophyte. Pour les lecteurs qui, comme nous, ne connaissent pas ce média, Bodycheck! est certainement une bonne passerelle pour s'initier au manga : le hockey sur glace, qui nous est familier, permet de rentrer facilement dans l'histoire.
Pour être franc, le hockey n'étant pas du tout représenté en BD, tout fan de ce sport y trouvera son compte, et le tome 2 devrait ravir davantage les fans. Et ce serait une bonne manière d'encourager les auteurs à poursuivre ou à créer d'autres BDs et mangas sur notre sport favori.A
h... au passage, un "détail" pour vous faciliter la lecture : comme tout manga, Bodycheck! se lit dans le sens inverse : de droite à gauche, et la première page est la dernière. ;)

Nous remercions Mickaël Espinosa et Ank pour leur temps, ainsi que Ank pour ses 2 dessins et l'album dédicacé qui fera l'objet d'un concours à la rentrée.


Lien : Le blog de Michaël Espinosa : http://michaelespinosa.canalblog.com/



 
 
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Réactions sur l'article
 
xxc a écritle 10/08/2012 à 11:25  
Si michael passe dans le coin, pourra t'on acheter le manga sur le salon de Tarascon ce week end ?
 
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