Teemu Loizeau
(attaquant des Aigles de Nice)
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| Photo : Alexandre Canivet |
| Teemu Loizeau (Nice) |
Teemu, quel est le sentiment au sein de l'équipe après ce match ? Est-ce qu'il y a plutôt de la joie d'avoir pris un point ou de la déception d'avoir perdu en prolongation ?
On joue tous les matches pour les gagner, donc forcément on est déçus. Après c'est sûr que prendre un point à Rouen en début de match tu signes tout de suite. Mais comme on joue pour gagner il y a de la déception.
Nice a toujours été dans le match car il n'y a jamais eu plus de 2 buts d'écart au score, seulement pendant quelques minutes. Est-ce que vous avez senti que Rouen était prenable ce soir ?
Oui, mais nous on se présente, on joue à 100% et on donne tout ce que l'on a. On a eu quelques phases de trou où on s'est un peu fait rouler dessus. Je pense que dans l'ensemble on a tous fait les efforts défensivement. On savait qu'à 1-0 ou à 2-1, psychologiquement si on gardait le score tout était possible. Le hockey ça va vite comme on l'a vu. On marque à trois minutes de la fin le but de l'égalisation. En gardant le score pas très loin pour nous on avait une chance d'aller les chercher. C'est ce que l'on a essayé de faire jusqu'au bout. On perd en prolongation malheureusement mais c'est comme ça.
A propos des statistiques, on a vu un nombre de tirs pour Nice bien supérieur à celui de Rouen.. Est-ce qu'il y avait une consigne de lancer beaucoup le palet à la cage ?
A chaque match on essaie de mettre au maximum le palet à la cage. Si on ne "shoote pas le puck", c'est sûr que l'on ne va pas marquer de buts. On essaie de mettre du trafic devant la cage, de gêner le gardien. On sait que l'on ne va pas forcément marquer que des beaux buts... Donc on met le palet à la cage quand il y a du monde et on sait que souvent cela peut porter ses fruits.
On est maintenant aux trois quarts de la saison. Quel bien tires-tu pour le moment du parcours en Ligue Magnus de Nice ? En étant à la 6e place vous êtes bien placés pour les playoffs. C'est l'objectif principal ?
Oui, clairement. L'objectif pour nous a toujours été de se qualifier en playoffs. En finissant le plus haut possible pour éviter la première équipe du championnat. Après, les trois "gros" sont quasiment du même niveau... On veut finir le plus haut possible, on a encore une grosse fin de saison. On joue un gros match contre Briançon vendredi prochain. Ils sont à égalité avec nous... On veut aller chercher la 5e place, on n'est qu'à 6 points de Marseille donc on n'est pas loin. En plus il nous reste encore un match contre eux... On a une équipe qui se bat jusqu'au bout alors on va tout donner.
On remarque aussi que votre équipe a une forte ossature de joueurs français et que la moyenne d'âge est relativement faible comparée à celle d'autres équipes de Ligue Magnus. C'est aussi un bon point ?
C'est sûr que l'on a une équipe jeune. On sait que notre point fort dans un match ça va être l'énergie. On va faire quelques erreurs, mais je pense qu'au fil de l'année on apprend de nos erreurs et on en faisait plus en début de saison. Je pense que tout le monde a bien compris le système de jeu et ce qu'il fallait faire pour gagner les matches. C'est pour cela aussi que les matches tournent en notre sens. Notre équipe est jeune mais assez mature.
Carl Mallette
(entraîneur des Dragons de Rouen, conférence de presse d'après-match)
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| Photo : Guillaume Schwab |
| Carl Mallette (Rouen) |
Sur ses impressions à l'issue de ce match
On a eu des hauts et des bas. J'ai aimé notre énergie au premier tiers. Finalement on a joué une bonne première période à domicile. Au deuxième tiers on a assez bien joué pour prendre les devants à 2-0. Il y a une séquence qui remet l'autre équipe dans le match. Puis ensuite on a manqué une échapée et un deux contre zéro. Encore une fois on aurait pu plier le match en deuxième période, même en première selon moi. En troisième période on a joué pour ne pas perdre. Normalement avec une avance en troisième période on joue pour marquer le prochain but... C'est ce qui m'a déplu un peu. On les a regardé jouer et c'était pour moi une question de temps avant qu'ils ne marquent. J'ai aimé notre réaction après leur but. On a joué avec urgence pendant trois minutes où l'on aurait pu marquer un but. Il faut jouer avec cette urgence là tout au long du match. Ceci étant dit, on a deux gros points après une séquence de dix jours assez longue avec beaucoup de déplacements. Mentalement, je n'ai pas senti que l'on a joué soixante minutes lors de ces dix jours-là. On sait que l'on a un gros match dimanche. L'humain est fait comme cela. On a beau dire qu'il ne faut pas y penser mais on y pense quand même. La bonne nouvelle c'est que nos joueurs sont en santé mis à part James Phelan. On va aller à Bercy avec le même alignement que ce soir. C'est le gros match de la saison. On mérite d'être en finale. On fait de bonnes choses et avec les deux points de ce soir on reste dans la lutte au sommet.
Sur la bonne réaction de son équipe après un troisième tiers trop en mode gestion
Si l'on joue comme pendant les trois dernières minutes, d'après moi on sort avec les trois points et on aurait marqué un troisième et quatrième but. Il y avait une bonne équipe aussi de l'autre côté, avec une bonne force de frappe, bien structurée. Cela fait deux fois qu'ils viennent ici et qu'ils égalisent à la fin du match. La bonne nouvelle c'est que l'on est allés chez eux et que l'on a pris les 6 points. Dans l'ensemble défensivement on ne donne pas grand chose. Ce soir c'est rare que l'on donne autant de lancers au but. Lucas (Mugnier) a été super bon pour nous. J'aimais vraiment la façon dont on se comportait défensivement dernièrement. Maintenant toute notre concentration est pour Bercy dimanche.
Sur le fait qu'il s'agit de deux points gagnés ou d'un point de perdu
Je dirais un point de perdu à la fin du troisième tiers et un point de gagné en prolongation. C'est de même que je me sens.
Sur le basculement vers le match de dimanche
La page est tournée. Il y a le championnat et il y a Bercy aussi. La bonne nouvelle c'est qu'en championnat on est dans la course pour finir premiers et en coupe de France il n'y a que deux équipes qui sont qualifiées pour la finale de dimanche. Depuis le début de l'année, je dis qu'il faut se concentrer sur un match à la fois. Le prochain match est gros pour nous. On ne veut pas manquer notre coup. On a envie de vivre ça avec tous les rouennais. On va se présenter là pour gagner en faisant du mieux que l'on peut évidemment pour essayer de ramener le trophée à la maison.
Sur le fait que les finales de coupe de France Rouen-Grenoble sont à deux victoires partout et six titres de chaque côté en général
Oui cela rajoute du piment et il y en avait déjà assez. C'est une statistique que j'ai vue avant le match. C'est le "classico" selon les gens en France, les deux plus belles organisations. Comme je le mentionne depuis le début de l'année, il y a beaucoup de belles organisations aussi maintenant qui peuvent espérer gagner. Personnellement, le fait de jouer Grenoble en finale est quelque chose que j'aime bien évidemment. Cela remet un peu de rivalité aussi, que j'ai déjà vécue à l'époque où j'étais joueur. C'est une équipe qui était championne de Ligue Magnus la saison dernière et qui a gagné deux des trois dernières coupes de France. C'est une équipe qui sait gagner. Maintenant à nous de prouver que l'on peut gagner.
Sur son discours pour dimanche
Mentalement j'y pense depuis deux semaines. Ils sont préparés et on aura beaucoup de meetings d'ici le match. Mais je pense que je vais parler avec mon coeur. Je veux que l'on profite du moment. On mérite d'être là. Je vais rappeler tous les sacrifices qui ont été faits pour se rendre là. Après cela ce sera "allez vous amuser et donnez ce que vous avez à donner".
Florian Chakiachvili
(défenseur des Dragons de Rouen)
Florian, comment s'est passé le match de ce soir et qu'est-ce que tu en penses ?
C'était un peu à l'image des deux dernières semaines où l'on ronronne un peu. Je pense que la finale est mine de rien un peu dans les têtes aussi. Cela fait un peu chier de perdre encore un point ce soir. Au delà de ça dans le contenu ce n'était pas super... La finale est dans les têtes et cela va être un gros moment ce week-end.
L'important a été la réaction de l'équipe après le deuxième but niçois ? Puis cette prolongation ?
Oui, c'est ce que l'on s'est dit. On a un peu arrêté de jouer au début du troisième tiers. Du coup on leur a laissé un peu d'espoir. A ne vouloir absolument pas perdre on oublie un peu comment on doit jouer. Cela s'est vu quand ils ont marqué leur dernier but on a repoussé un peu lors des trois dernières minute et on les a bouffés avec beaucoup de chances de marquer à ce moment-là. On a été un peu trop attentistes avant. Aller chercher le deuxième point en prolongation nous fait du bien quand même.
Que peux-tu nous dire sur la finale de dimanche ?
C'est un Rouen-Grenoble donc je pense que tout le monde sait un peu à quoi s'attendre. Ce sont des matches qui peuvent tourner dans un sens comme dans l'autre. Il y a deux grosses puissances offensives. Cela va se jouer aussi sur les réglages défensifs de chaque équipe. Pour le coup de ce côté là je pense que l'on est en place depuis quelques matches. Cela va être intéressant de voir ce qu'il va se passer à Bercy.
C'était ton dernier match à Rouen avant de partir aux Jeux Olympiques avec l'équipe de France. Après tous ces tournois de qualification sans parvenir à se qualifier, qu'est ce que cela représente pour toi de pouvoir les disputer, à ce stade dans ta carrière ?
C'est un peu le point culminant d'une carrière. Je pense que ce serait pareil pour n'importe qui. Mais à mon âge (ndlr : 33 ans) et pour toutes les générations qui ont disputé tois, quatre voire cinq TQO sans se qualifier cela reste des plaies ouvertes qui sont assez douloureuses. Donc là c'est un peu la consécration de tout cela et de tous les sacrifices que l'on a pu faire lors des dernières années.
Votre groupe aux JO s'annonce très dur, un groupe de la mort avec le Canada, la République Tchèque et la Suisse face à quasi exclusivement des joueurs NHL... Comment appréhender ce genre de matches ? Est-ce que l'on y va avec le sentiment de n'avoir rien à perdre ?
C'est sûr que l'on va donner tout ce que l'on a. On s'attend à souffrir défensivement. Je pense que les dix jours que l'on va passer à Milan avant vont nous permettre de nous acclimater aussi à ce qu'est le monde olympique parce qu'aucun d'entre nous ne sait ce que c'est. Cela va nous permettre de se concentrer sur ce que l'on a à faire là-bas. Les matches vont se jouer sur notre jeu défensif et la réussite de nos gardiens aussi. On sait que l'on va souffrir mais on va essayer de jouer n'importe quel match pour gagner, même contre le Canada en sachant que cela va être compliqué.
Le format de la compétition fait que vous disputerez au minimum une sorte de huitième de finale. Connaissant l'état d'esprit de l'équipe de France, est-ce qu'il faut tout miser sur ce match-là ?
Non, parce que cela serait oublier les trois premiers. Au-delà des résultats, on veut y aller pour montrer notre état d'esprit et apporter un peu de respect au hockey français au niveau international. Cela fait longtemps que l'on a envie d'avoir un peu d'exposition médiatique. Là je pense que l'on ne peut pas rêver mieux. C'est à nous de saisir cette opportunité et cela passe justement par ces trois premiers matches face à de grosses nations pour montrer que l'on ne veut rien lâcher. Après effectivement il y aura un quatrième match à jouer qui sera quoi qu'il arrive décisif. C'est évidemment un match que l'on voudra gagner encore plus que les autres pour essayer d'aller chercher un quart de finale. C'est clairement notre objectif oui.
Est-ce que tu as déjà imaginé un peu la cérémonie d'ouverture et le défilé dans un stade comme San Siro ?
J'avoue que je n'y ai pas encore trop pensé. Je ne sais pas si c'est conscient ou inconscient, mais ce n'est pas plus mal comme ça de ne pas trop penser aux Jeux parce que c'est compliqué de jouer en pensant à tout ça, ne pas vouloir se blesser, etc. Je suis content que cela ne m'ait pas trop trotté dans la tête. Mais je pense que ma femme et mes enfants y pensent plus que moi. La cérémonie cela va être quelque chose de fou. Je sais qu'il y a des athlètes qui n'ont jamais eu la chance d'y participer même en ayant disputé plusieurs fois les Jeux Olympiques. Cella va être un moment historique qui restera probablement gravé dans nos mémoires toute une vie.
Est-ce qu'il y a une petite déception du fait que la cérémonie va se dérouler dans plusieurs endroits (Milan, Cortina, Predazzo et Livigno) et que les porte drapeux de la délégation française Clément Noël et Chloé Trespeuch ne seront pas à Milan avec vous ? Cela change un peu par rapport à d'autres olympiades où la délégation défile toute ensemble...
Je ne pense pas que l'on peut être déçus de quoi que ce soit... Tout va être grandiose avec déjà la tenue et puis tout ce qu'il va se passer autour au village olympique. On n'a pas trop idée de ce que cela représente mais cela va être quelque chose de grand. Vu que l'on n'a pas d'expérience, cela nous paraîtra génial dans tous les cas !
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| T. Loizeau (Nice) / C. Mallette (Rouen) / F. Chakiachvili (Rouen) |