Bonjour Olivier, bonjour Kevin, félicitations pour le titre de la saison dernière ainsi que pour cette bonne entrée en matière en Ligue des Champions (CHL), qu’attendez-vous de cette nouvelle saison ?
O.D : « Avant toute chose, c’est une nouvelle aventure, nous avons l’étiquette de champions en titre. Nous savons qu’à partir du 15 septembre, c’est un nouveau championnat qui démarre avec 12 équipes qui aspirent à soulever la coupe au bout. Nous avons goûté à cette sensation et nous voulons la revivre. Nous connaissons cette difficulté de gagner donc c’est une nouvelle aventure pour ce nouveau groupe avec 6 changements dans l’effectif. Cela ne nous empêche pas de garder cette même ambition d’avoir le sourire à la fin de la saison. »
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| Olivier Dimet (entraîneur des Boxers de Bordeaux) |
En parlant du groupe, il y a eu 6 nouveaux sans pour autant remanier l’effectif. Est-ce comme une forme de récompense et de confiance donnée pour l’équipe qui a su aller au bout et qui jouera l’Europe ?
O.D : « Ce n’est pas une récompense, le choix de l’effectif a été avant tout fait par rapport à la performance. Nous savions que cela allait être difficile de revivre les mêmes émotions et la même saison avec la même équipe. C’est pourquoi avec Stephan (Stephan Tartari, manager général des Boxers) et le staff nous avons voulu ajouter un peu de nouveauté pour continuer à évoluer et grandir. C’était donc plus un choix stratégique d’apporter 6 changements tout en gardant une base de l’équipe championne. Si nous avons été champions, c’est aussi parce que l’équipe a été performante. »
Nous savons donc que l’équipe gagne encore un peu plus en profondeur afin de pouvoir jouer sur tous les tableaux. Finalement, les ajustements semblent pertinents et raisonnés.
O.D : « Oui tout à fait ! Il y a aussi un aspect économique à prendre en compte, c’est-à-dire qu’aujourd’hui, l’objectif à Bordeaux est de garder les pieds sur terre. Effectivement, lorsque nous gagnons un titre et que nous jouons l’Europe, nous aurions tendance à nous dire qu’il faut donner plus, mettre plus mais je pense que la pérennité du club est beaucoup plus importante que de vouloir faire trop, quitte à mettre en difficulté le club. Je pense que le club a donc été raisonnable, notre budget et le club continuent à grandir petit à petit. L’objectif est vraiment de continuer à grandir. Forcément, une saison comme celle de l’année dernière donne envie de vivre à nouveau des émotions fortes. Nous savons qui nous sommes, d’où nous venons. Les choses se sont faites dans la durée pour que nous en arrivions là. Donc pas d’emballement nous voulons continuer à grandir petit à petit. »
Vous (Kevin Dusseau) êtes capitaine des Boxers de Bordeaux cette saison, il s’agit de votre 1ere saison en tant que capitaine de ce club, comment appréhendez-vous cette saison, est-ce que cela change quelque chose pour vous ?
K.D : « Je ne vais pas changer ma manière d’être, si le staff m’a choisi, c’est pour la personnalité que je suis et la personne que je suis au sein du vestiaire mais aussi pour les valeurs que nous partageons. Je pense que je vais rester moi-même et avancer ainsi. »
C’est néanmoins une nouveauté pour vous qui plus est pour une saison qui s’inscrit dans la continuité historique du club avec une première expérience en CHL qui succède à votre saison historique de l’année passée conclue par ce titre en Ligue Magnus. Qu’est-ce que cela peut changer au sein du groupe, est-ce que cela génère plus d’appréhension, plus de pression ou au contraire le groupe reste le plus naturel possible ?
K.D : « Nous restons le plus naturel possible. Nous avons un groupe qui vit très bien. Pour le moment, je fais seulement le lien entre le groupe et le staff à travers beaucoup de dialogue. Il n’y a rien de particulier qui change pour l’instant. »
Lors de cette saison, il y aura la coupe d’Europe, la coupe de France mais aussi le championnat. Il s’agit donc d’un challenge supplémentaire de devoir lier les trois compétitions. Comment pensez-vous réussir à performer sur l’entièreté de la saison ?
O.D : « Je pense que jouer la coupe d’Europe est une grande opportunité pour le club, le staff, les joueurs mais aussi les supporters, de jouer face à ce qui se fait de mieux sur le continent européen. Nous voulons avoir de l’ambition, jouer notre jeu, chose que nous avons fait en ce début de CHL. Maintenant, l’objectif principal est de se servir de cette expérience européenne pour grandir en tant qu’équipe. Nous voulons nous servir de cette compétition pour arriver en Synerglace Ligue Magnus ou en Coupe de France avec une équipe meilleure qu’au début de saison. Nous connaissons aussi la charge que la Coupe de France impose, nous avons aussi l’expérience des clubs précédents sur une saison comme celle-ci. Nous savons que c’est toujours compliqué d’enchaîner une Ligue des Champions avec la Coupe de France et le championnat. Nous allons pleinement vivre cette expérience. En toute franchise, nous ne voulons pas être des spectateurs. C’est ce que nous avons dit aux joueurs. Il faut aller là-bas (CHL) en jouant fidèles à notre identité, faire en sorte de sortir grandis en tant qu’équipe. Avant toute chose, je veux que mon équipe joue et apprenne de ces rencontres de très haut niveau parce que je sais pertinemment que cela nous servira pour le reste de la saison. »
K.D : « Après c’est certain que l’avantage de jouer les matchs de CHL maintenant est que nous avons dû avancer notre préparation. Nous avons aussi joué des gros matchs avant d’aborder le championnat. À Bordeaux, nous vivons match après match, nous nous concentrons sur le match suivant, nous ne pensons pas aux autres matchs. Je pense que c’est aussi ce qui a fait notre force l’an passé. C’est exactement ce que nous allons faire cette saison. »
C’est sûr que le début de saison est complètement différent si nous le comparons à celui de la saison dernière qui avait été marquée par de nombreux absents...
O.D : « Oui bien sûr ! Cela nous fait grandir ! Je veux dire qu’effectivement le 17 octobre dernier nous étions derniers de la ligue et il y avait beaucoup de critiques. Nous sommes restés dans notre bulle, nous étions confiants dans le processus dans lequel nous étions puisque nous perdions des matchs mais nous sentions qu’il y avait des choses intéressantes même si nous manquions de constance, nous avions pas mal de blessés également. Nous ne voulions pas nous trouver d’excuses mais nous savions que lorsque l’effectif allait revenir à la normale, nous ferions de bonnes choses. La preuve est que, dès lors que nous avons retrouvé progressivement notre effectif, nous avons enchaîné 11 victoires consécutives. Les play-offs ont aussi prouvé que le processus et la mentalité mis en place au début ont fait que nous avons eu du succès. »
Est-ce que vous avez senti que toute la France du hockey, à l’exception de vos adversaires, était derrière vous pendant la finale ?
O.D : « Oui, je pense qu’il s’agissait d’un vent de fraîcheur dont tout le monde avait besoin. Aujourd’hui, nous avons prouvé que c’était faisable. Avec tout le respect pour les clubs historiques de Rouen et Grenoble qui sont des modèles pour nous, je pense que le fait qu’il y ait un changement fait du bien à la ligue puisqu’il n’y avait pas eu d’autre vainqueur qu’eux depuis ces 10 dernières années en Synerglace Ligue Magnus. C’est aussi la preuve que notre ligue est de plus en plus compétitive et que chaque match doit être préparé de la meilleure des façons car il n’y a plus de petits matchs. Il faut se présenter chaque jour à plus de 100 % pour espérer l’emporter. En voyant les recrutements des autres clubs, je pense que cette année nous aurons une ligue davantage homogène et encore plus compétitive. »
Merci messieurs et très bon retour à Bordeaux !