Pour son deuxième championnat du monde consécutif dans le Groupe A, la France avait la tâche ardue de défier la Suisse dès la première partie. Avant le match, une très belle cérémonie était proposée au public de la PostFinance Arena. Chaque supporter helvétique avait reçu un drapeau rouge à croix blanche en entrant, ce qui donnait quelque chose d’assez fantastique lorsque l’hymne national suisse était joué par une fanfare du milieu de la glace et que tous les fans se mettaient à agiter leur drapeau en chantant le cantique helvétique.
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| Laurent Lardière |
| Roman Wick face à Fabrice Lhenry |
Pour cette seconde partie de la soirée dans ce groupe B (la première avait vu la Russie battre l’Allemagne 5-0), les arbitres américains Rick Looker et Thomas Sterns étaient présentés. Le premier nommé est connu en Suisse. Professionnel en DEL, il fait partie des échanges entre ligues et a donc souvent arbitré en NLA. Pour les juges de ligne, il s’agissait du Slovaque Miroslav Valach et de l’Américain Chris Haan.
La patinoire tremblait sur ses bases lorsque le speaker annonçait les noms des stars helvétiques, avec des piques pour Martin Gerber, le gardien des Toronto Maple Leafs, Ivo Rüthemann, Martin Plüss et bien entendu Mark Streit, la star des New York Islanders, clairement le grand vainqueur à l’applaudimètre.
Premier tiers-temps
En début de match, la France était directement mise sous pression. Sous l’impulsion notamment de Roman Wick et Sandy Jeannin, la Suisse se montrait dangereuse et plus tranchante que son adversaire. Les Rouges pouvaient bénéficier du soutien des 11\'417 spectateurs présents, qui scandaient les classiques « Hopp Schwiitz » et autres chants d’encouragement.
Mais les Français opéraient sur des contres en profitant d’erreurs défensives suisses en début de match. La partie perdait son équilibre lorsque presque coup sur coup, la France prenait deux pénalités (Kevin Hecquefeuille 5’00’’ puis Yorick Treille 5’11’’) ce qui offrait une bonne période de double avantage numérique à l’équipe locale. Lors de ce power play, Fabrice Lhenry réalisait quelques big saves dignes de Cristobal Huet ! Suite aux miracles du nouveau portier de Rouen, les Bleus maintenaient le score à 0-0. Mais après d’innombrables occasions, la Suisse ouvrait logiquement la marque sur la situation spéciale suivante. Alors que Laurent Meunier cirait le banc des punitions, Martin Plüss libérait la « Nati ». Sur assist de Mark Streit, l’ancienne vedette du Färjestad trompait Frabrice Lhenry d’un joli et puissant tir depuis le front droit de l’attaque suisse (11’33’’ 1-0 pour la Suisse). 
Laurent Lardière Martin Gerber dit non !
Par la suite, lorsque les Suisses étaient en infériorité numérique (pénalité contre Felicien Dubois, 12’52’’), une bronca déstabilisait les Bleus, puis des « olé » sortaient des tribunes alors que les Suisses maîtrisaient la rondelle malgré la supériorité numérique française. Complètement dépassée par les événements, la France commettait une nouvelle faute et offrait un nouveau power play aux Suisses (16’32’’ Baptiste Amar pour holding). 17’17’’ Martin Plüss ajustait la latte de Fabrice Lhenry puis peu après, Andres Ambühl voyait son essai passer à un demi poil de fourmi du poteau de Fabrice Lhenry. Une chose est sûre, la France était extrêmement bien payée en ne perdant que 1-0 après 20 minutes… 14 tirs cadrés contre 6, la statistique parle d’elle-même.
Second tiers-temps
Après seulement quelques secondes dans la période intermédiaire, Français et Suisses se retrouvaient à quatre (20’41’’ pénalités contre Vincent Bachet et Thierry Paterlini) mais cela n’empêchait pas la Suisse d’instaurer un véritable power play en zone française et de tourner autour des Bleus, avec une nouvelle latte, cette fois pour Ivo Rüthemann. A la mi-match, les supporters suisses entamaient une très belle holà alors que sur la glace, les Français revenaient un peu dans le match à la faveur d’un avantage numérique assez bien disputé. Nonchalants, les Suisses prenaient leurs adversaires de haut. Ce minimalisme helvétique n’était pas du goût du sélectionneur Ralph Krüeger qui le faisait savoir à ses ouailles. Et donc les Suisses remettaient à nouveau une pression folle, obligeant Anthoine Lussier à dégager de sa zone directement dans les gradins (nouvelle pénalité… 31’08’’). Plus tard, après une deuxième pénalité de suite contre la Suisse (Philipp Furrer, 38’05’’), un but français était justement annulé, Yorick Treille se trouvant dans la zone de Martin Gerber, l’empêchant de bouger. Le tiers-temps se terminait donc sur le score de 1-0, avec 10 tirs cadrés pour la Suisse contre seulement 3 (…) pour la France, ce qui donnait alors 24 tirs cadrés à 9 en faveurs des Suisses après 40 minutes.
Dernier tiers-temps
Les Suisses débutaient le dernier tiers-temps tambours battants, avec une incursion en plein centre du rugueux attaquant de Lugano Thierry Paterlini, après seulement quelques secondes.
Une fois de plus, Fabrice Lhenry sauvait les Bleus. Puis lorsque Mathieu Mille purgeait une nouvelle pénalité, l’ancien gardien d’Esbjerg réalisait quelques nouveaux miracles faces aux attaquants helvètes. Comme durant tout le début du match, la France se trouvait en possession de la rondelle que lorsqu’elle évoluait avec un homme de plus sur le glace. Durant toute la période, Fabrice Lhenry dégoûtait littéralement les attaquants suisses. Annoncé pas très en forme, le dernier rempart des Bleus réalisait pourtant un match assez exceptionnel. A 64 secondes du terme du match, Dave Henderson demandait son temps-mort pour essayer de créer quelque chose dans les derniers instants du match. A 34 secondes de la fin du match, la France cadrait un tir qui obligeait Martin Gerber à bloquer. Pour l’engagement, Fabrice Lhenry rejoignait son banc. A deux contre un, les Suisses parvenaient encore à manquer une montagne avec une cage pourtant vide. A 10 secondes, les fans commençaient le compte à rebours mais ce dernier restait bloqué à 4 secondes à cause d’un nouvel arrêt du jeu. Qu’à cela ne tienne, les supporters suisses continuaient sans s’arrêter de scander « vier ! vier ! vier ! vier ! », ceci jusqu’à ce que le jeu reprenne et que la patinoire puisse exploser lors de la sirène finale. Pour le côté officiel, Fabrice Lhenry et Martin Gerber étaient élus joueurs du match, ce qui est finalement assez logique avec un score de 1-0. Même si le portier suisse n’a pas eu autant de boulot que son homologue tricolore, il a quand même dû s’imposer lors de quelques actions clés qui auraient pu relancer complètement les Bleus.
Laurent Lardière L'équipe de Suisse
Au final, c’est un excellent succès pour l’équipe de France, malgré la défaite. Car avec ce qu’elle a montré contre la Suisse, l’équipe de Dave Henderson a les moyens de faire quelque chose contre l’Allemagne. Finalement, le sauvetage de la sélection tricolore n’est peut-être pas si utopique que cela…
Les étoiles de Hockey Hebdo
*** Fabrice Lhenry
** Martin Plüss
* Mark Streit
Suisse - France : 1 - 0 (1-0, 0-0, 0-0)
Buts
Suisse : 11.33\' Pluss PP1 (Streit)
France :
Pénalités
Suisse : 14\'
France :18\'
Tirs
Suisse : 42
France : 14