NANTES : Langenegger tient la baraque
Il y a un an, les Corsaires n’avaient qu’un seul point après six matchs. Aujourd’hui, ils sont en tête du championnat. La raison principale se trouve devant le filet : Ethan Langenegger arrête 97 % des tirs qu’il reçoit, et il n’a pas manqué une minute depuis le début de la saison.
J’ai eu l’occasion de voir Langenegger à l’œuvre à Meudon le 27 octobre. Il est partout, et il arrête à peu près tout.
Nantes subit beaucoup, avec près de 45 tirs concédés par match. Un gardien peut porter une équipe pendant six semaines. Mais pourra-t-il rester aussi intraitable jusqu’au bout ?
LYON : cinq victoires de suite
Lyon reste sur cinq victoires d’affilée, la meilleure série du moment, et possède l’attaque la plus prolifique de D1 avec 26 buts. Et les Lions le font avec un powerplay qui tourne au ralenti (3 buts sur 24 occasions).
Le jour où la supériorité numérique se met en route, Lyon deviendra très difficile à arrêter.
DUNKERQUE : la valeur sûre
Dunkerque n’a perdu aucun match dans le temps réglementaire et affiche la meilleure différence de buts du championnat (+16), avec un match en moins.
Contrairement à Nantes, les Corsaires dunkerquois ne dépendent pas d’un seul homme : leurs deux gardiens, Léo Bertein et Thomas McCollum, affichent chacun un pourcentage d’arrêts proche de 95 %.
Dunkerque est aussi l’équipe qui marque le plus par match, avec une moyenne de 5 buts.
VALENCE : BIENVENUE EN D1 ?
Chaque fois qu’un promu arrive en D1, la même question se pose : est-il vraiment à sa place ? Pour Valence, la réponse est simple : oui. Et largement.
La saison dernière, les Lynx jouaient en Division 2. Un an plus tard, ils sont quatrièmes de D1, avec 12 points en six matchs.
Bien sûr, la D1, ce n’est pas la D2. À la même époque l’an dernier, Valence, futur champion de D2, marquait plus de six buts par match. C’est moins aujourd’hui, ce qui est normal. Mais la défense tient le choc, et le gardien Topias Rovio y est pour beaucoup (93 % d’arrêts).
L’arme principale des Lynx, c’est le powerplay : le meilleur de D1, avec 36 % de réussite. Et pour situer leur départ, Lyon, le promu de l’an dernier, avait exactement le même total après six matchs.
Valence fera-t-il aussi bien ?
LES INDIVIDUALITÉS À SUIVRE
ALEKSEI BASKOV
Le meilleur pointeur de D1 vient de Valence.
Aleksei Baskov compte 12 points (4 buts, 8 passes) en six matchs. Déjà dangereux en D2 la saison passée, il n’a pas ralenti en montant d’un étage.
LES POURSUIVANTS
Derrière Baskov, trois joueurs sont à 11 points :
Jonathan Panisa (Neuilly-sur-Marne), le meilleur buteur de D1 avec 7 réalisations,
Zachary Gravel (Dunkerque), qui a fait aussi bien avec un match de moins, et
Peter Valier (Lyon).
Charles-Olivier Ouimet complète le top 5 avec 10 points.
Deux Valentinois parmi les cinq meilleurs pointeurs : pas mal pour un promu.
CHEZ LES DÉFENSEURS
Lucas Villain (Dunkerque) mène avec 7 points en cinq matchs. Derrière lui, trois défenseurs sont à 5 points :
Gabriel Lehmann et
Dylan Carabia, tous deux de Caen, et
Chad Langlais (Lyon), qui affiche aussi le meilleur différentiel du groupe (+6).
QUI EST DANS LE DUR
VALENCIENNES
Six matchs, six défaites. Les Diables Rouges ont marqué 10 buts et en ont encaissé 29.
Ils ont à la fois la plus faible réussite aux tirs et le plus faible pourcentage d’arrêts du championnat.
Quand rien ne fonctionne aux deux bouts de la patinoire, il est difficile de parler de malchance.
CHOLET
Faut-il s’inquiéter pour le champion en titre ? Pas forcément. Oui, Cholet n’a toujours pas gagné. Mais aucune équipe de D1 ne tire autant : plus de 41 fois par match. Le palet ne veut tout simplement pas rentrer (5 % de réussite), et le gardien Nikolas Hurtubise fait son travail.
Avec autant de tirs, la réussite devrait finir par revenir. Le déplacement à Dunkerque mardi dira si le déclic est proche.
STRASBOURG
Quatre défaites de suite pour l’Étoile Noire, qui n’a marqué que 9 buts. C’est aussi l’équipe qui tire le moins en D1, avec environ 23 tirs par match.
MEUDON
Le powerplay, voilà le problème. Un seul but en 13 occasions, le plus faible total de D1.
Les Comètes restent sur quatre défaites, et si la défense tient plutôt bien, l’attaque manque de mordant.
MORZINE-AVORIAZ
Sur le papier, les Pingouins font beaucoup de choses bien : ils tirent davantage que leurs adversaires. Pourtant, ils ont déjà encaissé 24 buts, et aucun gardien ne s’est encore imposé comme numéro un.
ET LES AUTRES ?
Neuilly-sur-Marne (12 points) peut compter sur Jonathan Panisa, auteur de 7 buts. Mais les Bisons ont déjà encaissé 22 buts.

Caen
(10 points en cinq matchs) a pris 6 points de plus que l’an dernier à nombre de matchs égal.
Épinal n’a pas bougé : 10 points après six matchs l’an dernier, 10 points aujourd’hui. Mais les Wildcats placent trois joueurs dans le top 10 des pointeurs. À suivre.
Chambéry possède le seul penalty kill encore parfait de D1.
Mont-Blanc a un très bon powerplay, mais attend toujours sa première victoire dans le temps réglementaire.
À SURVEILLER : TOURS ET VILLARD-DE-LANS
Tours a 10 points, mais a déjà encaissé 24 buts et passe beaucoup de temps en défense.
Villard-de-Lans a bien progressé par rapport à l’an dernier, mais reste sur deux défaites et possède le penalty kill le plus faible de D1 (8 buts encaissés en 22 infériorités numériques). Deux équipes dont les résultats pourraient vite se retourner.
LE COIN DES STATS : CHANCE OU TALENT ?
En NHL, il existe une stat que j’aime bien regarder : le PDO. La formule est simple : pourcentage de réussite aux tirs + pourcentage d’arrêts. Sur une saison complète, presque toutes les équipes finissent autour de 100.
Ce n’est pas une science exacte, mais ça donne une idée. Le PDO, c’est un peu comme la météo. Une semaine de canicule en octobre ne veut pas dire que tout l’hiver sera chaud. Tôt ou tard, les températures reviennent à la normale.
Aujourd’hui, Dunkerque (108) et Nantes (107) sont nettement au-dessus. Valenciennes (91), Morzine (94), Strasbourg (96) et Cholet (96) sont en dessous.
Pour Dunkerque, ça ne m’inquiète pas trop : l’équipe domine aussi aux tirs.
Pour Nantes, c’est différent, puisque les Corsaires subissent plus de tirs qu’ils n’en tentent.
Et pour Cholet et Morzine, qui tirent beaucoup, les choses pourraient vite s’équilibrer.
Un sujet passionnant, à creuser encore en novembre.
À SURVEILLER EN NOVEMBRE
Mercredi 18 novembre : Chambéry – Valence. Le penalty kill de Chambéry, qui n’a encore rien concédé (14 sur 14), face au meilleur powerplay de D1.
Samedi 21 novembre : Dunkerque – Nantes. Le match du mois.
Le mois de Nantes sera chargé : Valence, Caen, Lyon, Dunkerque, puis Épinal. Si les Corsaires sont toujours en tête fin novembre, il faudra arrêter de parler uniquement de leur gardien.
Fin octobre, on a reculé les horloges d’une heure. Les journées raccourcissent, et les températures baissent. Les équipes en feu sauront-elles garder la flamme ? Et celles qui sont dans le dur vont-elles enfin se réchauffer ? Réponse dans le prochain état des lieux, fin novembre.
Statistiques arrêtées au 1er novembre 2026. Source : FFHG.
À noter : Dunkerque, Caen, Chambéry et Mont-Blanc comptent un match de moins, Cholet deux.