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| Photographe : Stéphane Rougon |
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Depuis la préhistoire, les gapençais pratiquaient le patin et le hockey sur un étang gelé en plein centre ville. Très vite l’étang fût inadapté et nos ancêtres décidèrent la construction d’une vraie patinoire. Nous sommes en 1955 et enfin, Gap entre dans l’ère moderne. Il faudra attendre 7 ans pour que la patinoire soit équipée d’un système de refroidissement à l’ammoniaque. En 1972, la patinoire fût couverte sur le dessus, mais pas sur les cotés. Puis, tout au long de son existence, la patinoire se verra greffer quelques tribunes, un bar, des vestiaires. Mais jamais personne ne pensera à fermer les deux cotés.
En 2010 avec une patinoire datant de 1972, dont l’éclairage date de 1985 (éclairage connu des photographes pour être rouge au milieu de la glace, bleu sur les bords et orange partout ailleurs) nos rapaces finissent troisième du championnat national. On pourra faire mesquinement remarquer que les structures du football sont flambant neuves et que l’équipe locale lutte péniblement pour ne pas être relégué de 3eme division. Mais ca serait vraiment mesquin de faire remarquer des trucs comme ça.
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| Photographe : Stéphane Rougon |
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Alors quand les bulldozers sont venus raser la patinoire, on a eu quelques nostalgies en repensant au bar à l’étage. Ce bar rempli des souvenirs des générations de hockeyeurs et de leurs fans. Les tables avaient vécu. On pouvait boire un café qui réchauffait le corps et le cœur. Et le renverser dans un spasme reflexe lorsqu’un palet heurtait violement le plexiglas à coté de la table. Ce vieux plexiglas jauni, il va nous manquer. Nostalgie aussi des enfants qui courent le long des travées pendant les matchs. Que dis-je courir : ils organisaient de véritables mini-matchs en parallèle du vrai, puis à la fin de la période se ruaient sur les bords de la patinoire pour attraper les bonbons distribués par la mascotte du club.
Les pelleteuses ont donc tourné la page (le tome ?) de l’ancienne patinoire Brown- Ferrand, les encouragements et chants des supporters ont fait places aux fracas du chantier duquel devrait naître un superbe bâtiment. En lisant le dossier de presse on se régale d’avance : sièges chauffants, deuxième piste à ciel ouvert, un écran géant. Le nouveau stade de glace sera optimisé pour le loisir, le scolaire et le sport professionnel. Amis du hockey sur glace, supporter d’ailleurs, à Gap vous serez dorénavant reçu dans une patinoire lumineuse, harmonieuse, efficace.
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| Photographe : Stéphane Rougon |
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La nouvelle patinoire sera fabuleuse, mais elle aura couté 16 millions d’euros, pour une ville qui ne roule pas sur l’or, sacré investissement. Le projet ne laisse pas indifférent les gapençais. Un passant tout sourire m’énonça sa vérité pendant les prises de vues des travaux: « ça coûte beaucoup d’argent, j’espère qu’il sera bien utilisé ». Alors je ne prendrai pas part au débat, mais tous les bénévoles du club, les amoureux de la glisse, les dingues de « skate » ont commencé le compte à rebours, direction septembre 2012, ou ils pourront ouvrir tous ensembles un paquet cadeau gigantesque, qu’ils feront fructifier au centuple, ça j’en suis sûr.
En attendant, et pour conclure, les Rapaces de Gap s’exportent aux senteurs de l’iode, de l’anis et des accents qui chantent. Rendez-vous donc à Marseille pour les voir glisser. Skate oh fada !
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