Montreal Canadiens vs Tampa Bay Lightning : les Habs en grands champions d’un combat à mort
Les Montréal Canadiens sont sortis seuls vivants d’une confrontation à couper le souffle. Au bout de sept matchs très, TRES intenses, le verdict est tombé, laissant les fans épuisés mais comblés. Les scores parlent d'eux-mêmes : une série de tranchées où chaque centimètre de glace a été disputé, et ce jusqu’au bout du bout (4-3 OT MTL ; 3-2 OT TBL ; 3-2 OT MTL ; 3-2 TBL ; 3-2 MTL ; 1-0 OT TBL ; 2-1 MTL).
Une série de survie
Jusqu’au bout, c’est bien ce qui résume ce qu’il s’est passé pour les Habs qui voulaient à tout prix prendre leur revanche sur la finale ratée du Covid. Avec quatre matchs s'étant terminés en prolongations, le suspens a atteint des sommets ; les matchs 6 et 7, en particulier.
Photo d'archives) Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes
Le dénouement du match 7 restera dans les annales : les Canadiens ont réussi l’exploit de l’emporter malgré une deuxième période catastrophique où ils n’ont pas réussi à inscrire ne serait-ce qu’un tir au but. Mais leur résilience a fini par payer. Pourtant, de son côté, le Lightning n’a jamais abdiqué non plus. A part au premier match et en prolongation : aucune des deux équipes n’a jamais marqué plus de 3 buts. Et le plus fou : AUCUNE victoire ne s'est faite avec plus d’un match d’écart !!
Côté performances, le bilan est contrasté. Nikita Kucherov est apparu en demi-teinte, incapable de peser sur le jeu comme on en a l’habitude. (Cela-dit, il était tout de même assez présent pour que son nom soit mentionné beaucoup dans les commentaires oraux des matchs, menant à l’habituelle question de la part des Montréalais non fans de hockey : “mais qui est ce joueur qui s’appelle Clou de Girofle?”).
Blague à part, chez les Habs, le duo Suzuki-Caufield s'est fait discret sur la feuille de pointage.
Brandon Hagel contre Jakub Dobeš : la confrontation ultime
Le duel dans le duel a opposé l’attaquant Brandon Hagel au rempart Jakub Dobeš, le gardien tchèque de 24 ans (qui a d’ailleurs définitivement gagné le cœur des fans du tricolore). Hagel a été le moteur de Tampa, en multipliant les occasions. Il a même réussi l'exploit mythique de signer un Gordie Howe Hat Trick (un but, une assistance et un combat dans le même match).
Face à lui, Dobeš a dû se multiplier pour garder Montréal à flot. Il enregistre pour l’instant un pourcentage d’arrêt de plus de 91 depuis le début des séries.
Alexandre Texier : le retour du français
Notre Français a retrouvé de sa superbe lors de cette série, inspiré et dynamique.
Il garde d'ailleurs toute la sympathie des locaux :
Côté Floride : l’absence de Victor Hedman
Le pilier de la défense de Tampa Bay a choisi de prendre une pause nécessaire pour prendre soin de sa santé mentale. Une décision courageuse et respectée par la ligue.
Les images fortes de la série
Le but de la délivrance : C’est Alex Newhook qui a inscrit le but gagnant lors du match 7.
Vasilevskiy, le mur : Malgré la défaite, Andrei Vasilevskiy a été grandiose.
Juraj Slafkovský, le "Buffle" : Le jeune Slaf a fait sentir sa présence même s'il a dû encaisser un "hit" monumental qui a fait trembler les baies vitrées.
Edmonton Oilers vs Anaheim Ducks : Connor McDavid contre les canards
Eh bien si : parfois deux sans trois ! Pas de troisième finale de Stanley Cup de suite pour les Edmonton Oilers qui sont tombés au match 6 face à des féroces canards, les Anaheim Ducks. Malgré une lutte acharnée, les Oilers s’inclinent 4 victoires à 2 (4-3 EDM ; 6-4 ANA ; 7-4 ANA ; 4-3 [Prolongations] ANA ; 4-1 EDM ; 5-2 ANA).
Le récit de la série : Entre polémiques et spectacle
La série a basculé sur des détails, mais aussi sur des moments de pure controverse. Elle a d’abord commencé au coude à coude avec une victoire des deux côtés. Et puis… Anaheim s’est enflammé de colère avec un match 3 gagné 7 buts à 3 (rappelons qu’il a ainsi fallu coller 7 buts à Connor Ingram, qui n’est pas au meilleur de sa forme, certes, depuis qu’il a quitté les feu Arizona Coyotes ; mais tout de même…). Le match 4 a été gagné aussi par les Ducks mais plus âprement, en prolongation. D’ailleurs l’élément marquant de cette série restera forcément le débat sur le but de la prolongation. On y voit clairement le palet franchir la ligne tout en restant coincé (d’où le tolé) sous la lame du gardien. Finalement, ce but a été encaissé, après arbitrage vidéo, sur Tristan Jarry.
Et puis, alors qu'on attendait les stars habituelles, c'est un jeune arrière de 25 ans qui a crevé l'écran : Jackson LaCombe (68 points cette saison dont 10 en 8 matchs de playoffs pour l’instant). Véritable révélation défensive de cette série, il a distribué les palets avec une générosité folle et laissé, grand prince, les autres pousser au fond.
Un match 6 à sens unique
Après un rebond au match 5, avec un victoire des Oilers scellé littéralement dans les 10 premières minutes (3 buts en 8 minutes), le couperet est finalement tombé lors d'un match 6 étrange. Sur la glace, la tactique a laissé place au chaos : il n'y avait ni défense, ni goaltending dignes de ce nom. Dans ce désordre généralisé, les Ducks ont simplement "roulé" sur Edmonton, s’imposant pour clore la série sur un score sans appel de 5-2.
Et puis comme avec les canards, nous étions en pleine basse-cour et que l’ambiance était électrique, des fans ont jugé bon de lancer du poulet sur la glace.
Un McJesus héroïque malgré la douleur
On se demandait un peu pourquoi le meilleur joueur du monde (dirons certains) n'avait pas son impact habituel. Connor McDavid n’était pas bien, il ne marquait pas et multipliait les fautes de frustration. La raison est désormais connue : McDavid jouait blessé comme un veau. S'il refusait catégoriquement de s'arrêter, l'update médicale est tombée : il jouait avec un pied cassé.
Face à la presse, le capitaine des Oilers n'a pas mâché ses mots. « C’est dur. Nous étions une équipe moyenne. Avec une équipe moyenne et de grandes attentes, tu risques d’être déçu. Nous n’avons pas trouvé [la solution]». Buffalo Sabres vs Boston Bruins : Larmes de bonheur
Ils l’ont fait. Et pourtant, on les y attendait si peu ! Au terme d’une série difficile pour les Sabres, Buffalo a éliminé les Boston Bruins en six matchs (4-2). Si le score de la série semble net, la réalité sur la glace était plus celle de l’usure lente. (4-3 BUF ; 4-2 BOS ; 3-1 BUF ; 6-1 BUF ; 2-1 OT BOS ; 4-1 BUF).
En plus de s’être qualifiés, ce qui représentait un exploit en soi, les Sabres ont montré qu'ils n'étaient plus la proie facile des années passées. Le retour de cette équipe qui dure depuis 1970 fait plaisir à voir.
Sur place, à Buffalo, par contre, il n’est plus question de simple “plaisir”. Il fallait être sur place pour comprendre l’ampleur de la chose. Les rues de Buffalo se sont transformées en une zone de fête permanente comme on n'en avait jamais vu.
Au centre de cette réussite, un homme : Tage Thompson. Le géant des Sabres (au sens premier aussi avec son 1m98) a été le cauchemar de la défense de Boston. Déjà qu’il avait été d’une constance terrible en jouant 81 matchs de saison régulière en marquant 81 points…. Le voilà qui continue en ayant marqué 7 points pour les 7 matchs qu’il vient de jouer en séries.
Plus tristement, la non-qualification des Bruins leur coûte cher également. L’équipe de l’ours sort de cette série avec une infirmerie pleine à craquer. Charlie McAvoy a la main cassée depuis le match 2 et doit passer urgemment chez le dentiste, la série a refait surgir une vieille douleur de dos d’il y a deux ans chez Elias Lindohlm, Nikita Zadorov s’est déchiré un ligament, et Viktor Arvidsson a une perforation du poumon qui remonte au match 4.
Pastrnák et Swayman : les derniers remparts de Boston
La vedette tchèque aura tout tenté : David Pastrnák, fort de ses 107 points marqués cette saison a enregistré plus d’un point par match en play-offs. Derrière lui, Jeremy Swayman a fait ce qu'il a pu, mais la frustration a fini par déborder. On a vu un "Sway" particulièrement agacé, n'hésitant pas à le dire à ses patineurs de champ.
Evidemment, vu la tension dans cette série, il y a eu bagarre à plusieurs reprises. Nikita Zadorov, fidèle à sa réputation de colosse (2m01) provocateur, a d'ailleurs écopé d'une amende après des interventions musclées comme le double-échec sur le défenseur des Sabres de Buffalo Rasmus Dahlin lors du match 4.
Utah Mammoth vs Las Vegas Golden Knights : La logique respectée
Pas de miracle pour la nouvelle franchise de l'Utah !... Même si disons-le se retrouver en play-offs après deux saisons d'existence en est un. Vegas l'emporte en six matchs, validant son billet pour la suite après une série riche en rebondissements et en émotions fortes. (4-2 T-Mobile ; 3-2 UTA ; 4-2 UTA ; 5-4 OT T-Mobile ; 5-4 2OT T-Mobile ; 5-1 T-Mobile).
Pourtant, ils y ont cru !
Quand l’équipe du mammouth menait 2-1 dans la série après deux victoires consécutives, tout était encore totalement possible. Puis… le Nevada a fait son oeuvre et les matchs 4 et 5 ont agi comme un véritable crève-cœur pour le Mammoth. Deux défaites consécutives par le score de 5-4, dont une après deux prolongations épuisantes, ont siphonné l'énergie et le moral des joueurs de Salt Lake City. Vegas, habitué aux matchs printaniers qui fleurent bon l’approche de la coupe, a su porter le coup de grâce lors du match 6 en roulant sur l’Utah 5-1.
D’ailleurs, c’était l’occasion pour Vegas de faire voir une de ses pépites : Pavel Dorofeyev. Le jeune attaquant russe de 26, qui est pourtant dans l’équipe depuis 2022 a littéralement explosé aux yeux du grand public en marquant 4 buts.
Certains contacts ont laissé des traces, comme quand Jeremy Lauzon a pris un palet dans la tête.
Certaines actions étaient à tomber par terre de beauté comme ce but d’une construction exceptionnelle :