Chaque année, la Commission de Suivi et de Contrôle de Gestion (CNSCG) de la FFHG procède à l\'examen de la situation financière de tous les clubs français. Il s\'agit tout simplement d\'examiner les comptes afin de valider ou non l\'engagement pour la prochaine saison. Un dispositif indispensable puisqu\'il permet d\'éviter théoriquement des dépôts de bilans et autres faillites préjudiciables au bon déroulement de la compétition, tout en essayant d\'assurer une équité sportive.
C\'est donc avec un grand intérêt que tous les amateurs suivent le verdict de la CNSCG, avec ces dernières années plusieurs affaires délicates ayant conduit à des rétrogradations (Tours) et encadrements financiers stricts accompagnés de sanctions sportives (Grenoble).
Cette année, on savait qu\'il y avait certaines difficultés après des informations en provenance de certains clubs suceptibles de répondre à des défections, un indicateur qui généralement ne trompe pas.
C\'est donc du côté de
Briançon que les problèmes arrivent, avec un déficit de
427.000 euros sur un budget d\'environ 1,3 million pour la SEM des Diables Rouges la saison dernière. Cette SEM est sévèrement critiquée depuis plusieurs années, lorsqu\'elle était dirigée par l\'ancien maire
Alain Beyrou démissionnaire en juin dernier de toutes ses fonctions après son invalidation par le Conseil d\'Etat. Les problèmes ont traversé les majorités municipales pour peser aujourd\'hui sur le mandat de son sucesseur,
Gérard Fromm qui découvre les casseroles. Face à de sérieuses difficultés lors des saisons précédentes,
Briançon devait créer une SASP (Société Anonyme Sportive Professionnelle) afin de structurer le hockey professionnel et mieux dissocier les subventions publiques le plus souvent destinées au hockey amateur des sponsors privés de l\'équipe fanion.
Cette SASP en création, tardivement diront certains, est composée de 18 actionnaires privés. Elle a fait l\'objet d\'une présentation cette semaine par le club de Briançon et s\'appelle
Grand Briançonnais Hockey.
Le problème, c\'est bien la SEM et son déficit qui a fait l\'objet d\'un échange le 27 juin dernier à la FFHG. Cette réunion
aurait vu Briançon proposer de renflouer la SEM avec une partie de la subvention municipale durant les trois prochains exercices à 50.000 euros par an. Ces fonds seraient donc en quelque sorte enlevés à la SASP qui devait en bénéficier à l\'origine, sans que l\'on comprenne très bien comment on dissocie Hockey amateur et professionnel dans cette affaire.
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| Nicolas Fradin |
| Ramon Sopko |
Autre problème qui passe mal,
le déficit cumulé par Isha, société de communication et de marketing vieille de deux ans et gérée alors par Alain Beyrou, et qui a fusionné avec la SEM en lui offrant au passage son déficit de
190.000 euros. Une manoeuvre jugée illégale par l\'actuelle municipalité
qui a porté plainte auprès du Tribunal de Commerce contre cette fusion.
La ville de Briançon, qui attend un audit sur le club commandé à la suite du changement d\'équipe municipale, fait ainsi remarquer que sans ces 190.000 euros, le club paraît à peu près en équilibre ce qui n\'est pas totalement exact mais dénote un réel soucis de sortir du calvaire.
La FFHG a infligé une amende de 30.000 euros à Briançon pour dépassement de la masse salariale, et le club n\'a pas réglé certains fournisseurs et l\'URSSAF ces dernières semaines. Une pratique que certains jugeront contestable simplement de par la logique qui veut que l\'on ne tire pas sur l\'ambulance, mais qui peut également se défendre avec le principe de la sanction financière pour irrespect d\'un réglement commun (une sanction sportive pouvant également être envisagée, laquelle a pour mérite de ne pas augmenter le déficit comme ce fut le cas globalement pour Grenoble la saison dernière, chacun jugera à la lecture de cet article quel principe prioriser et dans quelle proportion).
Manifestement, les propositions de Briançon ne rencontrent pas franchement l\'assentiment de la FFHG, et si cette dernière souhaite fort logiquement voir la SEM épurer sa dette, on semble considèrer que les avancées de lundi dernier ne vont pas assez loin.
Selon nos collègues du Dauphiné Libéré, un mail adressé par la FFHG à Jean-Paul Garnero président de la SEM, précise que
"« Il n\'y a aucune garantie d\'un maintien en ligue Magnus compte tenu des grandes pertes de la saison 2009/2010 ». (Article Dauphiné Libéré du 02/07/2010 de Sylviane Garcin)
Hier soir, une réunion de crise réunissait ainsi les principaux acteurs du dossier en Mairie, la FFHG ayant laissé jusqu\'à lundi pour apporter de nouveaux éléments.
Face à un déficit total qui serait de 427 000 euros avec 100 000 € sur la saison 2009 -2010, 190 000 € en provenance d\'Isha, 30 000 € d\'amende FFHG, et environ 100.000 de déficit antérieur, la situation semble très sérieuse. A la sortie de la réunion, les dirigeants ont souligné une certaine rigidité de la FFHG et n\'ont pas caché leur pessimisme, même si la nouvelle équipe municipale entend clairement poursuivre un dialogue légitimé selon elle par son absence de responsabilité antérieure dans ce dossier.
Difficile en conclusion de prévoir ce qui va se passer ces prochains jours. Bien naturellement, on ne peut qu\'espérer une issue positive pour tout le hockey briançonnais et pour un club désormais bien installé dans l\'élite. Un engagement sous réserve d\'encadrement financier serait une solution mais encore faut-il que le fonctionnement du club ne soit pas remis en cause dès cette année par les créanciers. En cas de sauvetage au final, quel sera alors l\'effectif briançonnais en magnus la saison prochaine? Comme on le voit de nombreuses questions restent encore sans réponses.