Passé, Présent, Futur
Hockey Hebdo : Bonjour Guy Fournier, merci de nous recevoir. Première question : nous venons de terminer cette saison 2008-2009 donc peux-tu nous tracer un bilan ce celle-ci ?
Guy Fournier : Bonjour. Sportivement, nous avons été déçus car nous sommes une organisation qui joue toujours le haut de tableau et on est passé à côté des 3 trophées. Cela a toujours été limite car en ½ finale de la coupe de la ligue, on s’est retrouvé en aller-retour contre Briançon et à Briançon, Marc-André Thinel et Carl Mallette étaient absents. Après, en coupe de France, je ne vous referais pas l’histoire puisque je reste persuadé qu’on s’est fait sortir avec une situation un peu particulière. D’ailleurs, nous avions été défendre notre bout de gras à la fédé. En play-offs, c’est une série en 3 matchs qui aurait pu basculer très rapidement puisqu’ à Grenoble, on encaisse un but après prolongations, on mène 3-0 et on se fait remonter. On n’était pas loin de la vérité sur les 3 trophées mais au final, on n’en a pas ramassé un seul. Mais, à la limite, ce n’est presque pas ça qui nous a le plus dérangé, c’est plus les 3 défaites à domicile par des clubs qu’on auraient du prendre « plus facilement ». Et sportivement, ces 3 défaites contre Epinal, Morzine et Villard nous ont fait le plus mal notamment au niveau comptable.
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| Sylvain Lefebvre / Stphanie Ouvry |
| Guy Fournier au bureau |
H. H. : C’est vrai qu’il y a 4 clubs qui dominent la Magnus avec Grenoble, Briançon, Rouen et Angers sans oublier Amiens, c’est un demi-échec au final car Rouen se fait éliminer par un des ténors. Cela aurait été contre un plus petit club, cela aurait été plus frustrant …
G. F. : Oui c’est sûr. C’est sûr que la compétition est féroce. C’est le sport, une science inexacte. D’ailleurs, on l’a vu. Cela peut se jouer à très peu de choses. Comme je le disais tout à l’heure, on aurait pu gagner 1 trophée. Mais il y a d’autres bonnes organisations à côté de nous. Et ce n’est pas le fait de ne pas gagner de trophée qui fait le plus mal, mais bien les 3 défaites à la maison.
H. H. : La seule satisfaction a donc été la coupe d’Europe ?
G. F. : Oui. C’est vrai que nous avons eu un très bel événement. Je pense, autant au niveau sportif que l’achalandage, les relations avec la fédé internationale, tout s’est très bien passé et je pense que les gens sont venus s’amuser à la patinoire de l’île Lacroix, ont vu du hockey de haut niveau. On voit que la France a gagné des galons sur le plan Européen, elle se fait plus respecter. C’est assez drôle car au final, on récupère un joueur de Martin qui a tout de suite accepté de venir ici, sans trop de négociations donc c’est que nous devons être dans un endroit où il y a du bon hockey, un bon public.
H. H. : Quels sont les remèdes que vous allez employer cette intersaison pour ne pas renouveler ce demi-échec ?
G. F. : C'est-à-dire que je pense qu’il fallait que l’on change un peu l’effectif. Donc, on a notamment derrière nos grosses pointes offensives qui étaient encore sous contrat, et c’est une bonne chose. Mais on a changé plus d’attitude et je fais mon mea culpa là-dessus. On a toujours eu une philosophie de hockey spectacle car je pense que le hockey est un spectacle et il faut que ce soit beau à regarder. On a toujours aimé avoir des joueurs de talents et offensivement, on a ça. Et puis, j’ai toujours cherché à avoir de gros défenseurs, des défenseurs qui bougent bien avec la petite passe qui tombe bien dans la palette. Tu t’aperçois que ces joueurs là sont très dur à dénicher, d’une, deux, quand il y en a, ils sont soit en NHL, en Suisse ou en DEL. Et après, on s’aperçoit quand on a récupéré des gars de ce profil là ces dernières années, on a toujours été à moitié content et à moitié déçu parce que ces joueurs les plus techniques ont quelques lacunes défensives, ne font pas forcément toute la différence offensivement. On a changé notre fusil d’épaule et avons recruté des joueurs avec de plus gros gabarit, qui sont plus solides défensivement et qui auront comme tache de faire la bonne première passe. Et puis, on a des avants plus solides défensivement.
H. H. : Tout le monde est frappé par la crise. Est-ce que le club subit cette crise ?
G. F. : Non. On subit un peu comme tout le monde. On n’est pas à l’abri de ça. On fait attention. On cherche les sources d’économie. On est tout de même confiant, on courbe le dos et on est persuadés qu’on va passer à travers et qu’on aura des jours meilleurs. Je reste persuadé que dans ces moments là, tout le monde doit se serrer les coudes et on aura des jours meilleurs.
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| Stphanie OUVRY 2009 |
| En pleine rflexion |
H. H. : C'est-à-dire qu’au niveau du budget, au niveau des sponsors, vous avez eu des gens plus réticents ?
G. F. : Forcément. On le sent à tous les niveaux. On réduira un petit peu notre train de vie. On cherche et trouve des sources d’économie.
H. H. : L’avez-vous ressenti au niveau des abonnements ?
G. F. : On est dans les clous des autres années. L’abonnement est un très bon produit pour les personnes qui aiment notre spectacle donc une source d’économie. Il est bien conçu car on peut faire plaisir à un ami si on ne peut pas venir. Donc malgré cette période difficile, on s’aligne vers les mêmes taux des années précédentes.
H. H. : Il y eu changement de politiques au RHE. Est-ce que ce sera une année de transition car la politique n’est plus la même ou le RHE jouera les premiers rôles ?
G. F. : Ce n’est absolument pas une année de transition. On continue notre politique. On a la difficulté de vouloir intégrer des jeunes car on a une obligation de résultats. On continue dans cet axe là. Le seul changement, c’est au niveau du recrutement. On est plus allé sur des joueurs plus solides défensivement et des physiques un peu plus imposants. Donc, on reste dans la même lignée avec du hockey spectacle et au final, des trophées.
H. H. : L’équipe sera donc totalement souhaitée et non composée de joueurs recrutés par défaut ?
G. F. : Oui, tout à fait. Cela s’est très bien passé et je suis content.
H. H. : Quelles seront les nouveautés au sein du club ? On se souvient de la nouvelle entrée des joueurs.
G. F. : On a toujours notre mascotte. On fera des animations avec les jeunes du CHAR. Notre boutique sera améliorée avec des produits intéressants. Mais nous sommes dans la fin du recrutement. C’est une période où l’on se concentre surtout sur le recrutement mais après nous travaillerons sur ce que nous pourrons apporter aux gens.
H. H. : Dans l’effectif, on a vu qu’il restait une place d’extracommunautaire. Est-ce une volonté de garder ce joker car on sait que nous avons le droit de recruter jusqu’au 15 Novembre ?
G. F. : Il y a plusieurs raisons. C’est vrai qu’il nous reste cette place. A moins de trouver sur un coup de fusil, on va commencer la saison comme cela. Cela a plusieurs avantages car en temps de crise, cela nous fera une économie salariale. Mais le 2ème avantage est que cela nous restera un joker. En début de saison, nous regarderons s’il y a un poste que nous pourrons améliorer. Le 3ème avantage qui est aussi le 1er, cela permet de donner un peu de places aux jeunes aux Lionel, Loïc.
H. H. : On a vu qu’il y a eu des modifications concernant le site Internet. Souvent, il a été décrié le manque de communication du RHE au niveau journalistique et publique. Est-ce qu’il y aura des points presses de temps en temps ?
G. F. : Je ne sais pas. Je n’ai pas pris conscience de cela. On ne me rapporte pas toutes les informations. En tout cas, je suis toujours accueillant.
H. H. : C’est vrai Guy qu’à ce niveau là, il n’y a pas de problèmes. Mais, y aura-t-il des points presses synthétisant un mois de compétition par exemple ?
G. F. : Oui, pourquoi pas. On est quand même dans une structure familiale. On a beaucoup de travail. On communique surtout quand il y a un événement spécial, une signature. Je ne suis pas contre ce système. En tout cas, on le fait lors d’événements spéciaux.
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| Stphanie OUVRY 2009 |
| Souvenir du temps ou il tait joueur |
H. H. : As-tu autres choses à rajouter ?
G. F. : Non. Mais on remercie nos partenaires et notre public. On a des gens fidèles qui nous entourent. On travaille pour donner le plus beau spectacle possible. Le hockey Français est en bonne voie. De jeunes joueurs partent à l’étranger, de plus en plus, ce qui est bien pour nous. De plus en plus de clubs s’y attachent. Quand on voit l’équipe de France se maintenir avec de jeunes joueurs, c’est que nous sommes dans la bonne voie.
H. H. : La CHL étant supprimée, une seule place sera attribuée au hockey Français. Ne penses-tu pas que c’est un recul pour le hockey Européen ?
G. F. : Non. Là, par contre, ce sont des contextes que je maîtrise moins. C’est plus la fédé Française qui s’occupe de cela. C’est plus au niveau international car la KHL n’y échappe pas non plus. Il y aura des répercussions sur la fédération internationale. Après, ce sont des choix stratégiques ou qui s’imposaient d’eux-mêmes. Ceci dit, quand je vois le niveau de la Continental Cup, je trouve cela de très bon niveau. Et un jour ou l’autre, nous arriverons à une autre formule.
H. H. : Merci, en tout cas, Guy.
G. F. : Merci à vous.
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