Le HCMA est un club de village, avec toutes les contraintes que cela impose. Une poignée de dirigeants continue de se battre pour maintenir une équipe de hockey au firmament de l\'élite Française. A l\'issue de l\'assemblée générale, le vice-président, Fred Baud, reçoit Hockey Hebdoo et répond à nos questions.
HH : Fred, l’assemblée générale du club vient d’avoir lieu, que peux-tu nous dire sur la saison qui vient de s’écouler pour les dirigeants des Pingouins ?
Fred Baud :
Le bilan est plutôt bon, puisque l’exercice que l’on vient de terminer nous permet de sortir du contrat d’objectif financier de la CNSCG. Financièrement donc tout va bien puisque nous repartons sur des bases saines. Cela ne veut pas dire que nous allons faire n’importe quoi, loin de là, mais nous n’avons plus de compte à rendre durant la saison. Nous continuerons notre travail comme à notre habitude, mais sans le poids de ce contrat ainsi que les amendes qui vont avec. Nous pouvons aussi évoquer les évolutions du club, puisque le service communication va être étoffé, et nous allons essayer d’être plus efficace à l’intérieur et à l’extérieur de la patinoire, afin que l’on puisse ressentir l’identité des lieux.
HH : Le passif est donc résorbé ? |
| Photographe yann conseil |
| Frédéric Baud |
F.B. : Oui, le bénéfice de cette saison, qui est de 18.000 euros, nous permet de finir de combler ce passif, que l’on trainait depuis 3 saisons maintenant.
HH : Pourtant, avec la saison assez moyenne de l’équipe, surtout à domicile, on aurait pu penser que le club aurait été en difficulté. Qu’en dis-tu ?
F.B. :
C’est une réelle satisfaction, car c’est sûr que c’est au final une surprise. 2 matchs ont été importants pour cela, surtout un qui n’était pas prévu, à savoir la demi-finale de Coupe de France contre Angers. Le club a enregistré de très belles affluences, et avec le tarif des matchs de gala, on a réalisé une très bonne recette. Ensuite, malgré les défaites à domicile, les supporters restent quand même très présents. Enfin, on a eu la chance de jouer en championnat le mardi, et l’hiver, nous touchons principalement une clientèle touristique, qui vient voir un spectacle et n’est pas forcément au courant des résultats de l’équipe. Les touristes viennent moins aux matchs du samedi, car c’est leur jour d’arrivée, et quand on arrive, on se préoccupe plus de s’installer que d’aller voir un match de hockey. C’est pour cela que nous avons des recettes de matchs égales à la saison dernière, alors que nous avons disputé moins de matchs.
HH : Malgré tout, on a souligné que si les résultats avaient été meilleurs, le bar, que le club gère, aurait eu des recettes supérieures…
F.B. :
Oui, c’est évident. Le comportement des supporters est indexé aux performances de l’équipe dans ce cas. Ils restent volontiers boire un, ou quelques verres après les victoires, mais ils s’en vont plus vite après des matchs où le spectacle et le résultat sont moins bons. On n’a pas forcément perdu, mais les recettes auraient pu être bien meilleures à ce poste avec quelques victoires de plus à domicile.
HH : Pour revenir à la demi-finale contre Angers, on a vu que le club ne demandait aucune contribution financière aux abonnés, alors que sur les statuts, vous en aviez le droit, pourquoi ?
F.B. :
En fait, nous avons augmenté le montant des abonnements, et cette augmentation était significative, donc nous n’avons pas eu la volonté de demander une contribution à nos supporters qui donnent déjà beaucoup, tant au niveau soutien qu’au niveau financier. Maintenant, cela est ponctuel, dans la mesure des possibilités du club, et si nous devions par bonheur revivre les moments magiques de la saison 2006-2007, nous demanderions certainement aux supporters de participer à cet effort.
HH : Quel est ton rôle dans le club exactement. On sait que Jérôme Baud et Santeri Immonen sont autonomes en ce qui concerne la partie élite et sportive, et toi, en tant que vice-président ?
F.B. :
Je suis plus centré sur la partie sénior, étant donné que le hockey mineur est très bien structuré de son coté. Ensuite sur la partie sportive, je n’ai pas à intervenir, les rôles sont déjà bien établis et Santeri a carte blanche pour mener son effectif. De toute façon, je pense que plus on est à donner des avis, moins on est efficace. Le manager et l’entraineur sont les décideurs en ce qui concerne l’effectif, l’entraineur en ce qui concerne la tactique et la préparation, maintenant cela ne m’empêche pas de discuter avec eux, sur différents aspects, mais je n’aime pas trop intervenir dans ce domaine, puisqu’il est déjà très bien géré.
HH : Passons maintenant à la patinoire. Le Palais des Sports de Morzine est une belle aréna, d’une capacité de 1278 places. Le club enregistre de très fortes demandes en période hivernale, pour assister aux matchs, mais aussi que les vestiaires par exemples ne sont pas en nombre suffisant. Quelle est ta vision des choses à ce sujet ?
F.B. :
Là, c’est un domaine qui nous échappe un peu, car la mairie est propriétaire de la patinoire. Nous pouvons proposer des améliorations, mais cela est tout de même difficile, car la municipalité fait déjà de gros efforts pour le hockey, et il est délicat et aussi peut-être inconvenant pour nous de demander encore plus, car on est conscient des capacités finanicères de nos édiles. Maintenant, pour les affluences, on arrive toujours à faire rentrer tout le monde, dans la limite de nos capacités, et il est très rare que nous refusions des spectateurs. Pour les vestiaires, c’est un autre problème. Je ne sais pas quels sont les projets de la mairie, j’ai entendu dire qu’une fois la piscine couverte terminée, on agrandirait coté piscine, mais là ce sont des budgets colossaux pour une collectivité, et nous ne pouvons raisonnablement pas exiger de tels travaux, au vu des efforts qui sont faits à notre égard.
HH : On s’aperçoit aussi, d’après les chiffres, que malgré une victoire, ou de beaux matchs, que la capacité du bar empêche plus de retombées économiques pour le club. Cela vous préoccupe-t-il ?
F.B. :
Le bar, ainsi que la patinoire datent de 1976, et on ne pouvait se douter à l’époque que le HCMA jouerait une finale de ligue Magnus en 2007, ou une demi-finale de Coupe de France contre Angers en 2011. Aujourd’hui on s’aperçoit des limites de cet équipement, avec des passages étroits, ainsi que des accès restreints. On pourrait faire mieux, c’est sûr, il y a des possibilités, mais cela ne dépend pas de nous.
HH : Lors de l’assemblée générale, on peut voir que la masse salariale sera assez proche de celle de la saison dernière, et ce malgré des recrues telles que Yan Golubovsky, Brad Smyth, Colin Shields ou encore Markko Mäkinen. On pourrait penser que les contrats de ces joueurs soient plus élevés…
F.B. :
Au premier abord, oui, mais un garçon comme Golubovsky, malgré son CV, n’a pas joué la saison dernière de façon officielle, et malgré le fait qu’il se soit entretenu dans son pays, cela fait bien évidement baisser les prix. Nous prenons aussi un risque, car il pourrait ne pas revenir à son véritable niveau. Ensuite, pour la plupart des joueurs, le club a commencé à les démarcher en janvier – février, et en mars, ils avaient déjà donné leurs accords. Cela facilite un peu les négociations par rapport à un joueur que nous démarchons en avril - mai, et cela libère aussi le joueur qui est déjà sécurisé sur sa prochaine saison. Cela est profitable pour tout le monde. Pour eux, car ils ont l’esprit libéré pour la saison suivante, et pour nous, car nous pouvons anticiper les coûts, et commencer le plus lourd du travail du club, à savoir le montage du budget pour la saison suivante. Pareil pour Brad Smyth, il a maintenant 38 ans, il sera performant, mais il ne peut plus avoir les mêmes prétentions financières que lorsqu’il avait 30 ans.
HH : Les dirigeants font souvent état du soutien de la municipalité, et non seulement financier, ce soutien est aussi moral. Comment s’illustre-t-il ?
F.B. :
En premier, il y a cette subvention qui est vraiment conséquente pour un village de 3000 habitants. Ensuite, sur les 23 personnes composant le conseil municipal, au moins 15 viennent très régulièrement aux matchs. Ils viennent voir, assistent à nos succès comme à nos défaites, et c’est important aussi pour nous de voir que nos élus sont là, et partagent nos victoires comme nos défaites.
HH : Alors que le HCMA est souvent présenté comme un club de mercenaires, et non formateur, vous avez cité bon nombres de jeunes joueurs du crû évoluant dans bon nombre de club hexagonaux, voir même ailleurs en Europe. Quel est ton avis à ce sujet ?
F.B. :
Oui, nous avons bon nombre de jeunes un peu partout, on ne va pas tous les citer, mais on constate que les jeunes progressent très bien ici, et qu’ils sont appelés par bon nombre de clubs. Pour beaucoup d’entre eux, c’est un choix pour faire des études, mais c’est aussi l’occasion de vivre d’autres expériences, en Finlande ou en Suède. Nous suivons bien évidement les progressions de tout ces jeunes, en espérant qu’ils s’aguerrissent, et aillent au bout de leurs rêves. Nous espérons aussi pouvoir revoir ces jeunes en équipe première.
HH : Dernière question, que peut-on souhaiter au club lors de la prochaine saison ?
F.B. :
Plein de choses (rires).
En premier d’avoir toujours notre public derrière nous, de gagner plus de matchs à domicile. Nous souhaitons avoir un bon groupe, soudé, que la mayonnaise prenne et que le public soit fier de son équipe.
HH : Merci Fred.
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