Hockey Hebdo : Par rapport au match de Briançon, en demi-finale retour de la Coupe de la Ligue, peux-tu nous expliquer en détail ce qui s’est passé lors de l’action entre Stéphane Gervais et toi-même, afin que tout le monde ait donné son point de vue ?
 |
| Stphanie OUVRY 2009 |
|
Lionel Tarantino : Il y a eu un dégagement de Petri Virolainen de devant notre cage et je suis parti afin de suivre le palet des yeux. Il se dirigeait vers la cage vide et Stéphane allait sauver le but car je pense qu’il allait dedans. En tout cas, il n’en était pas loin. Il a récupéré le palet et nous sommes partis tous les deux derrière la cage et comme il y avait un peu de neige sur les côtés de la cage, ça l’a un peu freiné. Je suis arrivé derrière pour récupérer le palet et j’ai emporté Stéphane dans mon élan vers la balustrade. Je ne l’ai pas jeté vers la balustrade, mais il est vraiment resté collé à moi. On a tous les deux tapé contre la balustrade et malheureusement il a pris sa crosse dans le ventre. J’ai pas tout de suite compris pourquoi il est resté par terre car ma charge n’était pas violente du tout et il n’y avait pas de méchanceté derrière mon geste, pas de coup de crosse dans le dos. J’étais vraiment allé jouer le palet. Je n’ai pas vraiment bien vu après car plusieurs joueurs de Briançon sont venus vers moi. L’arbitre m’a écarté et je suis directement parti en prison. Ensuite, on m’a dit que j’allais prendre 2 + 10 une fois arrivé sur le banc. Je suis donc parti au vestiaire, mais une fois là-bas, on m’a annoncé 5 + 20 pour charge dans le dos. Je ne pense pas pouvoir être plus clair, il n’y a vraiment eu que ça.
H. H. : Par rapport à tout ce tapage médiatique, pas mal de choses ont été écrites à ton encontre. Il y a faute et on n’est pas là pour juger. Tu es un joueur qui aime aller au contact, qui charge mais qu’est-ce que tu as à dire face à ces attaques ? Car tout a été fait pour salir ton image, ton nom, même si on sait ton jeu et ton tempérament…
L. T. : Pas grand-chose. C’est juste dommage. Il y aura toujours quelqu’un pour parler. Ils n’ont pas été cools en parlant sur les forums, en salissant mon nom alors que la moitié des personnes n’était pas au match et n’avait donc rien vu. Je pense que les commentateurs d’Alpes1 ont un peu envenimé les choses en disant que j’avais assassiné le joueur, que j’avais commis un attentat, qu’il y avait mort d’homme et qu’un hélicoptère était présent afin d’amener Stéphane à l’hôpital. On a atteint un niveau vraiment très haut, très violent. Il y a faute, mais je n’y suis pas allé pour démonter Stéphane. A la fin, ça fini en meurtre alors que ce n’était pas mon intention. Ce que je peux dire, c’est que je suis choqué de l’ampleur de l’événement et c’est vraiment dommage, surtout pour mes parents. Ils ont vu ça et ont été choqués comme moi. Je ne comprenais pas trop aussi parce que des joueurs qui ne jouent pas à Rouen m’ont appelé dans le bus, lors du retour pour me demander ce que j’avais fait. Pourquoi tout le monde m’appelait comme ça ? Ce n’est que vers mercredi midi que j’ai vu que tout partait n’importe comment.
 |
| Stphanie OUVRY 2009 |
|
H. H. : As-tu été mis courant de la « grosse » blessure de Stéphane comme quoi il était presque mort ?
L. T. : Tout de suite en sortant du vestiaire j’ai demandé des nouvelles à des gars de Briançon, une demi-heure après le match, et ils m’ont dit que ça allait mieux. J’ai demandé et ensuite j’ai attendu. J’ai envoyé un message à Stéphane pour prendre de ses nouvelles, voir si ça allait mieux et pour lui dire que ce n’était pas dans mon intention de le blesser. Il m’a répondu, on s’est entendu et tout est rentré en ordre avec lui. Je n’avais rien contre lui. Il n’y avait pas de vengeance par rapport à la charge de Guenette au match aller comme j’ai pu le voir et entendre. C’est un fait de jeu, de la malchance. C’est dans le jeu… C’est le hockey. Même lui l’a dit que souvent ça se passait comme ça au hockey.
H. H. : Mentalement, comment es-tu ? As-tu la tête un peu sous l’eau ?
L. T. : Non, je ne pense pas avoir la tête sous l’eau. C’est juste dommage qu’on me salisse comme ça. C’est sûr que j’ai un jeu physique, que j’aime le contact. C’est l’une de mes caractéristiques et il en faut dans les équipes pour aller jouer les palets dans les coins. Je n’ai pas la mentalité d’aller « casser » des joueurs. C’est juste des coups d’épaule. J’ai pas du tout la tête sous l’eau. J’attends juste de voir la décision de la fédération concernant une possible suspension. J’espère ne pas louper de matchs. Il y a la coupe de France, Grenoble, Angers et la finale.
H. H. : Stéphane a répondu sur notre site et n’a dit que des choses positives. Il ne te connaît pas personnellement, il sait que tu es physique mais pas violent et que cela faisait partie du jeu. Cela corrobore tes dires et tu as un allié de poids. Cela te remet-il du baume au cœur ?
L. T. : Oui. J’ai été agréablement surpris par cela. Je pensais qu’il allait être énervé mais il a, au contraire, très bien compris. Je suis très content. Et il a surtout calmé les choses. Tout le monde s’est un peu enflammé et dès que son interview est passée, ça a apaisé l’histoire et cela m’a fait beaucoup de bien. On est tous d’accord pour dire que la faute n’était pas super violente. En tout cas, je le remercie par rapport à cela.
 |
| Stphanie OUVRY 2009 |
|
H. H. : La meilleure des réponses sera de vous serrer la main lors du prochain match et montrer aux gens que vous n’avez rien entre vous. Il n’y a que toi, les joueurs et les arbitres qui peuvent juger et non les 80% de personnes qui n’ont pas vu le match, comme nous.
L. T. : Je pense que ce sera la meilleure des réponses. Je n’ai rien contre lui et je sais que c’est un très bon joueur, un très bon défenseur avec un gros shoot. Il n’y aura pas de souci de mon côté et ce sera avec plaisir que je lui serrerai la main à Briançon puisque ce sera là-bas. Et je voudrais dire que je suis ouvert à la critique mais quand elle est constructive, pas quand il s’agit d’insultes à mon égard sur divers forums ou même dans la presse.
H. H. : Merci Lionel de nous avoir accordé ce petit droit de réponse.