Ce qu'il y a de bien en amérique du nord, c'est que lorsqu'un litige arrive en justice et qu'il y a plein d'argent à la clef, les acteurs rivalisent de procédure, d'avocats, d'imagination même pour occuper le terrain et tenter de remporter la partie. généralement, plus il y a d'argent, de pouvoir, et plus les camps sont puissants et plus l'observateur étranger ricanne...
Avouons que dans ce contexte, l'affaire de la pitoyable franchise des Coyotes de Phoenix est en train de prendre une dimension nationale.
Pour celles et ceux qui n'auraient pas suivi dans nos colonnes cette affaire exemplaire, un bref rappel.
Phoenix c'est une franchise NHL, les Coyotes, qui sont au hockey ce que Will Coyote est à la chasse à Meep Meep: un looser intégral sauf cette saison plus honorable. Il faut dire qu'il fallait avoir une bonne dose d'espoir, d'inconscience, d'incompétence même pour délocaliser une franchise de Winnipeg, ville canadienne au climat peu riant mais qui comptait et compte toujours de nombreux amateurs de hockey, à Phoenix, belle citée d'Arizona qui n'a aucune culture Hockey et qui préfère de loin les joutes basketballistiques des Suns de NBA et les homes runs des Cardinals en baseball.
Bref, résultat logique, l'équipe ne décolle pas et le proprio suit sa courbe de pertes d'années en années et doit même pour faire face à la crise demander un prêt à la ligue pour assurer la fin de la saison. Décidé à en finir, Jerry Moyes, le détenteur de la franchise qui a expliqué partout qu'il l'avait achetée par hasard veut la bazarder à un canadien, Jim Balsillie et pas Basile, qui rêve de la rapatrier au canada.
S'en suit un affrontement entre le canadien qui bénéficie d'un large élan de sympathie de la part de ses compatriotes qui reprochent à la NHL et à son commissionnaire le peu populaire Bettman de vouloir déposséder le propriétaire et son acheteur de leurs droits sur les coyotes, et la ligue qui souligne qu'elle a avancé de l'argent à Moyes et qu'elle possède des droits sur la franchise qu'elle préférerait voir rester en Arizona avec un nouveau propriétaire.
Ajoutez à celà les collectivités locale qui ont payé 183 millions de $ pour construire l'arena des coyotes et qui refusent toute idée de départ de la franchise et vous obtenez un superbe litige avec des pouvoirs puissants autour de la table.
Donc, la franchise ayant été mise en faillite par son propriétaire, l'affaire est en train de passer devant le tribunal des faillites qui doit déterminer la responsabilité des uns et des autres et surtout préciser qui possède les coyotes et ses droits.
Le juge Baum se trouve ainsi pris entre deux feux, celui du propriétaire légitime qui fait valoir qu'il a perdu des sommes considérables et que le seul moyen de récupérer une partie de sa mise est bien de vendre la franchise plus de 200 millions de $ à Balsillie qui reste le seul acheteur intéressé, et qui peut en cas d'achat délocaliser la franchise comme il l'entend. Tout manquement à cette liberté de la part de la NHL reviendrait pour lui à conduire l'affaire devant le tribunal fédéral américain au nom du respect de la loi antitrust. La NHL pour sa part flanquée de la ville de Glendale qui évoque une perte de plus de 500 millions de $ en cas de départ des coyotes entend s'ooposer à la vente. La NHL souligne que Balsillie profite du passage devant le juge des faillites pour tenter de racheter la franchise et forcer la main à la ligue.
Hier, un mémo signé des trois ligues NBA (Basket) Major Ligue (Baseball) et NFL (Foot Us) est parvenu au tribunal, lequel plaide pour le respect des droits de la NHL à pouvoir décider librement de l'implantation de ses franchises.
Aujourd'hui, la NHL précise que les coyotes seraient rentables avec un nouveau propriétaire compétent et un encadrement sérieux, on lui souhaite bien du plaisir pour en trouver un si elle gagne cette confrontation judiciaire ce qui est loin d'être acquis.