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| Stéphanie Ouvry |
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Quand on fait partie d'une rédaction sportive comme Hockey Hebdo, on rédige assez souvent des articles, on prend le micro pour des interviews, bref on se fait plaisir généralement en proposant au lecteur de partager un instant avec un acteur de notre sport, de revenir sur une rencontre et des instants parfois magiques.
On a parfois aussi à rejoindre son clavier pour rédiger sans doute l'un des articles les plus tristes et tragiques de sa vie de journaliste.
On va tout se dire dans un tel moment, ce qui m'a poussé, ce sont à la fois la news proposée sur ce site, avec la réflexion qu'Alain méritait mieux qu'une news (je le tutoie comme nous l'avons fait lors de nos rencontres et à son initiative, n'y voyez aucune familiarité mal placée ni au reste la revendication malvenue d'une quelconque amitié, connivence, relation que je n'ai jamais eue avec lui), et les photos de notre amie Stéphanie, y compris celle qui figure sur la news et que j'ai tout de suite décidé de reprendre pour ce texte que vous lisez.
Pourquoi les photos me direz vous? Un article à la place d'une news, oui, je peux comprendre, mais les photos? Simplement parce que Stéphanie a fort bien rendu compte au cours de ces années passées de la personnalité d'Alain, sa sensibilité comme sa vigilance et concentration lorsqu'il était sur le banc de son équipe. Certains sur un banc ont des visages crispés, d'autres totalement impassibles, parfois on trouve même du tragi-comique, mais peu renvoient une palette aussi intense que pouvait le faire Alain.
Derrière cette multiplicité d'expressions, on devine un homme tout à la fois sensible, inquisiteur, attentif, et souvent souriant car il n'était pas le dernier à plaisanter avec ses joueurs. Regardez ces photos que vous retrouverez sur ce site, et vous comprendrez mieux ce que je veux dire en écrivant cela...un régal pour une photographe qui sait saisir les expressions...une preuve ultime et irréfutable de la personnalité dont nous parlons.
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| Stéphanie Ouvry |
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Alain Vogin restera a jamais en France comme le joueur et l'entraîneur des dragons de Rouen et le joueur qu'il fut également à Angers, avec à la clef un palmarès respectable et une image d'homme intelligent et mesuré. Loin des gueulards assez nombreux dans la profession, et des muets qui vous gratifient vous journaliste d'une phrase au total pour commenter la soirée, Alain Vogin était également loin des spécialistes de la langue de bois qui fleurissent dans l'hexagone. Lors de la dizaine d'interviews qu'il m'a accordé, après des défaites comme de grandes victoires, Alain expliquait clairement ses impressions et ne trouvait pas d'excuses en cas d'échec. Malgré cette sobriété maîtrisée, il pouvait exprimer la pression ressentie en tant que responsable d'une équipe, et porter hors micro un regard lucide sur les comportements de certains, ceux qui généralement n'ont jamais mis les pieds sur une glace. Malgré sa petite taille, Alain Vogin circulait souvent au milieu de ses joueurs aux gabarits impressionnants avec casque et patins, et on sentait le respect qu'il suscitait.
Lors de plusieurs titres des dragons, je fus le premier journaliste à pouvoir entendre ses impressions, et je prend cela comme autant d'instants uniques qui justifient à eux seuls ce boulot. Inutile de dire qu'il fut sobre, modeste, et professionnel dans ces instants de gloires mérités.
On doit, dans ces instants difficiles, avoir une pensée pour sa famille en France et au Québec, et souligner que son nom restera indissociable de celui de Rouen. Sans doute faudrait-il envisager une démarche qui permette au hockey français, angevin et rouennais de perpétuer son souvenir, sa mémoire, mais peut-être devrons nous respecter sa disparition par le silence uniquement? Ses proches auxquels nous pensons à cette heure nous le diront.
Un maillot que l'on retire à Rouen et Angers pour le joueur et l'entraîneur serait à la hauteur des dragons et des ducs.
Pour notre rédaction qui réfléchit actuellement à une forme de respect à rendre à plusieurs figures du Hockey français (une pensée pour Jean-François Pointet au passage), le nom d'Alain Vogin ne doit pas tomber dans l'oubli et nous allons tenter d'apporter modestement notre contribution dans ce domaine. L'auteur de l'article s'y engage au nom de l'ensemble de la rédaction.
Pour conclure, je crois que l'on ne peut que faire silence et penser à Alain Vogin un instant sur toutes les patinoires de France ces prochaines semaines.
Merci Alain pour ce que tu as apporté au Hockey français! Merci de juger ces lignes pour ce qu'elles sont uniquement, à savoir un hommage rendu un dimanche d'été merdique
Et pas à cause du temps pourri...
Laurent Labrot
PS : Vous pouvez retrouver ci dessous, une petite galerie de photos d'Alain, présentées chronologiquement entre 2006 et 2010 ...
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