Avec aucun blessé dans les deux équipes, la même patinoire pôle-Sud à guichet fermé, la seconde explication entre grenoblois et rouennais pouvait commencer avec un air de déjà vu.
 |
| L.Lardière |
| Rude bataille pour la conquéte du palet entre Doucet et Tartari |
Ballade pour un cercueil (version film d\'horreur ou western avec Trinita devant le titre)
Le début de rencontre montrait des dragons revanchards et prêts à en découdre, Grenoble semblant pas franchement dans la rencontre.
Un premier brassage à 0"16 envoi David et Nilsson en prison, le 4x4 qui s\'en suit étant particulièrement heurté avec une volonté d\'appuyer les charges et même de faire mal.
Pourtant, ce n\'est pas sur un remake de Verdun que les normands vont inscrire le premier but, mais sur une superbe triangulation qui voit Desrosiers passer derrière la cage à Mallette qui sert superbement David venu apporter le surnombre devant Ferhi. Ce dernier reprend et met au fond à 3"14 (0-1).
Rouen poursuit sa domination avec une attaque défense particulièrement physique, et il faudra un tir de Manavian à 5"45 pour que Sopko se montre avec une belle mitaine haute.
Un brassage plus sérieux va survenir à 6"27, avec pour protagonistes Amar et Bouchard, puis Bergstöm et toujours Bouchard, sans que rien ne soit sifflé ce qui semblera contestable aux photographes mieux placés que nous et qui ont mieux vu les coups échangés.
Entre plusieurs petits brassages annexes et charges viriles mais souvent mal portées, la rencontre étant largement moins rapide que la veille mais sans doute plus intense physiquement, Grenoble se crée deux tirs successifs, mais les brûleurs n\'y sont visiblement pas.
Un jeu de puissance rouennais à 10"08 va pourtant se traduire par deux contres grenoblois et un duo Fleury Rouleau qui échoue sur Sopko à 10"41, avant que Forsander ne mette à côté en cage ouverte à 13"09.
Une seconde pénalité contre Grenoble à 14"58 va cette fois être transformée par Rouen. Mallette récupère un palet dans le cercle d\'engagement, et frappe face à Rouleau en défensive jambes serrées. Le palet bat Ferhi d\'un beau croisé et creuse l\'écart pour les visiteurs. (2-0).
Le silence se fait dans pôle-sud, tandis qu\'un nouveau concours de charges inutiles se déroule sur la glace. A 16"57, Forsander est envoyé seul en prison, décision qui souligne hélas une tendance de l\'arbitrage en première période à sanctionner seulement l\'auteur de la première faute et non les coups généreusement distribués juste après.
A 19"26, Rouen semble clouer le cercueil avec une première frappe de Carlsson qui reste clairement le meilleur arrière des champions de France ce soir. Le palet est dévié par Ferhi en cloche derrière son but, mais revient sur la crosse de Dufournet (et non Desrosiers comme annoncé sur le site de la FFHG). Ce dernier trompe alors le gardien grenoblois qui ne s\'était pas replacé. Il faut avouer que le but surprend par sa rapidité, le palet rebondissant sur le plexiglas pour revenir dans l\'instant sur le but (3-0).
Le retour au vestiaire après une telle différence semble suggérer l\'amorce évidente d\'un succès rouennais, on ne voit pas en effet comment Grenoble pourrait refaire un tel retard face à des dragons dans le coup avec un Sopko bien concentré.
La nuit des morts vivants ("Back from the grave" étant aussi un autre film d\'horreur pouvant faire un bon titre mais en anglais)
 |
| L.Lardière |
| C.Mallette retrouve le chemin de filets ! |
Après une interruption plus longue que prévue pour éliminer un trou dans la glace, c\'est Rouen justement qui va à son tour enregistrer un terrible trou d\'air.
Après une tentative de Bergström sur Sopko à 21"09, le gardien normand doit s\'employer à plusieurs reprises. Il ne peut rien pourtant quand Sivic bien lancé propose depuis son aile un modèle de frappe qui arrive au fond des filets (1-3).
Après un arrêt de Ferhi à 22"54, Rouleau, sans doute le meilleur hockeyeur ce soir sur le glaçon de Pôle-Sud mais toujours boudé pour le trophée car c\'est un arrière (collez le même match au canada et il repart avec la distinction), y va de son but, le troisième tout de même en deux rencontres. Servi assez excentré en haut du cercle d\'engagement gauche à 23"53, il place toute une frappe comme on dit chez lui qui troue totalement Sopko. (2-3).
Les minutes suivantes voient plusieurs pénalités, la première pour Dufournet auteur d\'un coup au visage d\'un adversaire à 24"22, la seconde pour Nilsson que l\'on aurait souhaité voir accompagné de Peltola auteur d\'un bon coup sur le casque du premier à 26"34. Même chose à 29"55 quand Krayzel se retrouve sonné à la suite d\'une charge coude en avant au visage qui vaut normalement plus de deux minutes mais qui ne sera finalement pas sanctionnée?
Grenoble paraît alors chercher un peu d\'air, à l\'image d\'un Masa pris à plusieurs reprises au piège du hors jeu. Les erreurs défensives semblant terminées pour Rouen, Sopko sauve à bout portant sur une frappe de Hammar à 33"27.
C\'\'est le moment que choisi un ancien rouennais, Broz, pour inscrire une magnifique lucarne de l\'aile après avoir masqué ses intentions en feintant la passe à 34"41 (3(3).
La période se termine avec une pénalité mineure contre Manavian que Ferhi va pour une fois contester fortement.
Krenzel le survivant (dessin animé japonais dont nous laisserons le soin à nos lecteurs de trouver le titre exact)
Le dernier acte voit déjà une baisse de rythme qui semblera davantage toucher Rouen.
En 4x4, Grenoble va marquer un but par Fleury à la suite d\'un premier lancer de Krayzel à 44"30. Le but est contesté par Rouen et en particulier par Mallette qui va évoquer un shoot du patin. Pourtant, sur les images, Fleury ne fait rien d\'autre que voir le palet rebondir sur son torse ce qui donne un but parfaitement valable (4-3).
Une mauvaise relance grenobloise va permettre rapidement aux dragons de recoller. Peltola pousse au fond à 45"01 bien servi par Tarantino, les jeunes rouennais étant ce soir plus présents que lors de la dernière rencontre, ce qui traduit au delà de leurs qualités un certain état de fatigue bien perceptible en fin de rencontre.
Plusieurs pénalités plus tard, et quelques occasions de part et d\'autre dont la plus significative voit Doucet terminer au fond de la cage de Ferhi à 10"07, on entre dans les dix dernières minutes.
Rouen semble reprendre un peu du poil de la bête, Ferhi étant tout heureux de s\'en sortir après un gros cafouillage devant sa cage à 51"16. Grenoble va alors résister à un jeu de puissance normand, avant de bénéficier à son tour de l\'avantage numérique à 16"06.
Alors que les prolongations semblent toutes proches, un coup de cannon de Krayzel va faire définitivement basculer la rencontre. Servi par Broz sur son aile droite, le tchèque va slapper et passer Sopko dépassé par la vitesse du projectile. (58"20).
Un ultime temps mort de Rouen à 59"26 ne changera rien et Grenoble conserve son avantage qui lui permet de mener 2-0 sur la série.
La diagonale du flou
On avait vu Grenoble faire des tas de trucs cette saison. Gagner pratiquement au buzzer final assez souvent, passer totalement à côté de la moitié de la rencontre pour s\'imposer finalement, passer plusieurs fois en prolongation, l\'emporter aux tirs de barrages, bref la routine pour les troupes de Lusth. Pourtant, dans le style mission impossible, force est de reconnaître que les isérois ont fait très fort ce soir. Totalement largués lors de la première période et menés de trois buts, en claquer cinq sur deux périodes aux champions de France et à leur excellent gardien Sopko peut être considéré comme un exploit.
C\'est précisément ce dernier point qui fait toute la différence ce soir dans les têtes des joueurs des deux équipes. Si le score final laisse voir une rencontre serrée comme la veille, et ce fut bien le cas, voir les Brûleurs revenir ainsi a de quoi interroger Rouen et conforter si nécessaire encore davantage le moral grenoblois. Cependant, au delà du scénario de la rencontre, on peut désormais relever plusieurs constantes.
Aux problèmes de relances des deux équipes, déjà évoqués hier, et qui explique en partie les temps de domination alternés particulièrement longs en zone adverse, il faut ajouter pour le moment l\'incapacité des deux formations à éviter des trous d\'air que la qualité de l\'adversaire ne parvient pas seule à expliquer. Il est clair que c\'est l\'équipe qui parviendra le mieux à réduire ses temps faibles et à trouver des solutions en terme de relances défensives qui devrait se retrouver en finale. Ceci étant, les problèmes des deux côtés ne sont pas les mêmes.
 |
| L.Lardière |
| L.Krayzel affole la défense rouennaise |
Au delà de la victoire à la suite de son incroyable retour, Grenoble peut compter sur l\'apport offensif de ses arrières à l\'image d\'un Rouleau vraiment impressionnant ce soir et qui pourait candidater dans n\'importe quelle ligue majeure en Europe. De ce côté, le nombre de blueliners est sans égal et Rouen ne possède pas vraiment de clients dans la catégorie à l\'exemple de l\'utilisation de Thinel en équipe spéciale dans ce rôle. Sur le plan défensif, les grenoblois semblent un poil au dessus de leurs adversaires car on ne peut pas dire que Virolainen ou Glad soient particulièrement en vue depuis le début de la série. Si l\'on considère que les deux gardiens font globalement jeu égal, et que le replacement défensif est parfois un brin suspect à Rouen, on peut parler d\'une marge pour Grenoble à la condition que la première période joué ce soir soit la dernière de ce niveau durant toute la série. C\'est le principal sujet d\'inquietude, car ce sommeil initial ne dépend pas du physique ni on l\'espère d\'un excès de confiance. Si le phénomène est lié aux brassages et au jeu dur de l\'adversaire, on peut supposer que l\'avertissement portera surtout avec un arbitrage plus soucieux d\'ouvrir les portes de la prison.
Offensivement, l\'ensemble est équilibré et les trois lignes proposent un bon hockey et travaillent beaucoup. Si l\'on excepte un problème d\'efficacité en particulier sur la première rencontre, et quelques hors jeux évitables, avouons que l\'ensemble tient bien la route. Mention spéciale ce soir à Broz et à son homonyme partiel Krayzel dont les qualités de tueur de tableau d\'affichage se confirment. On pense également à Fleury ainsi qu\'à Tartari qui font honneur à l\'équipe de France qu\'ils représentent.
Aujourd\'hui, Grenoble dispose d\'une confiance aussi haute que l\'Everest, et cela va être clairement le problème de Rouen au delà du talent incontestable des brûleurs qui ont prouvé qu\'ils ne s\'étaient pas payé le Champion de France en Coupe par hasard. A voir les bonnes têtes de tueurs des deux Ludeks dans la salle de presse après la rencontre (voir interview), on a le sentiment que les joueurs de Lusth vont aller à Rouen pour en terminer dès la troisième rencontre avec l\'envie d\'un sweep toujours humiliant pour l\'adversaire. Ce sont eux et non Rouen qui peuvent désormais le faire même si Grenoble n\'a pas gagné en normandie cette saison.
Ils peuvent le faire mais il faudra compter sur un dragon blessé mais qui est loin d\'avoir dit son dernier mot. Au delà du scénario de la rencontre, qui renvoi aux deux équipes la même nécessité de gérer les temps faibles, il n\'y a qu\'un but d\'écart sur les deux matchs, pas de quoi non plus en faire un semblant de domination. Avouons que les arrières de Rouen ne nous ont pas totalement convaincus ce soir. Souvent pris de vitesse à l\'image des frappes qu\'ils ont permises aux grenoblois, on peut se demander s\'il ne serait pas intéressant de proposer un peu plus de temps de glace à un Custosse par exemple? Devant, la situation est différente car en classe pure, les deux premières lignes du dragon sont probablement un petit poil au dessus des grenoblois, mais à la condition de disposer de tout l\'effectif au mieux de sa forme ce qui n\'est pas le cas, même si Mallette a vraiment fait un bon match ce soir. Disons pour parodier un proverbe bien connu des footballeurs que quand une équipe à deux lignes rencontre une équipe à trois lignes, c\'est la seconde qui gagne à la fin à niveau égal.
En effet, lorsque l\'on regarde la rencontre de ce soir, il est clair que l\'écart qui se fait au bout du temps s\'explique en partie par une vivacité un peu moindre de Rouen. On a vu Vogin qui connaît la musique modifier ses lignes et donner plus de temps aux jeunes avec à la clef un bel assist de Tarantino. Cela semble être presque un symbole, les normands devront certainement faire rentrer leurs jeunes, surtout si la série se prolonge. La logique de proposer un jeu plus physique et d\'y aller à la charge virile a clairement été à l\'initiative de Rouen ce soir, pour un résultat mitigé, et qui aurait pu être négatif avec un arbitrage plus vigilant. On oublie souvent que se payer 15 charges appuyées en 10 minutes comme certains rouennais ce soir fatigue, et ce davantage que l\'adversaire qui va parvenir généralement à les esquiver en grande partie. La première période a ainsi été une débauche d\'énergie avec derrière la panne de la seconde.
On ne voit pas le dragon chez lui ne pas faire son maximum, et cela passe sans doute par un temps de glace accru pour ses jeunes, ce qui avouons le serait un beau symbole en cas de succès.
© 2026 Hockeyhebdo.com — Reproduction totale ou partielle interdite sauf autorisation des auteurs.