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LYON VA DEVENIR L’ÉPICENTRE DU HOCKEY FRANÇAIS !
Deux très grands événements internationaux vont bientôt avoir lieu dans la ville Lyon. Tristan Alric, créateur de la Coupe Magnus, explique ce contexte sportif totalement inédit et les conséquences probables pour le club local des « Lions ».
📅 01/10/2026 à 11:00 ✍️ Tristan Alric 📍 Media Sports Loisirs

Tribune N°140

 

LYON VA DEVENIR L’ÉPICENTRE DU HOCKEY FRANÇAIS !
 
 
Ce n’est pas sans raison si j’ai déjà écrit à deux reprises une tribune concernant le club de Lyon. La publication de ces articles ont pris à chaque fois la forme d’un cri du cœur car il fallait rappeler une urgence sportive qui va me semble-t-il dans l’intérêt du hockey sur glace français. Mon soutien aux « Lions » a débuté au mois de février 2023 avec un premier plaidoyer intitulé : « Club de Lyon : c’est un enjeu national ! »
La saison dernière, je suis revenu encore à la charge avec une nouvelle tribune qui fut publiée il y a tout juste un an puisqu’elle date du début du mois d’octobre 2025 avec cette fois comme titre : « Lyon doit revenir dans la Ligue Magnus ! »
Si j’insiste autant encore aujourd’hui ce n’est pas dans un esprit partisan mais parce que je suis convaincu que la présence au plus haut niveau de la deuxième ville de France (en comptant son agglomération) est absolument indispensable si notre sport veut bénéficier d’une exposition médiatique encore plus importante. D’autant que les quatre années qui s’annoncent vont accroitre cette nécessité puisque pendant ces prochaines saisons la capitale des gaules va devenir de surcroit « l’épicentre » du hockey sur glace avec, situé aux premières loges, le club de Lyon qui va se retrouver au cœur de deux événements sportifs internationaux majeurs.
En effet, je rappelle que le Mondial élite masculins 2028 va être organisé conjointement à l’Accor Arena de Paris et à la LDLC Arena de Lyon. De ce fait, tous les regards seront tournés, non seulement vers Bercy, mais également vers la patinoire de Lyon qui sera située à 10 kilomètres dans la commune de Décines, juste à côté du Groupama Stadium le stade de football de l’Olympique Lyonnais.
Mais ce n’est pas tout ! Les clameurs du public se seront à peine estompées au bord du Rhône que les projecteurs vont à nouveau se rallumer avec encore plus d’intensité sur la ville de Lyon à l’occasion des prochains Jeux olympiques d’hiver de 2030. En effet, après l’abandon par le COJOP du projet initial de loger les épreuves de patinage à Nice, c’est finalement dans la patinoire de la LDLC Arena qu’aura lieu le tournoi olympique de hockey sur glace avec en complément la Halle Tony Garnier située au centre de Lyon. L’impact planétaire de ce tournoi olympique de hockey sera encore plus important.
Bref, la ville qui a remporté en 1907 le premier titre historique de champion de France de hockey sur glace va donc redevenir sportivement et à deux reprises « le point zéro » de notre discipline. Pour reprendre un anglicisme à la mode la ville de Lyon sera bientôt « The place to be » où il faudra se trouver quand on est un passionné de notre sport favori. Ce double focus sportif totalement inédit de 2028 et 2030, qui va avoir lieu dans l’agglomération où vécurent les frères Lumière inventeurs du cinéma et le célèbre chef cuisinier Paul Bocuse, devrait avoir logiquement de multiples effets collatéraux notamment pour le club de hockey sur glace local.

Crédits photo Marc Holdefer
Les Lions 2026-2027


LE CLUB DE LYON ATTEND TOUJOURS D’ÊTRE SOLLICITÉ

Vu la proximité et le télescopage des deux grands événements internationaux de hockey sur glace que je viens d’évoquer, les questions que je me pose sont multiples. Quelles seront les retombées directes ou indirectes pour les « Lions » qui participent actuellement au championnat de France de la Division 1 ? Ces derniers, qui vont se trouver placés au tout premier rang de ce double spectacle planétaire, vont-ils être sollicités et éventuellement impliqués d’une manière ou d’une autre dans l’organisation de ces deux grands rendez-vous internationaux ? Comment les dirigeants du club rhodanien, que ne cachent pas leurs ambitions concernant l’avenir sportif de leurs hockeyeurs locaux, préparent-ils l’organisation à domicile de ces deux grands événements ?
Lorsque j’ai interrogé le président du club Fabrice Baravaglio ce dernier m’a confié : « Pour l’instant nous n’avons aucune information officielle, ni de la mairie de Lyon ni de la fédération. Les seuls échos qui nous parviennent se font par voie de presse. Bien sûr nous sommes très contents car ces deux événements majeurs vont attirer automatiquement du public et des nouveaux licenciés chez nous. Mais ce qui m’inquiète, c’est que notre maire Grégory Doucet a déclaré qu’il voulait mettre à disposition pour les athlètes des Jeux olympiques nos deux patinoires de Charlemagne et Baraban. Il faut donc s’attendre pour notre club à une longue parenthèse. Du coup, quelle sera la solution pour trouver des heures d’entraînement et de compétitions pour les 2000 licenciés des sports de glace de Lyon si je cumule le hockey, le patinage artistique et le curling ? Déjà, aujourd’hui nous manquons d’heures disponibles. Alors que faut-il s’attendre de positif de l’héritage des JO ? Ce qu’il faudrait, c’est construire une troisième patinoire à Lyon car les deux qui sont actuellement en activité sont ouvertes dès 6 heures du matin et jusqu’à 23 heures le soir et il n’y a plus de créneaux de libre. »
Interrogé par ailleurs sur le rôle que compte jouer le club de hockey de Lyon pendant l’année du Mondial puis celle des Jeux olympiques, Fabrice Baravaglio confie : « Si les médias nous contactent, on va montrer au grand public ce qu’est le hockey. Bien entendu nos bénévoles vont sans doute être sollicités et ils participeront avec un grand plaisir à ces deux événements exceptionnels. Par exemple, celui qui joue chez nous le rôle de notre mascotte m’a confié qu’il aimerait bien y participer. Déjà dans une vidéo qui a été publiée sur les réseaux sociaux, on peut voir les employés administratifs de la LDLC Arena qui sont tous habillés avec les équipements complets du club. Mais pour résumer la situation actuelle, nous attendons toujours des signes de la mairie et de la fédération pour savoir à quelle sauce on va être mangé en espérant que nous n’allons pas être les dindons de la farce pendant ces deux grandes fêtes de hockey sur glace. »
 
UN RETOUR DANS LA LIGUE SYNERGLACE MAGNUS EN LIGNE DE MIRE

Promu au mois d’avril 2025, après avoir battu Montpellier dans la série finale de la Division 2 à l’issue de trois matches, le club de Lyon a donc effectué son grand retour en Division 1 la saison dernière qui est l’antichambre de la Ligue Magnus sous la direction de l’entraîneur Damien Raux (photo ci-contre). Je rappelle que cet ancien international tricolore, qui reste toujours en poste et âgé de 41 ans, a une belle carte de visite puisqu’il a disputé pas moins de onze championnats du monde en senior et a porté le maillot de huit clubs français différents : Rouen, Chamonix, Caen, Briançon, Grenoble, Angers, Mulhouse et Gap. Par ailleurs, il a remporté deux titres de champion de France en 2014 avec Briançon et en 2016 avec Rouen.
Autre atout important, le nouveau manager général du club qui est un ancien lyonnais (photo à droite ci-dessous) Laurent Perroton (53 ans). Ce dernier fut longtemps formateur dans les clubs suisses de Lausanne, Martigny, Morges, Joux, Prilly et Meyrin.
Bref, dix ans après son départ de la Division 1, le club de Lyon a donc retrouvé un échelon dans lequel il espère ne faire que passer puisque le retour dans la Ligue Synerglace Magnus reste son objectif à court ou moyen terme. Chez les Gones la prudence et la patience sont de mise.
En effet, il faut se souvenir qu’au mois d’avril dernier, lors de la saison de retour, les « Lions » ont terminé en cinquième position (sur 16 clubs) lors du championnat régulier de la Division 1 avec la plus forte assistance soit 2574 spectateurs en moyenne, mais l’équipe rhodanienne, battue en trois matches lors des play-offs par Dunkerque, n’a pas pu participer aux quarts de finales. Fera-t-elle mieux cette fois ? L’avenir nous le dira. Comme on le voit, au niveau de l’encadrement une structure solide est désormais en place pour garantir une montée en puissance progressive.
Je termine en soulignant que cette renaissance à la fois sportive et structurelle a pu se faire à Lyon grâce à deux dirigeants très efficaces. Tout d’abord, avec le président Fabrice Baravaglio, qui dirige une holding familiale investissant dans l’industrie plastique. Ensuite avec le vice-président, Philippe Filippi, président d’une filiale Europe Sud du groupe allemand Compart, qui complète ce duo formant les deux piliers porteurs du club depuis 17 ans d’autant qu’ils sont également un soutien financier important puisqu’ils sont également sponsors du club.

Tristan Alric entouré de Philippe Filippi à gauche et Fabrice Baravaglio à droite
 




Depuis plus de quarante ans Tristan Alric a été l’acteur et le témoin privilégié de l’évolution du hockey sur glace en France. D’abord comme joueur puis comme arbitre. Ensuite, en devenant le journaliste spécialiste du hockey sur glace dans le quotidien sportif L’Equipe pendant plus de vingt ans. Auteur de nombreux livres et d’une récente encyclopédie qui font référence, Tristan Alric a marqué également l’histoire du hockey français en étant le créateur de la Coupe Magnus et des divers trophées individuels. Avec un tel parcours, il est donc bien placé pour avoir une analyse pertinente sur notre sport favori. Le site Hockey Hebdo est donc heureux de lui permettre de s’exprimer régulièrement dans cette rubrique.
 


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