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Hockey sur glace - Tribune libre de Tristan Alric
Hockey sur glace - 20 / AGENTS DE JOUEURS : UNE RÉGULATION S’IMPOSE !
 
Depuis plus de quarante ans Tristan Alric a été l’acteur et le témoin privilégié de l’évolution du hockey sur glace en France. D’abord comme joueur puis comme arbitre. Ensuite, en devenant le journaliste spécialiste du hockey sur glace dans le quotidien sportif L’Equipe pendant plus de vingt ans. Auteur de nombreux livres et d’une récente encyclopédie qui font référence, Tristan Alric a marqué également l’histoire du hockey français en étant le créateur de la Coupe Magnus et des divers trophées individuels. Avec un tel parcours, il est donc bien placé pour avoir une analyse pertinente sur notre sport favori. Le site Hockey Hebdo est donc heureux de lui permettre de s’exprimer régulièrement dans cette rubrique.
 
 

Tribune N°20

 
- AGENTS DE JOUEURS : UNE RÉGULATION S’IMPOSE ! -

Le hockey sur glace n’étant pas un sport majeur en France, ce n’est qu’en 2010 que la FFHG a attribué les deux premières licences officielles d’agents sportifs. Les pionniers furent l’ancien gardien de but Stéphane Baills et l’ex-attaquant international Jonathan Zwikel. Ayant suspendu depuis leurs activités dans le hockey pour se reconvertir professionnellement, (Stéphane est désormais régulateur des ambulances d’urgence du Samu et Jonathan tout en s'impliquant auprès du club de Marseille, travaille dans la restauration), ces derniers ont laissé cette fonction à un groupe assez restreint de nouveaux agents reconnus par la FFHG. D’autant que leur collègue Frédéric Wiart a également demandé un peu plus tard la suspension provisoire de sa licence d’agent.
Du coup, les plus actifs actuellement sur le « marché » sont l’ancien volleyeur de Tours Dragan Percevic, l’ex-gardien de but de Poitiers Dorian Auzou, le fils de l’ancien président du club d’Amiens François Quintard et plus récemment l’ex-international de Grenoble Philippe Treille.


Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en France, la profession d’agent de hockeyeurs relève plus du courage et du sacerdoce que du réel épanouissement ! En effet, après avoir évoqué ce sujet avec ces intermédiaires, le sentiment qui prédomine c’est leur manque de reconnaissance à la fois sociale et surtout pécuniaire. Il est vrai qu’en France, le petit monde du hockey sur glace se situe à des années-lumière de l’univers du football ou du rugby ! Les enjeux financiers sont beaucoup moins importants ce qui permet d’ailleurs un contact à priori plus accessible et plus simple avec les hockeyeurs.
 
Le revers de la médaille de ce système encore embryonnaire dans le hockey sur glace français, c’est la grande « volatilité » des joueurs qui font preuve, dans certains cas, de peu de fidélité et d’un manque de parole en prolongeant volontairement des tergiversations qui finissent par rompre le lien étroit établi avec les agents. Or, pour ces derniers, la confiance est primordiale. De plus, le travail sur le terrain est très chronophage et financièrement difficilement rentable. Lorsqu’un agent a payé ses impôts, ses charges fixes, ses nombreux frais de déplacements et ses factures de téléphone, il ne lui reste souvent que 600 ou 700 euros net par mois, et encore dans le meilleur des cas ! De plus, pour devenir agent, il faut investir au départ une somme d’argent non négligeable qui comprend le prix de la formation du tronc commun parfois par internet (750 euros), l’ouverture du dossier de candidature auprès de la FFHG (300 euros), puis l’obtention de la licence officielle (500 euros) sans oublier le financement des frais de déplacements lors de cette première démarche.   
 
Il faut savoir que la commission que touche un agent dans le hockey français peut aller règlementairement jusqu’à 10 % du salaire du joueur. Mais, en réalité, elle se situe en moyenne plutôt entre 5 et 7 %. Et encore, quand les joueurs n’oublient pas de régler ce qu’ils doivent ! En effet, les salaires étant modestes, les contentieux ne sont pas rares. Les agents ont souvent l’impression de devoir mendier et pleurer pour obtenir leur dû. Stéphane Baills m’a confié : « J’ai arrêté ce job car j’ai eu beaucoup trop de déceptions. Tout au long de ma carrière d’agent, j’ai eu une centaine de joueurs sous contrat. Seulement 5 % d’entre eux étaient vraiment réglos et honnêtes. Certains ont causé des problèmes car ils pensaient à tort qu’ils auraient plein de propositions. Or, il faut garder les pieds sur terre et se rendre compte que ce n’est que le hockey français ! Les clubs ne sont pas riches et l’argent va surtout aux renforts étrangers. »
 
D’autant que les agents de joueurs sont victimes en France d’une concurrence déloyale avec des présidents et des entraîneurs qui les « court-circuitent » parfois car ils peuvent démarcher directement. De toute évidence la FFHG devrait taper le poing sur la table et faire la police concernant surtout le comportement des agents étrangers qui sont beaucoup plus nombreux et exercent une forte concurrence, souvent déloyale, en outrepassant les règles. Dans le basket par exemple, la FFBB est beaucoup plus stricte et impose systématiquement une validation fédérale. Le malaise est d’autant plus ressenti fortement chez les agents du hockey français, qu’ils ont fait l’effort de passer un diplôme officiel acquis après une épreuve écrite dépendante du CNOSF et une autre épreuve imposée par la FFHG et qui coûte un investissement financier comme je l’ai détaillé plus haut.
 
Mais, face à des problèmes autrement plus importants et urgents à régler, la FFHG ne fait pas encore une priorité de la situation des agents de joueurs. Elle se contente de structurer l’essentiel et d’observer le phénomène. Tous les agents que j’ai contacté sont unanimes pour dire qu’il faudrait que la FFHG fasse un exemple car il n’y a pas de régulation dans ce domaine et c’est un peu un champ de bataille. Il est de notoriété que les clubs font travailler parfois des agents non licenciés. Or, les agents officiels de la FFHG sont tenus de remettre des rapports d’activités. On comprend donc leur malaise. La part de gâteau n’est pas très grande à partager en France, d’autant que nos hockeyeurs peuvent se passer d’agent tant qu’ils ne partent pas à l’étranger même si c’est un avantage incontestable pendant les négociations. 
 

 
 





 
 
 
Lieu : Média Sports LoisirsChroniqueur : Tristan Alric
Posté par Christian Simon le 04/12/2020 à 11:30
 
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