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Hockey sur glace - Tribune libre de Tristan Alric
Hockey sur glace - 27 / L’HISTOIRE DES NOMS DE NOS PATINOIRES
 
Depuis plus de quarante ans Tristan Alric a été l’acteur et le témoin privilégié de l’évolution du hockey sur glace en France. D’abord comme joueur puis comme arbitre. Ensuite, en devenant le journaliste spécialiste du hockey sur glace dans le quotidien sportif L’Equipe pendant plus de vingt ans. Auteur de nombreux livres et d’une récente encyclopédie qui font référence, Tristan Alric a marqué également l’histoire du hockey français en étant le créateur de la Coupe Magnus et des divers trophées individuels. Avec un tel parcours, il est donc bien placé pour avoir une analyse pertinente sur notre sport favori. Le site Hockey Hebdo est donc heureux de lui permettre de s’exprimer régulièrement dans cette rubrique.
 
 
Tribune N°27

 
-  L’HISTOIRE DES NOMS DE NOS PATINOIRES  -

En France, lors de la construction de nouvelles patinoires, les propriétaires essayent désormais de faire preuve d’imagination et d’originalité pour choisir des noms qui se démarquent et attirent l’attention. C’est ainsi que plusieurs patinoires récentes ont été baptisées avec des noms créés spécialement ayant un but subliminal rappelant le froid et la glace.
Il y a par exemple le « Iceparc » d’Angers, la « Aren’Ice » de Cergy, la « Alp’Aréna » de Gap, le « Polesud » de Grenoble, le « Rïnkla Stadium » de Brest (Rïnkla signifie glisser en breton), la « Ice Aréna » de Metz, le « Glisséo » de Cholet, le « Iceberg » de Strasbourg (nom également de la patinoire de Flixecourt), le « Glacéo » de Louviers, le « Blizz » de Rennes, la « Cité Glace » de Chalons, le « Valigloo » de Valenciennes, la « CityGlace » du Mans ou encore le « Patinium Ice » de Vannes.
 


Toutefois, d’autres patinoires portent des noms qui ne font pas forcément allusion au froid, mais plutôt à des références historiques, commerciales ou architecturales dans leurs appellations comme « Végapolis » à Montpellier, le « Coliseum » d’Amiens, la « Skoda Aréna » de Morzine, « Oceanis » à Saint-Nazaire, « L’archipel » de Castres, « Palais Omnisports Grand Est » à Marseille ou encore la « Ludi’bulle » de Saint-Martin-en-campagne.
Le choix historique qui semble le plus évocateur est celui de la patinoire d’Amiens car son nom fait volontairement référence au Colisée de Rome. Or, cet amphithéâtre célèbre de l’antiquité était utilisé à l’époque romaine pour des combats de gladiateurs, mais aussi pour organiser d’autres spectacles publics comme des combats d’animaux sauvages ou des reconstitutions de batailles célèbres.
 
Il faut noter cependant que dans une vingtaine de villes les patinoires sont éponymes. Autrement dit, elles portent le nom d’une personnalité locale ou nationale emblématique pour lui rendre hommage. C’est le cas de la patinoire « Elena Issatchenko » de Charleville-Mézières en souvenir d’une ancienne championne du monde de patinage artistique d'origine biélorusse qui officia longtemps dans la ville des Ardennes avant son décès en 2006.
A Chamonix, la patinoire porte également le nom « Richard Bozon » en mémoire à un célèbre guide de montagne qui a été emporté par une avalanche à la fin de l’année 1994 alors qu’il effectuait une sortie avec trois clients.
A Briançon, la patinoire porte le nom de « René Froget » car cet ancien président du club de hockey local fut arrêté par la gestapo et mourut en déportation en 1945 à l’âge de 52 ans. D’autres villes, comme Toulouse avec la patinoire « Jacques Raynaud » et Annecy avec la piste « Jean Régis », ont voulu honorer cette fois la mémoire de deux anciens adjoints aux sports locaux après leurs décès.
 
Concernant la ville de Dunkerque, sa nouvelle patinoire a conservé le nom de l’ancienne, à savoir « Michel Raffoux », en hommage à ce marin, ancien commandant de ferry, décédé en 1990, qui fut également le président emblématique du club de hockey local. Même chose à Courbevoie où la patinoire « Thierry Monier » perpétue le souvenir de cet ancien entraineur national des équipes de France juniors qui dirigea le club de hockey sur glace francilien pendant une durée record de plus de 30 ans.
On peut citer aussi la patinoire « Serge Charles » à Wasquehal qui rend hommage cette fois à son ancien maire après son décès en 1994. Quant à la patinoire « André Ravix » de Villard-de-Lans, elle porte le nom d’un ancien hockeyeur villardien qui fut également le maire de la commune de l’Isère.



Dans cette liste, on peut ajouter la patinoire « François Le Comte » à Evry du nom de l’ancien président de la section de patinage artistique, « Salvator Allende » à Fontenay en hommage à l’ancien président du Chili, « Sonja Henie » à Paris-Bercy du nom de la célèbre patineuse norvégienne et « Jacques Barot » à Reims du nom d’un ancien adjoint de la mairie très connu.
On remarquera qu’à Rouen, sa patinoire, qui est devenue le nouveau fief du hockey sur glace français, porte le nom de « Guy Boissière » un ancien entraîneur national de natation également coach des Vikings de Rouen, décédé en 2005, qui connut une grande notoriété au niveau international en s’occupant des célèbres nageurs français Michel Rousseau, Alain Mosconi et Stéphan Caron.
Quant à la patinoire de Nice, elle s’appelle « Jean Bouin » du nom de l’ancien coureur de fond qui fut une grande star du sport français avant la première guerre mondiale et qui est mort au combat dès le début du conflit en 1914. 
 
Mais la personnalité encore en vie dont le nom a été le plus honoré est celui du célèbre patineur artistique Philippe Candeloro, âgé de 49 ans, devenu commentateur régulier de sa discipline à la télévision, puisque trois patinoires françaises portent son nom : Colombes, Font-Romeu et Valloire. Deux de ses prédécesseurs dans la même discipline, Alain Calmat (81 ans) et Jean-Christophe Simond (61 ans), ont donné eux aussi leurs noms de leur vivant, respectivement à la patinoire de Romorantin et à celle de la station des Contamines-Montjoie.
A noter une particularité : si la patinoire de Gap s’appelle désormais « Alp’Aréna », les noms de Roger Brown et de Jean Ferrand, deux anciens présidents du hockey local disparus, ont été cependant conservés dans la nomination complète de cette piste. C’est pour cette raison que sur les panneaux indicateurs de la patinoire et sur l’inscription qui se trouve au-dessus du toit de la patinoire est marquée également en sous-titre la mention « Stade de glace Brown Ferrand ».
 
Par ailleurs, plusieurs villes ont choisi de baptiser leurs patinoires en utilisant tout simplement le nom du quartier, de la rue ou de l’emplacement spécifique dans lequel se trouve située la patinoire comme « Albert 1er » à Reims, « Des Lacs » à Viry-Châtillon, « Poissompré » à Epinal, « Baron » à Orléans, « Petit Port » à Nantes, « Polygone » à Valence, « La Forge » à Châtellerault, « La Garde » à Toulon, « Mériadeck » à Bordeaux, « La Fayette » à Besançon, « Buisson Rond » à Chambéry, « Courtilles » à Asnières, « Feugrais » à Cléon, « Espace 3000 » à Cognac, « Mercières » à Compiègne, « Forum » à Courchevel, « La Cartonnerie » à Dammarie, « Trimolet » à Dijon, « Scorff » à Lanester, « Le Dôme » à Laon, « Charlemagne » et « Baraban » à Lyon, « Espace de Liberté » à Narbonne, « La Grande Ourse » à Orcières-Merlette et enfin des « 3 Seine » à Troyes.
 
Pour conclure cette revue d’effectif très hétéroclite, je tiens à dire que je regrette personnellement que la ville de Grenoble, qui est devenue une place forte du hockey sur glace français grâce au légendaire entraîneur canadien Pete Laliberté, n’ait pas voulu baptiser sa nouvelle patinoire avec son nom lors de son ouverture en 2001. Pourtant, il est de notoriété publique que le célèbre « Pete » a été incontestablement l’animateur sportif le plus populaire et le plus admiré de la ville de l’Isère dans les années 1960. C’est grâce à lui si le hockey sur glace est devenu un grand événement local qui a déplacé un public considérable. Malgré plusieurs demandes évidentes pour honorer sa mémoire, son nom si évocateur dans la mémoire sportive des grenoblois n’a pas été retenu lors de la construction de la nouvelle patinoire et les élus locaux ont préféré faire le choix plus impersonnel de « Polesud » sous prétexte qu'il s'agissait d'un financement collectif de toute l'agglomération.
 

Le plus navrant, c’est que même l’ancienne patinoire de Grenoble, qui était située sur le boulevard Clémenceau, reconvertie désormais en salle omnisports (Volley, Escrime, Hand), n’a pas été baptisée « Espace Laliberté » comme le souhaitaient au moins de nombreux anciens joueurs et dirigeants ! Ce fut notamment le cas de l’ancien hockeyeur et dirigeant Jimmy Biguet qui est intervenu directement et à plusieurs reprises, malheureusement sans succès, auprès du responsable des sports de la mairie de Grenoble. Du coup, l’ancienne piste de glace, qui a connu tant de soirées de hockey mémorables grâce à Pete Laliberté, a été rebaptisée officiellement la « Halle Clémenceau » depuis 2001. 
 
Enfin, j’ajoute que l’ancien président de la Ligue Nationale des Arbitres Français de hockey (LNAF), André Catelin, avait également lancé de son côté une pétition et s’est battu dans la région parisienne pour que la patinoire de Boulogne-Billancourt, qui n’a pas d’appellation officielle, soit baptisée du nom de Jacques Lacarrière, le père fondateur de notre sport, ancien directeur de la « Fédérale » et son créateur. Pourtant, une fois de plus, cette demande très légitime n’a pas abouti. Car si l’ancien maire Jean-Pierre Fourcade avait accepté cette proposition avant les élections municipales, ce dernier ayant été battu, le projet fut abandonné par son successeur Pierre-Mathieu Duhamel (en fonction seulement entre 2007 et 2008) et il n’a jamais été évoqué par son remplaçant Pierre-Christophe Baguet qui est toujours le maire actuellement.
 
Même les dirigeants du grand club omnisports de Boulogne-Billancourt (ACBB qui regroupe toutes les disciplines) n’ont pas répondu favorablement pour l’instant à une autre demande formulée cette fois par l’ancien hockeyeur Didier Provost et ses amis pour que le vestiaire de l’équipe première de hockey soit baptisé désormais avec le nom d’un autre ancien président de l’ACBB très méritant, Jean Tarenberque, qui a pourtant tant œuvré également pour son club de hockey au point d’avoir été élu lui aussi au Temple de la Renommée de la FFHG…
 

 
 
 
 
Lieu : Média Sports LoisirsChroniqueur : Tristan Alric
Posté par Christian Simon le 12/03/2021 à 11:30
 
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