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Hockey sur glace - Ligue Magnus
MARSEILLE A DÉJÀ MARQUÉ L’HISTOIRE DE LA LIGUE MAGNUS !
 
Pour leur première participation en senior élite les Spartiates ont créé un grand événement sportif national. Tristan Alric, créateur de la Coupe Magnus, explique les performances marquantes de l’équipe de hockey sur glace phocéenne cette saison.
 
Media Sports Loisirs, Hockey Hebdo Tristan Alric le 28/03/2024 à 11:00
Tribune N°85

 
 
MARSEILLE A DÉJÀ MARQUÉ L’HISTOIRE DE LA LIGUE MAGNUS !



La première saison des Spartiates de Marseille dans la Synerglace Ligue Magnus s’est terminée sur une note cruelle. Les hockeyeurs de la cité phocéenne n’ont toutefois pas à rougir de s’être inclinés d’extrême justesse lors du septième et ultime match des quarts de finale disputé à Bordeaux avec un suspense qui fut insoutenable dans la patinoire de Mériadeck (défaite 2-1 après prolongation).
Comme le titrait fort justement l’hebdomadaire Le Journal Du Dimanche à la fin du mois de janvier, l’arrivée cette saison du hockey sur glace professionnel dans le grand port méditerranéen est bien « Tout sauf une galéjade marseillaise ». Dans cet article qui s’étalait sur une page entière (chose rare pour le hockey sur glace), le journaliste Jean-François Pérès résumait ainsi cette singularité dans le sud de la France : « Fruits de la passion et d’un concours de circonstances, les Spartiates rallient la ville de l’OM à la crosse et au palet. »

 
MARSEILLE SÉDUITE PAR LE HOCKEY SUR GLACE


En effet, en seulement six mois, j’ai assisté comme je m’y attendait à la naissance d’un nouveau phénomène remarquable dans l’histoire du hockey sur glace français. Alors que de nombreux sceptiques disaient avec un humour caustique que la glace à Marseille « c’est uniquement bon pour mettre dans le pastis », il faut se rendre à l’évidence : notre discipline n’est plus désormais un sport exotique dans la deuxième ville de France mais bien une nouvelle attraction sportive de premier plan ! De toute évidence, c’est désormais un sport devenu familier qui anime également les discussions de comptoirs au bord de la méditerranée.

Pour s’en convaincre, il faut tenir compte de la tradition locale, la fameuse « fierté marseillaise » et le sang chaud d’une population jeune très métissée et encore néophyte qui vient de chavirer d’excitation devant un nouveau sport d’équipe qui a tout pour les séduire. Des duels à crosses tirées très rapides à la fois intenses et « sans filtre » avec finalement peu d’arrêts de jeu qui ne cessent d’électriser les nouveaux fans de la région car ils ne s’ennuient jamais dans le chaudron devenu bouillant de la Capelette.




Le défenseur Louis Cirgues et l’attaquant Lucas Colombin ont été à l’image de tous leurs partenaires de l’équipe de Marseille, deux jeunes internationaux enthousiastes et très complices d’autant
qu’ils sont arrivés ensemble du club de Gap.


Il faut rappeler qu’avec une moyenne impressionnante de 4032 spectateurs, les Spartiates ont attiré dans la patinoire du POMGE (acronyme de Palais Omnisports Marseille Grand Est) autant de monde que les Brûleurs de Loups de Grenoble qui sont pourtant depuis plusieurs décennies les leaders incontestés avec les Dragons de Rouen. Certaines rencontres disputées à Marseille cette saison se sont même jouées à guichets fermés avec un record de 5500 spectateurs notamment contre Rouen, Gap et Nice, trois duels incandescents qui se sont achevés dans une ambiance indescriptible pas trois victoires retentissantes des hockeyeurs marseillais ! La plus grande patinoire de notre championnat risque bien de devenir encore une fois un piège et un cauchemar dans l’avenir pour les équipes adverses.

Malgré un recrutement tardif les Spartiates, qui s’étaient classés seulement onzième en Division 1 avant leur repêchage imprévu, ont réussi la performance, dès leur promotion dans la Ligue Magnus, de remporter contre toutes attentes au total 23 victoires en 44 matches pendant la saison régulière. De plus, ils sont parvenus à battre toutes les grosses pointures de notre élite nationale au moins une fois comme ce fut le cas contre Rouen (4-3), Grenoble (3-2), Bordeaux (3-2 et 5-2) ainsi que Cergy-Pontoise (2-0). Mais les Marseillais sont également venus à bout à plusieurs reprises cette fois d’Amiens (3-1, 6-1, 3-1), Gap (4-0, 2-1, 3-2), Anglet (3-2, 2-1, 4-0, 2-1), Briançon (5-1, 4-2, 4-3), Nice (6-3, 4-0, 7-0) ou encore Chamonix (3-1 et 2-1).
Bref, en terminant à une brillante cinquième place du classement général de la Ligue Magnus sur un total de douze équipes, le club de Marseille a déjà annoncé la couleur pour les futures saisons. Attention les Spartiates vont devenir des guerriers encore plus redoutables ! Car si Marseille est la 38e ville française à participer désormais à notre championnat senior élite depuis sa création en 1906, elle n’a pas l’intention de faire juste une apparition éphémère dans la Ligue Magnus comme ce fut le cas de nombreux clubs de l’hexagone qui ont ensuite disparu ou sont retournés dans les divisions inférieures moins exigeantes financièrement.

 
UN RECORD DE TROPHÉES EN LIGUE MAGNUS


Comment ne pas souligner également l’autre performance exceptionnelle du club de Marseille qui, à l’issue de sa première saison professionnelle, a remporté au total quatre trophées décernés dans la Ligue Magnus ! Lors d’une cérémonie qui s’est déroulée à Paris au début du mois de mars, les Spartiates se sont vus décerner celui du meilleur gardien avec Marek Ciliak, celui du meilleur entraîneur avec Luc Tardif, celui de l’engagement citoyen avec le nettoyage des calanques (grâce au ramassage de déchets en coopération avec « Clean My Calanques ») et celui de l’innovation marketing avec les affiches du match du jour « GAMEDAY » réalisées par Frédéric Casadepax, alias Basile Bilo, qui est le graphiste des Spartiates de Marseille depuis le début de la saison en Ligue Magnus.

 

Dès son arrivée dans la Ligue Magnus, le club de Marseille a marqué les esprits en remportant au total quatre trophées à la fin de la saison régulière du championnat. Un évènement inattendu  qui le fait entrer dans la cour des grands.

 
Alors oui, la « Spartiatemania » n’en finit plus de s’installer dans la cité phocéenne. A tel point que l’idée ambitieuse d’organiser un « Winter Game » a été partagée sur les réseaux sociaux. Dans le journal La Provence, Gaël Biraud a publié un article intitulé : « Les Spartiates de Marseille au stade Vélodrome, rêve ou réalité ? ».
D’après ce dernier le club de hockey envisagerait de délocaliser la saison prochaine un de ses matches dans le temple de l’OM selon une indiscrétion du Journal du Dimanche.
En fait cette possibilité n’a pas été étudiée sérieusement par les dirigeants du club même si un match des spartiates au stade vélodrome pourrait certes battre le record d’affluence en France qui est toujours détenu par le Winter Game organisé en 2016 à Lyon contre Grenoble qui avait attiré 25 000 spectateurs. Mais le coût important de ce genre de manifestation, évalué à environ 700 000 euros, a vite refroidi les ardeurs pour organiser rapidement ce genre d’événement. On y songe mais pour plus tard.
Le président du club de Marseille Eric Lagache reste plus pragmatique et modeste en déclarant récemment dans la presse locale : « Mon prochain rêve, c’est d’emmener 10 000 supporters marseillais à Paris Bercy pour la finale de la Coupe de France. » Vu l’engouement que suscite désormais le hockey sur glace au pied de la « Bonne Mère » ce défi ambitieux ne semble pas irréaliste !

 
OBJECTIF MONTER ENCORE EN PUISSANCE


Luc Tardif manager général des Spartiates : « Notre but prioritaire en début de saison était le maintien dans la Ligue Magnus. Ce n’était pas juste une posture ! On savait à quoi s’attendre en arrivant au tout dernier moment dans la ligue Magnus sans réelle préparation. Notre force, ce fut avant tout l’état d’esprit très positif qui s’est installé dès le début du championnat dans un groupe pourtant quasi tout neuf. Nous étions à la recherche de leaders que nous avons recruté tels que Teddy Da Costa, Fabien Colotti et Gennadi Stolyarov. Leur rôle a été déterminant. Je me suis basé aussi sur une défensive solide avec devant elle un bon gardien comme Marek Ciliak. En attaque, les jeunes comme Lucas Colombin, Nicolas Ruel ou Paul Siraudin nous ont donné également de la vélocité. Ce qui nous a beaucoup aidé aussi ce sont les victoires que nous avons remportées dès le début de la saison pendant le mois de septembre contre Gap, Bordeaux, Cergy-Pontoise et Anglet. Puis, au mois d’octobre, nos autres succès contre Briançon et Amiens. Ils nous ont donné vraiment confiance. Ces réussites nous ont servi de tremplin pour la suite. Espérons continuer sur notre lancée la saison prochaine, mais on verra en fonction du budget. »

 

Le président de l’IIHF Luc Tardif et son épouse Dalila peuvent être fiers de Jonathan Zwikel et de son frère Luc Tardif qui ont réussi ensemble à diriger avec brio le club de Marseille après avoir remporté la Coupe Magnus
avec Rouen en 2010 et 2011.


 
Jonathan Zwikel directeur général des Spartiates : « Avant le coup d’envoi de la saison, souvenez-vous, les observateurs étaient dubitatifs et on nous annonçait à la onzième place de la Ligue Magnus à cause de notre repêchage au dernier moment. Alors, finir contre toute attente à la cinquième place du classement général est une très grande satisfaction ! On a réussi sur tous les plans, que ce soit avec un impact populaire incroyable dans notre patinoire et avec des résultats sportifs plus qu’honorables. C’était vraiment inespéré ! Avec le recul, nous avons pris une bonne décision de monter dans l’élite nationale sans précipitation avec le président Eric Lagache car après notre repêchage, on s’est mis volontairement dans une bulle pour avancer avec beaucoup de concentration et de motivation. Maintenant, tout le monde me dit qu’il est toujours difficile de confirmer pendant la deuxième saison. C’est donc de façon à nouveau méthodique que nous allons nous remettre au travail avec le défi pas évident d’augmenter si possible notre trésorerie. Cette saison, nous avions un budget prévisionnel de 1,6 million d’euros, mais je pense que nous allons atterrir à la fin du bilan comptable avec1,9 million. »

 
UN PRÉSIDENT QUI SAIT CE QU’IL VEUT



Au mois d’octobre 2023, lors d’une interview réalisée par Eric Breton publiée par le journal La Provence, le président des Spartiates Eric Lagache résumait son rôle à la tête du club de Marseille avec une phrase très explicite qui fut le titre de l’article et qui résume tout : « Je suis le gardien du raisonnable ». En effet, ce dernier, âgé de 64 ans, est certes un chef d’entreprise dirigeant l’important groupe Kinobe à la fois importateur, distributeur, mûrisseur et conditionneur de fruits tropicaux ainsi que de contre-saison. Il a donc un poids économique conséquent mais son PDG compte bien continuer à gérer son club de hockey sur glace professionnel de façon raisonnable en évitant une surenchère mortifère qui fut déjà fatale par le passé à plusieurs clubs français comme Mulhouse, Epinal ou Lyon par exemple.


De tout évidence son arrivée récente dans notre discipline ne l’empêche pas de connaître ses vicissitudes et de rester réaliste. Pour l’anecdote, c’est un cousin d’Eric Lagache qui a vécu longtemps en Suisse avant de venir prendre sa retraite à Marseille, qui lui a donné involontairement le virus du hockey sur glace.
« Mon cousin s’est fait masser par un kiné qui n’était autre que celui du club, raconte Eric Lagache. Mon cousin lui a dit que je cherchais à être sponsor dans un club. J’ai donc rencontré Jonathan Zwikel avec son frère Luc Tardif et ce fut entre-nous un coup de foudre relationnel immédiat. »
Si la plupart des présidents sont des parents de joueurs, Eric Lagache fut d’abord simplement le sponsor maillot. Un équipement très visible lors des matches avec le nom de son entreprise qu’il ne veut surtout pas dévaloriser mais au contraire rendre emblématique lors des prochaines saisons de la Ligue Magnus.


Eric Lagache président des Spartiates : « En toute humilité, lors du septième match des quarts à Bordeaux, à trois minutes près, nous aurions pu être qualifiés en demi-finale ! La saison prochaine notre objectif naturel sera donc de disputer à nouveau les play-offs, mais de revendiquer aussi la capacité de surprendre comme le fait Cergy-Pontoise actuellement. Il est important de continuer à construire notre équipe de Marseille en termes de recrutement. A minima, nous aurons le même budget qui s’approche des deux millions d’euros. Il faut augmenter la qualité du groupe tout en gardant un noyau dur. On va donc chercher des nouveaux joueurs mais avec une condition, celle de garder la très bonne ambiance qui règne chez nous. Concernant le management, ma volonté c’est d’être vertical uniquement quand c’est nécessaire. Tout le monde doit continuer à tirer dans le même sens. J’ajoute que nous sommes très fiers de nos résultats pour une première saison dans la Ligue Magnus. A côté du grand club de l’OM intramuros, il est difficile d’exister ! Or, le hockey sur glace est à présent le deuxième sport à Marseille en matière de popularité et de fréquentation, juste derrière le foot et devant le water-polo qui est également un très bon club national. »

 
 

COMPOSITION DE L’ÉQUIPE DE MARSEILLE 2023-2024


Gardiens de but : Marek Ciliak (Slovaquie) et Florian Gourdin (Marseille).

Défenseurs : Maurice Zwikel (Gap), Louis Cirgues (Gap), Tyler Rockwell (Etats-Unis), Roberts Kalkis (Finlande), Colin Morillon (Marseille), Guillaume Roussel (Amiens), Sasha Dijgaouri (Chambéry), Tommy Parran (Etats-Unis).

Attaquants : Teddy Da Costa (Pologne), Gennadi Stolyarov (Russie), Fabien Colotti (Bordeaux), Martin Kadlec (République tchèque), Patrik Machac (République tchèque), Bryan Ten Braak (Mulhouse), Nicolas Ruel (Amiens), Lucas Colombin (Gap), Maxence Leroux (Marseille), Filip Dvorak (République tchèque), Jan Dufek (République tchèque), Paul Siraudin (Chambéry), Aurélien serres (Gap), David Aslin (Suède).

 




Depuis plus de quarante ans Tristan Alric a été l’acteur et le témoin privilégié de l’évolution du hockey sur glace en France. D’abord comme joueur puis comme arbitre. Ensuite, en devenant le journaliste spécialiste du hockey sur glace dans le quotidien sportif L’Equipe pendant plus de vingt ans. Auteur de nombreux livres et d’une récente encyclopédie qui font référence, Tristan Alric a marqué également l’histoire du hockey français en étant le créateur de la Coupe Magnus et des divers trophées individuels. Avec un tel parcours, il est donc bien placé pour avoir une analyse pertinente sur notre sport favori. Le site Hockey Hebdo est donc heureux de lui permettre de s’exprimer régulièrement dans cette rubrique.
 
 

 
 
 
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Réactions sur l'article
 
teuf13 a écritle 28/03/2024 à 15:52  
Merci pour cette tribune M. Alric, La saison magnifique des spartiates méritait bien un article!
Fidèle parmi les fidèles depuis la D3, je préfère aujourd'hui faire table rase du passé qui a été assez chaotique et la montée en ligue Magnus loin d'être une sinécure! Ainsi je vais rajouter un bémol et des nuances , pour commencer il va falloir au moins confirmer les bons résultats de cette saison en championnat , ne pas se tromper dans le recrutement et c'est loin d'être simple et utiliser à bon escient le budget du club.
En ce qui concerne le sportif , nous avons eu des bons résultats toujours en championnat en D3 ; D2; D1; parfois cela a été très mauvais , toutefois nous avons eu des éliminations précoces en coupe ou en play-offs , ces domaines restent donc perfectibles , des progrès sont nécessaire si un jour nous voulons gagner le graal. Allez les spartiates!!
 
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