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Hockey sur glace - Tribune libre de Tristan Alric
Hockey sur glace - 89 / LE PLUS GRAND EXPLOIT TRICOLORE A 100 ANS !
 
Il y a tout juste un siècle, le hockey sur glace français remportait son unique titre international majeur. Tristan Alric, créateur de la Coupe Magnus, rappelle la dimension historique de cette grande performance malheureusement oubliée.
 
 

Tribune N°89

 
 
LE PLUS GRAND EXPLOIT TRICOLORE A 100 ANS !


Puisque l’équipe de France masculine dispute actuellement les championnats du monde organisés à Ostrava en République tchèque, avec comme objectif principal de pouvoir se maintenir (une fois de plus) dans l’élite planétaire, il me semble qu’un retour historique s’impose pour essayer de garder un esprit positif. En effet, je profite de cette occasion pour rappeler l’anniversaire d’un heureux événement retentissant qui fut réalisé il y a tout juste 100 ans par nos anciens hockeyeurs tricolores mais qui est malheureusement tombé dans l’oubli.
Le journal L’Equipe a déjà évoqué très succinctement cet épisode mémorable en publiant en 2015 un palmarès encore totalement inédit. Ce classement, qui avait pour ambition de couvrir un siècle de compétition, a démontré que notre absence de mémoire était vraiment injuste. En effet, je vais évoquer la première place très justifiée de ce palmarès qui concernait les dix plus grands exploits réalisés par le hockey sur glace français depuis son apparition sur la scène internationale au début du siècle dernier. L’attribution de la première marche du podium est intéressante car dans ce « Top 10 » original, le quotidien sportif national a tenté d’établir une hiérarchie des diverses performances historiques les plus marquantes qui ont été réussies par le hockey sur glace français au fil des décennies.

 
UN PALMARÈS TRÈS ÉCLECTIQUE


Dans ce palmarès, on trouve en dixième position le nom de Philippe Bozon premier joueur français à avoir pu évoluer dans la NHL avec les Blues de Saint-Louis en 1992. En neuvième position, c’est la série de trois victoires successives remportée par le club de l’ACBB dans le tournoi international de la Coupe Spengler (1959, 1960, 1961). En effet, il faut savoir que ce célèbre tournoi international, qui se déroule à Davos en Suisse depuis presque un siècle entre Noël et le jour de l’an, est la deuxième plus ancienne compétition planétaire de hockey sur glace après la Coupe Stanley.
On trouve ensuite à la huitième place le nom du club de Rouen vainqueur de la « superfinale » de la Coupe Continentale en 2012 organisée à domicile sur la patinoire de l’Île Lacroix. En septième position le nom de Cristobal Huet est mentionné car il fut le premier français à avoir réussi l’exploit de remporter la Coupe Stanley avec les Blackhawks de Chicago en 2010.
Le club de Rouen trusta encore la sixième et la cinquième place dans ce classement avec ses deux autres victoires retentissantes : celle de 1992 en battant Malmö futur champion d’Europe (4-3) et celle de 1991 en battant Djurgardens champion suédois en titre (3-2).
En quatrième position se trouvait mentionnée la victoire de la France face au Canada (3-2) double champion olympique, dès le coup d’envoi du Mondial à Minsk en 2014. La troisième place du podium revint à la victoire retentissante de la France face à la Russie (2-1) double championne en titre lors du Mondial à Helsinki en 2013.
Quant à la seconde place, elle fut attribuée une fois de plus à Cristobal Huet qui devint en 2007 le premier français sélectionné dans le All-Star Game de la NHL.


La victoire de l’équipe de France contre le Canada en 1995, lors du Mondial en Suède, aurait peut-être mérité d’être citée dans le Top 10 au même titre que celle obtenue en 2014 toujours contre le Canada lors du Mondial en Biélorussie.

 
UNE PREMIÈRE PLACE INCONTESTABLE


Je reconnais que pour établir une hiérarchie d’un palmarès aussi particulier le choix n’était pas facile ! Surtout que les spécialistes du hockey sur glace français ayant une grande connaissance historique sont malheureusement plutôt rares dans notre pays. Personnellement, j’aurais sans doute mis la série des trois victoires consécutives obtenues par le club de l’ACBB dans la Coupe Spengler, beaucoup plus haut dans ce classement tout comme la Coupe Stanley remportée par Cristobal Huet qui fut un événement considérable encore unique à ce jour.
La victoire de la France face au Canada (4-1) lors du Mondial de Stockholm en 1995 (voir mon article de l’époque ci-dessus) méritait peut-être également d’être évoquée dans ce palmarès. Mais je reconnais que le débat reste ouvert car tous ces événements sont très différents et restent à l’appréciation de chacun.


L'INCROYABLE EXPLOIT DE 1924


Toutefois, il y a neuf ans, j’ai réussi à convaincre sans difficulté mes anciens collègues et amis du journal L’Equipe d’attribuer au moins sans discussion la première place de ce « Top 10 » à ce qui représente à mes yeux l’exploit le plus retentissant réussi jusqu’à ce jour par l’équipe de France de hockey sur glace. Je veux parler de sa victoire mémorable lors des 8ème Championnats d’Europe de 1924 organisés à Milan en Italie.
Si cette performance revêt à mes yeux autant d’importance, c’est qu’il faut rappeler qu’à cette époque les Championnats du monde ne furent organisés pour la première fois en dehors des Jeux olympiques qu’à partir de 1930 seulement. Ainsi donc, en 1924, l’équipe de France a réussi l’exploit de remporter l’unique titre international qui fut considéré à l’époque comme l’un des plus prestigieux dans le hockey sur glace international, un nouveau sport qui réunissait encore presque seulement quelques pays dans le vieux continent. C’est pour cette raison que la FFHG a décidé en 2013 de marquer le coup en élisant à l’unanimité l’équipe de France de 1924 au Temple de la Renommée dans la promotion réservée aux « Bâtisseurs » du hockey sur glace français.
 



UN EXPLOIT RETENTISSANT


Les Championnats d'Europe de hockey sur glace de 1924 étaient la huitième édition de cette compétition organisée par l’ancienne « Ligue internationale de hockey sur glace » qui deviendra un peu plus tard l’IIHF. Ce tournoi européen fête donc cette année ses cent ans d’existence puisqu’il se déroula du 14 au 16 mars 1924 à Milan en Italie où tous les matches eurent lieu dans le « Palazzon di Ghiaccio ».
Six nations seulement se sont disputé à l’époque le titre très convoité de champion d'Europe, un mois seulement après le déroulement des premiers Jeux olympiques organisés dans la station française de Chamonix. Ce fut à cette occasion la première participation de l'Espagne ainsi que celle de l'Italie qui organisa le tournoi. Pour la première fois la formule « poule puis finale » fut également mise en place. À l'issue du premier tour les deux premiers pays des poules A et B se rencontrèrent donc en finale des Championnats d’Europe pour déterminer le vainqueur.

Pour l’anecdote, l’équipe de France était formée à l’époque par seulement neuf joueurs avec comme gardien de but le légendaire Robert George du club des Sports d'hiver de Paris. Comme joueurs de champs, il y avait cinq joueurs du Chamonix Hockey Club : André Charlet, Raoul Couvert, Albert Hassler, Léon Quaglia et Joseph Monnard. Le Club des Sports d'Hiver de Paris était représenté également par Pierre Charpentier, Hubert Grunwald et Alfred de Rauch.
Lors de ce fameux tournoi, les Espagnols arrivèrent au premier match avec seulement cinq joueurs car ils comptaient deux blessés dans leurs rangs. Très fair-play la Suisse consentit à jouer avec seulement cinq joueurs pour équilibrer les forces en présence et la Suède se déclara prête à faire de même ! L’historien Marc Branchu raconte : « Craignant de prendre un carton, les Madrilènes préfèrent déclarer forfait pour ce second match. Cette première apparition internationale de haut niveau était sans doute prématurée pour eux. »

 
UN GARDIEN FRANÇAIS RÉVOLUTIONNAIRE !


Mais revenons à l’équipe de France où la présence de l’ingénieux Robert George ne passa pas inaperçue à cause d’un détail concernant son équipement. En effet, notre gardien de but, qui avait une imagination débordante, disputa ce tournoi avec des nouvelles protections élargies qu’il avait lui-même confectionné en copiant ce qui se faisait déjà au Canada. Le Français utilisa deux jambières complètement plates qui n’avaient pas encore traversé l’Atlantique. Ces protections très larges lui donnèrent un avantage incontestable ce qui obligea d’ailleurs la Ligue internationale à édicter après ces championnats d’Europe un nouveau règlement pour réduire les dimensions. 
En attendant, l’effet de surprise et l’efficacité redoutable du gardien tricolore firent beaucoup jaser lors de ce tournoi car ce ne fut pas du goût de tout le monde. Notamment de ses adversaires puisque le règlement qui dut être imposé juste après ce fameux tournoi disait en des termes aujourd’hui désuets : « Les guêtres du gardien de but étant essentiellement des instruments de protection de la jambe, et non pas des moyens de défense de goal, elles devront entourer la jambe et non pas se trouver devant elles comme des écrans plats. Elles ne pourront représenter ensemble plus de 50 centimètres de la largeur du goal lorsque les jambes du gardien sont jointes. »

 
NOTRE CAPITAINE MEILLEUR BUTEUR


Prétendre que la victoire retentissante de la France à Milan ne fut obtenue que grâce à un équipement encore trop avantageux de son gardien serait cependant très injuste. Car la sélection tricolore prouva sur la glace qu’elle possédait à l’époque dans ses rangs des hockeyeurs très talentueux à l’image de son capitaine, Alfred de Rauch, surnommé familièrement « Didi », puisque ce dernier fut le meilleur buteur de ces Championnats d’Europe avec un total de 7 buts. Né en Russie, puisque Varsovie, sa ville natale, était alors en territoire soviétique, « Didi » a été une force motrice du Club des Patineurs de Paris et leur capitaine pendant près de vingt ans. C’était un joueur très intelligent qui était en avance sur son temps. Incontestablement un très bon tacticien.
A son sujet Marc Branchu raconte : « Alfred De Rauch avait été formé par Baxter Quigg, un canadien de Montréal, qui avait joué pour le Racing Club de Paris. Ce dernier avait appris à Alfred De Rauch, toutes les astuces du hockey et il avait été son mentor pendant la courte période que le renfort canadien effectua à Paris. Comme Jean Lacorne qui fut également international de hockey, Alfred De Rauch était aussi un bon joueur de rugby mais c’est quand même le hockey qui avait sa préférence. »

Ainsi donc, après Léon Quaglia l’année précédente à Anvers, c’était la deuxième fois de suite qu’un hockeyeur français remportait le titre de meilleur marqueur. Les Français ayant éliminé dans un premier temps dans la poule B les Belges (3-0) puis les Italiens (12-0), c’est le capitaine Alfred de Rauch qui ouvrit le score pour l’équipe de France en finale du tournoi européen contre la Suède grâce à une belle passe d’Albert Hassler. L’autre attaquant vedette de Chamonix, Léon Quaglia, fit passer ensuite l’avantage à 2-0 sur une assistance de son capitaine parisien avant que les Suédois ne réduisent le score lors de la deuxième mi-temps grâce à Gunnar Galin.
Le suspense était alors à son comble dans le « Palazzon di Ghiaccio », autrement dit en français le Palais de glace de Milan dans lequel se trouvaient de nombreux supporters de Chamonix qui avaient effectué le déplacement. En effet, ces derniers, qui étaient des voisins géographiquement, avaient été séduits par le récent tournoi olympique de hockey sur glace lors des JO organisés dans la station française de Haute-Savoie.

Comme à cette époque le poste d’entraîneur national n’existait pas encore, le rôle du tacticien revenait de fait au capitaine de l’équipe de France qui était très respecté par tous ses coéquipiers. D’autant que Alfred de Rauch avait fait partie avant la première guerre mondiale de l’ancien Club des Patineurs de Paris tout comme le défenseur Pierre Charpentier qui était également présent à Milan. La grande expérience de « Didi » faisait donc autorité. Lors de cette fameuse finale une anecdote amusante prouva d’ailleurs l’ascendant qu’Alfred de Rauch avait sur ses jeunes camarades.
En effet, comme le raconte Marc Branchu « la France menant 2-0 à la mi-temps (les trois périodes n’existaient pas encore), il comprit que la seule tactique pour battre la Suède était de jouer défensif à tout prix. Il fallait tenir le plus longtemps possible jusqu’au coup de sifflet en ne prenant plus aucun risque et en utilisant les meilleurs éléments de l’équipe tricolore. Or, Albert Hassler, qui était déjà la grande vedette française en attaque, s’était beaucoup dépensé lors de la première période. »

Le Haut-savoyard comptait donc se reposer un peu avec le sentiment du devoir accompli. Pour éviter que « Béber » ne quitte le jeu et que son absence ne mette à mal le jeu défensif de l’équipe de France, Alfred de Rauch demanda discrètement à son remplaçant éventuel, le petit arrière de Chamonix Joseph Monnard, d’aller dans les gradins se cacher parmi les spectateurs... Grâce à cette astuce machiavélique, Albert Hassler, qui chercha en vain à plusieurs reprises des yeux son camarade, fut contraint de rester sur la glace jusqu’à la fin du match ce qui permit à la France de remporter les Championnats d’Europe… Le trophée récompensant les vainqueurs fut remis aux hockeyeurs français par le nouveau président de la Ligue internationale (depuis deux ans), le Belge Paul Loicq, qui connaissait bien nos représentants.
En effet il était notamment très ami avec Léon Quaglia et Albert Hassler pour les avoir affronté sur les pistes de patinage de vitesse. De plus, il avait également joué souvent contre eux lorsqu’il était lui-même membre de l’équipe belge de hockey. On vit longtemps au bord des patinoires la silhouette élégante de cet avocat et homme d’affaire brillant, arborant toujours un nœud papillon sur le col relevé de sa chemise, puisque Paul Loicq continua à arbitrer et il resta à la tête de la Ligue internationale pendant vingt-six ans.

Légende de la photo : Deux ans avant sa disparition en 1992, Tristan Alric a pu rencontrer pour la première fois
à Chamonix le légendaire ancien tricolore Albert Hassler.
 

LE SUCCÈS FRANÇAIS FIT DU BRUIT EN SUÈDE


Cette victoire des hockeyeurs français ne fit malheureusement que quatre lignes à l’époque dans le journal sportif français L’Auto (l’ancêtre de L’Equipe) car le hockey sur glace, qui était pratiqué par une poignée d’adeptes seulement, vivotait plus ou moins dans un anonymat presque total. D’autant que la grande époque du Vel’d’Hiv, qui sera surnommée « les années folles du hockey », ne débuta que sept ans plus tard en 1931 à Paris.
En revanche en Suède, le succès inattendu des hockeyeurs tricolores fut largement évoqué dans la presse et les commentaires furent souvent très critiques envers nos représentants avec une mauvaise foi évidente. C’est ainsi qu’un caricaturiste scandinave résuma la défaite des Suédois en publiant un dessin humoristique qui représentait le gardien français Robert George avec sa tête qui était coincée et dépassait à peine au milieu de deux énormes jambières…
C’était oublier un peu vite que l’année précédente à Anvers, l’équipe de France avait déjà réussi une très belle performance lors de sa première apparition dans les Championnats d’Europe en restant invaincue avant de s’incliner en finale contre la même Suède sur un score très serré (3-4) et sans l’aide cette fois des fameuses jambières révolutionnaires de son gardien !

 
FÉLICITATIONS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE !


Qu’importe, ce titre européen remporté à Milan, qui reste un exploit unique dans les annales, fut, on l’imagine, dignement fêté par les neuf hockeyeurs français médaillés d’or qui retournèrent dans la vallée de Chamonix pour faire une « monstre fête ». Si leur exploit passa totalement inaperçu aux yeux du grand public, le plus haut personnage de l’état français de l’époque, manifesta pourtant, un peu par hasard, sa reconnaissance pour ce succès sans précédent de nos hockeyeurs.
En effet, le 29 novembre 1924, le nouveau président de la République, Gaston Doumergue (qui venait de succéder à Alexandre Millerand), décida d’honorer de sa présence une exposition des sports d’hiver qui se tenait à Paris, au Palais de Bois, un hall éphémère de 350 mètres de long, édifié à la porte Maillot. En passant devant le stand de la Fédération française des sports d’hiver, le regard du Président Doumergue fut attiré par une très belle coupe qui avait été posée bien en évidence sur une table. Il demanda à André Payer, le président de la Fédération Française des Sports d’Hiver, de lui en expliquer la signification. Ce dernier répondit : « Notre équipe de hockey sur glace a remporté l’hiver dernier à Milan le titre de championne d’Europe, Monsieur le Président. C’est le trophée officiel qui lui a été remis. »
Visiblement ravi d’apprendre cette victoire des Français dans un sport si peu connu, Gaston Doumergue répondit : « Ah, c’est très bien ! Félicitations car j’ai suivi avec intérêt les Jeux olympiques à Chamonix. J’espère que vos joueurs conserveront leur titre ! » Ce ne fut pas le cas puisque cet exploit historique de l’équipe de France reste toujours le seul et le plus grand depuis cent ans cette année.
 


Pendant les Jeux olympiques d’hiver à Chamonix en 1924, nos hockeyeurs de l’équipe de France ont défilé
avec une tenue très originale  inspirée par le gardien Robert George qui dirigeait à cette époque une entreprise
de confection place Vendôme à Paris.
 
 
LE LOGO LACOSTE CRÉÉ PAR NOTRE ANCIEN GARDIEN !


Pour terminer cette Tribune historique, voici un fait qui est très peu connu du grand public au sujet de l’ancien gardien de but tricolore Robert George. En effet, un an après ces fameux Championnats d’Europe à Milan de 1924, le célèbre tennisman français René Lacoste se promenait dans une rue de Boston aux Etats-Unis en compagnie des trois autres « Mousquetaires » Henri Cochet, Jean Borotra et Jacques Brugnon. En attendant un tournoi de la Coupe Davis prévu le lendemain, René Lacoste tomba en admiration devant la vitrine d’un magasin de maroquinerie où était exposée un sac en peau de crocodile. « Si je remporte mon match, vous m’offrez cette mallette ! », lança sous forme de boutade René Lacoste à son capitaine Pierre Gillou.
Le champion français perdit la rencontre mais un journaliste américain du Boston Post qui connaissait l’anecdote du sac le surnomma « l’alligator ». En effet, pour saluer la ténacité et la pugnacité dont fit preuve René Lacoste sur le court, il écrivit à son sujet que, lors du match de tennis, il avait lutté « comme un vrai crocodile ».

Quel rapport y a-t-il entre cette histoire et le hockey sur glace ? Et bien, dès son retour en France, René Lacoste tomba rapidement malade et faute de pouvoir continuer à jouer au plus haut niveau en tennis, il pensa à sa reconversion professionnelle. En 1933, il créa une entreprise de prêt-à-porter avec son associé André Gillier. Ce dernier inventa le polo qui fit la renommée de la marque. Mais alors qu’il était encore joueur de tennis, René Lacoste voulait trouver une identification vestimentaire personnelle et il demanda à son grand ami Robert George de lui soumettre une idée originale.
En effet, le gardien de l’équipe de France de hockey sur glace dirigeait à cette époque une entreprise de confection de cravates et de foulards place Vendôme à Paris. Comme Robert George était de surcroît un styliste talentueux qui avait un beau coup de crayon, il était le mieux placé pour aider son ami. Il se servit donc du surnom de René Lacoste (l’alligator) pour dessiner un petit crocodile avec la queue retournée et les mâchoires ouvertes qui devint quelques années plus tard, grâce au talent de notre ancien gardien de but international, le logo officiel de cette célèbre marque de vêtements et certainement l’un des plus connus dans le monde de la mode !

 




Depuis plus de quarante ans Tristan Alric a été l’acteur et le témoin privilégié de l’évolution du hockey sur glace en France. D’abord comme joueur puis comme arbitre. Ensuite, en devenant le journaliste spécialiste du hockey sur glace dans le quotidien sportif L’Equipe pendant plus de vingt ans. Auteur de nombreux livres et d’une récente encyclopédie qui font référence, Tristan Alric a marqué également l’histoire du hockey français en étant le créateur de la Coupe Magnus et des divers trophées individuels. Avec un tel parcours, il est donc bien placé pour avoir une analyse pertinente sur notre sport favori. Le site Hockey Hebdo est donc heureux de lui permettre de s’exprimer régulièrement dans cette rubrique.
 


 
 
Lieu : Media Sports LoisirsChroniqueur : Tristan Alric
Posté par Christian Simon le 16/05/2024 à 11:00
 
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Réactions sur l'article
 
Henri Duguay a écritle 20/05/2024 à 20:11  
Merci pour l'historique, très intéressant!
De la part d'un Canadien.
 
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