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Ligue Magnus
NOTRE NOUVEAU DTN HÉRITE D’UN SACRÉ DÉFI !
La formation des hockeyeurs français étant défaillante, la FFHG a décidé de se mobiliser et changer de politique. Tristan Alric, créateur de la Coupe Magnus, explique le nouveau plan fédéral qui vient d’être mis en place et présente le nouveau DTN qui est chargé de le faire appliquer.
Tribune N°120

Pas besoin de faire un sondage pour savoir quel est le problème numéro un qui handicape le hockey sur glace français depuis des décennies. En effet, tous les acteurs de notre discipline, qu’ils soient élus fédéraux, présidents de clubs, entraîneurs, joueurs, arbitres, dirigeants bénévoles, partenaires financiers ou encore supporters, tous sont unanimes pour reconnaitre que ce qui dysfonctionne le plus dans notre discipline, c’est la formation de nos hockeyeurs.
Ce sujet préoccupant, qui a des répercussions négatives au niveau international, n’a jamais pu trouver de véritables solutions. Le problème est si inquiétant qu’il fut le thème principal lors de la dernière assemblée générale de la FFHG au mois de juin dernier. Ce dossier, devenu prioritaire, a donc été largement évoqué sans que nos élus utilisent pour une fois la langue de bois.
Ne voulant pas se défausser le président Pierre-Yves Gerbeau a déclaré : « C’est un chantier vital qui est devant nous, il faut se remettre en question et ne surtout pas se louper cette fois ! » De son côté, Jonathan Zwikel, qui est chargé d’une nouvelle approche de la haute performance, a été également très clair. Il ne s’est pas embarrassé lui aussi de circonlocutions : « On ne va pas se raconter des histoires, nos résultats internationaux ne sont pas à la hauteur chez les garçons comme chez les filles. Il faut faire une analyse et une réflexion en profondeur sans pour autant se flageller. »
En effet, sans tomber dans la repentance masochiste, le mot d’ordre général est d’arrêter désormais de nier l’évidence et de regarder enfin les choses en face. Il faut en finir notamment avec les entraîneurs livrés à eux-mêmes dans les clubs où ils sont souvent totalement esseulés sans directives fédérales pour cela il faut uniformiser enfin leur enseignement sur le plan national. Le constat de cette carence française dans la formation est sans appel. La FFHG doit donc impérativement prendre des mesures rapides pour changer son paradigme sinon le hockey sur glace français restera un sport « exotique » dans les années à venir.
Pour tenter de résoudre d’une manière enfin concrète le problème récurrent de la formation de nos hockeyeurs, la FFHG, qui se trouve désormais au pied du mur, a donc déclaré publiquement « l’état d’urgence » avant les trois grands rendez-vous planétaires qui s’annoncent pendant l’année 2026.
La mobilisation générale concerne d’abord le retour aux Jeux olympiques d’hiver organisés à Milan en Italie au mois de février où il faudra au moins « sauver la face », sans être trop prétentieux, puisqu’on va jouer d’entrée contre trois adversaires très redoutables : la Suisse, la République tchèque et le Canada. Ensuite, il y aura les championnats du monde féminins de la Division 1A qui auront lieu à Budapest en Hongrie au mois d’avril. Enfin, il y aura également les championnats du monde masculins de la Division 1A organisés à Sosnowiec en Pologne au mois de mai. Pour ces deux tournois mondiaux l’objectif plus ambitieux qui a été fixé aux deux entraîneurs nationaux (Grégory Tarlé et Yorick Treille) c’est retourner si possible dans l’élite mondiale.
Mais parmi les objectifs prioritaires de la FFHG, il ne faut pas oublier également nos jeunes espoirs, car ils sont la relève. En ligne de mire le Mondial masculin U20 de la Division 1A qui sera organisé à Bled en Slovénie dès ce mois de décembre sous la direction de l’entraîneur national Olivier Dimet. Puis, en 2026 le Mondial masculin des U18 organisé à Tallinn en Estonie au mois d’avril prochain sous la direction du coach tricolore Eric Blais.
Pour mettre en pratique et orchestrer les différentes mesures que nécessite cet « état d’urgence » le ministère des sports et le président de la FFHG, se sont entendus à la fin du mois de juin dernier pour nommer un nouveau Directeur Technique National « par intérim long » qui s’appelle Antoine François. Hasard amusant, cet ancien sportif vient d’une autre pratique de hockey mais qui se joue sur gazon.
Antoine François, qui ne fait donc pas partie de la famille du hockey « sur glace » français, sera le quatrième DTN depuis la création de notre fédération indépendante en 2006 après Gérald Guennelon, Christine Duchamp et Jean-Patrick Thirion.
Dès sa prise de fonction, Antoine François, qui hérite d’un défi vital, m’a confié qu’il compte bien faire son possible pour performer dans notre discipline grâce à sa grande détermination. Il confie : « Ma volonté est de décloisonner les choses en urgence dans le hockey sur glace afin de remettre de la dynamique notamment dans la formation des jeunes ».
Antoine François étant devenu par ailleurs le treizième DTN dans l’histoire de notre sport, en incluant les 65 ans passés au sein de l’ancienne fédération de tutelle des sports de glace, espérons que ce chiffre 13 lui portera bonheur !

Le nouveau DTN Antoine François a joué pendant quatre ans avec le Lille Métropole Hockey club avec lequel il a été sacré champion de France de hockey sur gazon en 2012.
UNE CARRIÈRE HONORABLE DANS « L’AUTRE HOCKEY »
Pour la petite histoire, Antoine François, âgé de 42 ans et natif d’Amiens, a bénéficié sportivement de l’entremise de sa mère, professeur d’EPS, qui connaissait Blandine Delavenne, la capitaine de l’équipe féminine d’Amiens et de l’équipe de France de hockey sur gazon. Du coup, notre nouveau DTN s’est retrouvé un beau jour sur un terrain en herbe dès l’âge de 6 ans, un sport qu’il n’a jamais quitté depuis.
Lors de notre entretien ce dernier m’a raconté : « J'ai joué au Amiens Sport Club puis au Lille Métropole Hockey club pendant quatre ans où j’ai été sacré champion de France en 2012. Mais, j’ai porté également le maillot du Polo Hockey Club de Marcq-Baroeul où je joue toujours en loisir encore aujourd’hui quand j’ai le temps ».
Devenu conseiller technique national auprès de la fédération française de hockey sur gazon à partir de 2009, Antoine François était plus spécialement le Team Manager de l’équipe de France A hommes depuis fin 2011.
« J’ai fait mes armes auprès de l’équipe de France hommes de hockey sur gazon en tant que « vidéo analyste » entre 2006 et 2010, dit-il. Mais le plus grand tournant a été à la fin de l’année 2011 après que Fred Soyez ait été nommé entraîneur national. Il cherchait à constituer son staff. Du coup, il est venu me voir pour me confier le rôle de manager. Fred me connaissait notamment comme l’un de ses joueurs au club de Lille. Quand il est devenu entraîneur national de l’équipe l’Espagne, ce fut assez naturel de continuer avec le nouveau coach tricolore Gaël Foulard jusqu’à la fin 2017. Puis j’ai également poursuivi l’aventure avec son successeur, le néerlandais Jeroen Delmee. Ce dernier est une légende du hockey sur gazon et coach de l’équipe des Pays-Bas qui a été sacrée championne olympique à Paris en 2024. »
Sur le site internet de la Fédération Française Hockey sur Gazon, on peut lire au sujet de notre nouveau DTN : « Il y a beaucoup de choses dans la tête d'Antoine François. Homme à tout faire de l'équipe de France A hommes, l'amiénois de naissance s'occupait de l'organisation des voyages, du suivi budgétaire ou encore du suivi socio-professionnel des joueurs. En d’autres termes, c’était le « couteau suisse ». Celui qui était Team Manager de l'équipe de France depuis 2011, était un rouage essentiel à la bonne marche de l'équipe de France, que ce soit auprès du staff ou des joueurs, où il était en charge « d'améliorer le process » de la sélection. Antoine François, homme aux multiples casquettes, a donc participé activement au « rayon de soleil » que représentait notre Equipe de France A hommes. Maintenant qu’il est parti, la FFHG va bénéficier d'un profil talentueux et travailleur. Dommage pour la fédération de hockey sur gazon… »
Comme on peut le constater, notre nouveau DTN n’a laissé que de bons souvenirs dans son sport d’origine que ce soit au sein du staff de son ancienne fédération que dans les clubs de la région des Hauts-de-France dans lesquels il a joué. Désormais, Antoine François a quitté sans être finalement trop dépaysé sur le plan structurel un sport qui compte 17 300 licenciés et 120 clubs puisque le hockey sur glace, qui est également un sport relativement modeste en France, totalise seulement 25 300 licenciés et 112 clubs.

LE NOUVEAU DTN DOIT DIRIGER LE NOUVEAU PLAN DE DÉTECTION
Dès sa prise de fonction, après avoir passé plusieurs semaines en immersion totale pour prendre ses marques dans le petit monde très complexe du hockey sur glace français, Antoine François s’est donc vu confier un nouveau challenge très excitant mais qui sera une tâche très ardue, à savoir contribuer à une meilleure formation de nos hockeyeurs et donc mieux contribuer au développement du hockey sur glace français.
Dans cette optique, le nouveau DTN a été informé dès son arrivée qu’il y a désormais un évènement important à la FFHG « un changement de philosophie » concernant la sélection et la détection en faisant évoluer le nouveau plan national de détection.
Comme nos dirigeants fédéraux l’ont expliqué, pendant longtemps, le système du Plan National de Détection reposait en partie sur la sélection. On repérait les joueurs en fonction de leur performance du moment, le plus souvent sur un week-end. Bien sûr, le potentiel n’était pas totalement ignoré, mais la performance immédiate restait le critère dominant. Cette fois, c’est fini !
Avec cette version repensée, le Plan National de Détection (PND) vient bousculer cette logique. L’idée est désormais de détecter les jeunes talents en prenant en compte à la fois leurs performances actuelles mais aussi leur potentiel à moyen terme. Autrement dit, on ne cherche plus seulement le meilleur joueur sur le moment, mais aussi celui qui pourrait le devenir demain.
En résumé, le nouveau « Guide national du développement » a un objectif : définir un socle commun de développement. Il a également une intention : accompagner le développement des hockeyeurs. Enfin, il a aussi un livrable : créer un outil fédérateur au service du projet conçu pour offrir à tous les clubs et tous les entraîneurs une référence commune de formation et de progression.
LA FORMATION VA BÉNÉFICIER D’UNE NOUVELLE MÉTHODE
Pour faire évoluer son nouveau plan national de détection (PND) un groupe d’experts vient d’être mis en place pour réaliser un outil pédagogique, avec des ressources concrètes, accessibles et adaptées aux réalités du terrain, pour élever le niveau de la formation avec un guide national du développement.
Ce nouveau groupe de travail se compose de différents experts : Kimmo Vähä-Ruohola directeur des Opérations Hockey Tappara Tampere en Finlande, Lionel Charrier directeur du développement à la FFHG, Eric Blais l’entraîneur National des U18 et Florian Hardy le responsable du projet gardiens à la FFHG.
Des experts représentant de clubs sont également impliqués : Ari Salo (Rouen), Ludovic Duchesne (Dunkerque) et Guillaume Duclos (Mont-Blanc).
Les travaux ont commencé et des temps de présentation et de recueil de commentaires en retour sont prévus tout au long du projet en interne auprès des élus, de la DTN, des commissions concernées, des zones et en externe auprès des clubs et des ligues.
Le nouveau DTN Antoine François précise le but de son mandat par « intérim long » qui doit donc durer au moins jusqu’aux prochaines élections fédérales en juin 2026, mais peut-être bien au-delà : « La première préconisation, c’est d’avoir, dès le mois de mai prochain, un outil pour les entraîneurs sous la forme d’un « guide national ». Cela se fait déjà à l’étranger, mais au lieu de tenter de copier d’autres pays, nous voulons mettre en place un projet spécifique à la France. Par ailleurs, il y avait avant une sélection dans l’instant T dans le hockey sur glace. Désormais, ce sera une détection beaucoup plus structurée avec une détection en continu des potentiels. Dans cette optique, nous avons également un comité fédéral de détection qui est composé de quatre personnes : Pierre Pousse, Yann Vonachen, Florian Hardy et Eric Blais. »
En effet, à la suite de la récente réforme du Plan National de Détection (PND), ces quatre cadres techniques nationaux ont désormais comme mission de détecter tous les meilleurs joueurs français U15 à l’occasion de plusieurs rassemblements régionaux comme ce fut le cas en septembre à Grenoble, puis à Niort en octobre, à Amiens en novembre et, comme ce sera encore le cas en janvier prochain, à Cergy. Le but in fine de ce comité fédéral sera la formation de la première équipe de France U16 au mois de mai 2026. Il s’agira, pour faire une métaphore, de lancer le premier étage de la fusée avant de poursuivre sa propulsion.

Le nouveau DTN Antoine François aux côtés de Luc Mainfray chargé du tirage au sort de la Coupe de France
au sein de la FFHG.
LA FFHG ET LA DTN VEULENT AIDER D’AVANTAGE LES CLUBS
Mais la direction technique nationale a aussi d’autres projets en cours donc deux sont également importants. C’est apporter d’abord une aide matérielle directement aux clubs. Antoine François explique : « L’idée, c’est de fournir des séparateurs de glace et des cages au plus grand nombre en changeant parfois les formats de jeu comme par exemple en U13 où le jeu à cinq contre cinq pourra peut-être évoluer à trois contre trois. Par ailleurs, nous allons faire un appel à candidatures pour recruter des nouveaux formateurs pour augmenter notamment le nombre des entraîneurs de club. Dans ma nouvelle fonction de DTN du hockey sur glace français, je veux casser l’idée qui consiste à dire « on a toujours fait comme ça ». Je ne vais donc pas me contenter de suivre uniquement les dossiers en cours que j’ai trouvé sur mon bureau à mon arrivée car pour moi les recrutements sont importants pour accompagner certains dirigeants de club voire des parents. La question essentielle qui se pose, c’est pourquoi au bout de trois ans plus de 70 % des jeunes qui ont entre sept et huit ans abandonnent le hockey ? Comment éviter cette hémorragie ? Comment arriver à les garder et à les fidéliser ? Bref, c’est un sacré défi qui nous attend cette saison et, en tant que DTN, je compte bien y mettre toute mon énergie ! »
Comme on le voit, notre nouveau DTN vient d’hériter d’un sacré défi que tous ses prédécesseurs n’ont pas pu réussir faute d’une réelle volonté fédérale de « renverser la table » en restant sans risque dans un conformisme et une attitude passive.
ORGANIGRAMME DE LA DIRECTION TECHNIQUE NATIONALE
Baptiste Arpin : manager du pole féminin
Eric Blais : entraineur des U18 et responsable du PND
Lionel Charrier : directeur du développement
Jean-Baptiste Chauvin : manager des collectifs féminins
Luc Delmas : préparateur physique du pole féminin
Renaud Jacquin : manager équipe de France masculine et U20
Florian Hardy : responsable des gardiens de but
Vincent Peltier : Institut National de Formation
Pierre Pousse : coach adjoint équipe de France féminine et référent vidéo
Sébastien Roujon : coach adjoint équipe de France féminine et entraineur du pole féminin
Grégory Tarlé : entraineur équipe de France féminine et responsable de la filière féminine
Annie Valençot : chargée du suivi social de tous les athlètes
Jacques Vettraino : directeur de l’Institut National de Formation
Yann Vonachen : entraineur adjoint équipe de France U16 et manager des équipes de France garçons U18 et U16
Depuis plus de quarante ans Tristan Alric a été l’acteur et le témoin privilégié de l’évolution du hockey sur glace en France. D’abord comme joueur puis comme arbitre. Ensuite, en devenant le journaliste spécialiste du hockey sur glace dans le quotidien sportif L’Equipe pendant plus de vingt ans. Auteur de nombreux livres et d’une récente encyclopédie qui font référence, Tristan Alric a marqué également l’histoire du hockey français en étant le créateur de la Coupe Magnus et des divers trophées individuels. Avec un tel parcours, il est donc bien placé pour avoir une analyse pertinente sur notre sport favori. Le site Hockey Hebdo est donc heureux de lui permettre de s’exprimer régulièrement dans cette rubrique.

NOTRE NOUVEAU DTN HÉRITE D’UN SACRÉ DÉFI ! |
Pas besoin de faire un sondage pour savoir quel est le problème numéro un qui handicape le hockey sur glace français depuis des décennies. En effet, tous les acteurs de notre discipline, qu’ils soient élus fédéraux, présidents de clubs, entraîneurs, joueurs, arbitres, dirigeants bénévoles, partenaires financiers ou encore supporters, tous sont unanimes pour reconnaitre que ce qui dysfonctionne le plus dans notre discipline, c’est la formation de nos hockeyeurs.Ce sujet préoccupant, qui a des répercussions négatives au niveau international, n’a jamais pu trouver de véritables solutions. Le problème est si inquiétant qu’il fut le thème principal lors de la dernière assemblée générale de la FFHG au mois de juin dernier. Ce dossier, devenu prioritaire, a donc été largement évoqué sans que nos élus utilisent pour une fois la langue de bois.
Ne voulant pas se défausser le président Pierre-Yves Gerbeau a déclaré : « C’est un chantier vital qui est devant nous, il faut se remettre en question et ne surtout pas se louper cette fois ! » De son côté, Jonathan Zwikel, qui est chargé d’une nouvelle approche de la haute performance, a été également très clair. Il ne s’est pas embarrassé lui aussi de circonlocutions : « On ne va pas se raconter des histoires, nos résultats internationaux ne sont pas à la hauteur chez les garçons comme chez les filles. Il faut faire une analyse et une réflexion en profondeur sans pour autant se flageller. »
En effet, sans tomber dans la repentance masochiste, le mot d’ordre général est d’arrêter désormais de nier l’évidence et de regarder enfin les choses en face. Il faut en finir notamment avec les entraîneurs livrés à eux-mêmes dans les clubs où ils sont souvent totalement esseulés sans directives fédérales pour cela il faut uniformiser enfin leur enseignement sur le plan national. Le constat de cette carence française dans la formation est sans appel. La FFHG doit donc impérativement prendre des mesures rapides pour changer son paradigme sinon le hockey sur glace français restera un sport « exotique » dans les années à venir.
LA MOBILISATION GÉNÉRALE VA-T-ELLE ENFIN RÉUSSIR ?
Pour tenter de résoudre d’une manière enfin concrète le problème récurrent de la formation de nos hockeyeurs, la FFHG, qui se trouve désormais au pied du mur, a donc déclaré publiquement « l’état d’urgence » avant les trois grands rendez-vous planétaires qui s’annoncent pendant l’année 2026.
La mobilisation générale concerne d’abord le retour aux Jeux olympiques d’hiver organisés à Milan en Italie au mois de février où il faudra au moins « sauver la face », sans être trop prétentieux, puisqu’on va jouer d’entrée contre trois adversaires très redoutables : la Suisse, la République tchèque et le Canada. Ensuite, il y aura les championnats du monde féminins de la Division 1A qui auront lieu à Budapest en Hongrie au mois d’avril. Enfin, il y aura également les championnats du monde masculins de la Division 1A organisés à Sosnowiec en Pologne au mois de mai. Pour ces deux tournois mondiaux l’objectif plus ambitieux qui a été fixé aux deux entraîneurs nationaux (Grégory Tarlé et Yorick Treille) c’est retourner si possible dans l’élite mondiale.
Mais parmi les objectifs prioritaires de la FFHG, il ne faut pas oublier également nos jeunes espoirs, car ils sont la relève. En ligne de mire le Mondial masculin U20 de la Division 1A qui sera organisé à Bled en Slovénie dès ce mois de décembre sous la direction de l’entraîneur national Olivier Dimet. Puis, en 2026 le Mondial masculin des U18 organisé à Tallinn en Estonie au mois d’avril prochain sous la direction du coach tricolore Eric Blais.
UN NOUVEAU DTN EST CHARGÉ DE CE DOSSIER ÉPINEUX
Pour mettre en pratique et orchestrer les différentes mesures que nécessite cet « état d’urgence » le ministère des sports et le président de la FFHG, se sont entendus à la fin du mois de juin dernier pour nommer un nouveau Directeur Technique National « par intérim long » qui s’appelle Antoine François. Hasard amusant, cet ancien sportif vient d’une autre pratique de hockey mais qui se joue sur gazon.
Antoine François, qui ne fait donc pas partie de la famille du hockey « sur glace » français, sera le quatrième DTN depuis la création de notre fédération indépendante en 2006 après Gérald Guennelon, Christine Duchamp et Jean-Patrick Thirion.
Dès sa prise de fonction, Antoine François, qui hérite d’un défi vital, m’a confié qu’il compte bien faire son possible pour performer dans notre discipline grâce à sa grande détermination. Il confie : « Ma volonté est de décloisonner les choses en urgence dans le hockey sur glace afin de remettre de la dynamique notamment dans la formation des jeunes ».
Antoine François étant devenu par ailleurs le treizième DTN dans l’histoire de notre sport, en incluant les 65 ans passés au sein de l’ancienne fédération de tutelle des sports de glace, espérons que ce chiffre 13 lui portera bonheur !

Le nouveau DTN Antoine François a joué pendant quatre ans avec le Lille Métropole Hockey club avec lequel il a été sacré champion de France de hockey sur gazon en 2012.
UNE CARRIÈRE HONORABLE DANS « L’AUTRE HOCKEY »
Pour la petite histoire, Antoine François, âgé de 42 ans et natif d’Amiens, a bénéficié sportivement de l’entremise de sa mère, professeur d’EPS, qui connaissait Blandine Delavenne, la capitaine de l’équipe féminine d’Amiens et de l’équipe de France de hockey sur gazon. Du coup, notre nouveau DTN s’est retrouvé un beau jour sur un terrain en herbe dès l’âge de 6 ans, un sport qu’il n’a jamais quitté depuis.
Lors de notre entretien ce dernier m’a raconté : « J'ai joué au Amiens Sport Club puis au Lille Métropole Hockey club pendant quatre ans où j’ai été sacré champion de France en 2012. Mais, j’ai porté également le maillot du Polo Hockey Club de Marcq-Baroeul où je joue toujours en loisir encore aujourd’hui quand j’ai le temps ».
Devenu conseiller technique national auprès de la fédération française de hockey sur gazon à partir de 2009, Antoine François était plus spécialement le Team Manager de l’équipe de France A hommes depuis fin 2011.
« J’ai fait mes armes auprès de l’équipe de France hommes de hockey sur gazon en tant que « vidéo analyste » entre 2006 et 2010, dit-il. Mais le plus grand tournant a été à la fin de l’année 2011 après que Fred Soyez ait été nommé entraîneur national. Il cherchait à constituer son staff. Du coup, il est venu me voir pour me confier le rôle de manager. Fred me connaissait notamment comme l’un de ses joueurs au club de Lille. Quand il est devenu entraîneur national de l’équipe l’Espagne, ce fut assez naturel de continuer avec le nouveau coach tricolore Gaël Foulard jusqu’à la fin 2017. Puis j’ai également poursuivi l’aventure avec son successeur, le néerlandais Jeroen Delmee. Ce dernier est une légende du hockey sur gazon et coach de l’équipe des Pays-Bas qui a été sacrée championne olympique à Paris en 2024. »
SON ANCIENNE FÉDÉRATION EST ÉLOGIEUSE À SON SUJET
Sur le site internet de la Fédération Française Hockey sur Gazon, on peut lire au sujet de notre nouveau DTN : « Il y a beaucoup de choses dans la tête d'Antoine François. Homme à tout faire de l'équipe de France A hommes, l'amiénois de naissance s'occupait de l'organisation des voyages, du suivi budgétaire ou encore du suivi socio-professionnel des joueurs. En d’autres termes, c’était le « couteau suisse ». Celui qui était Team Manager de l'équipe de France depuis 2011, était un rouage essentiel à la bonne marche de l'équipe de France, que ce soit auprès du staff ou des joueurs, où il était en charge « d'améliorer le process » de la sélection. Antoine François, homme aux multiples casquettes, a donc participé activement au « rayon de soleil » que représentait notre Equipe de France A hommes. Maintenant qu’il est parti, la FFHG va bénéficier d'un profil talentueux et travailleur. Dommage pour la fédération de hockey sur gazon… »
Comme on peut le constater, notre nouveau DTN n’a laissé que de bons souvenirs dans son sport d’origine que ce soit au sein du staff de son ancienne fédération que dans les clubs de la région des Hauts-de-France dans lesquels il a joué. Désormais, Antoine François a quitté sans être finalement trop dépaysé sur le plan structurel un sport qui compte 17 300 licenciés et 120 clubs puisque le hockey sur glace, qui est également un sport relativement modeste en France, totalise seulement 25 300 licenciés et 112 clubs.

LE NOUVEAU DTN DOIT DIRIGER LE NOUVEAU PLAN DE DÉTECTION
Dès sa prise de fonction, après avoir passé plusieurs semaines en immersion totale pour prendre ses marques dans le petit monde très complexe du hockey sur glace français, Antoine François s’est donc vu confier un nouveau challenge très excitant mais qui sera une tâche très ardue, à savoir contribuer à une meilleure formation de nos hockeyeurs et donc mieux contribuer au développement du hockey sur glace français.
Dans cette optique, le nouveau DTN a été informé dès son arrivée qu’il y a désormais un évènement important à la FFHG « un changement de philosophie » concernant la sélection et la détection en faisant évoluer le nouveau plan national de détection.
Comme nos dirigeants fédéraux l’ont expliqué, pendant longtemps, le système du Plan National de Détection reposait en partie sur la sélection. On repérait les joueurs en fonction de leur performance du moment, le plus souvent sur un week-end. Bien sûr, le potentiel n’était pas totalement ignoré, mais la performance immédiate restait le critère dominant. Cette fois, c’est fini !
Avec cette version repensée, le Plan National de Détection (PND) vient bousculer cette logique. L’idée est désormais de détecter les jeunes talents en prenant en compte à la fois leurs performances actuelles mais aussi leur potentiel à moyen terme. Autrement dit, on ne cherche plus seulement le meilleur joueur sur le moment, mais aussi celui qui pourrait le devenir demain.
En résumé, le nouveau « Guide national du développement » a un objectif : définir un socle commun de développement. Il a également une intention : accompagner le développement des hockeyeurs. Enfin, il a aussi un livrable : créer un outil fédérateur au service du projet conçu pour offrir à tous les clubs et tous les entraîneurs une référence commune de formation et de progression.
LA FORMATION VA BÉNÉFICIER D’UNE NOUVELLE MÉTHODE
Pour faire évoluer son nouveau plan national de détection (PND) un groupe d’experts vient d’être mis en place pour réaliser un outil pédagogique, avec des ressources concrètes, accessibles et adaptées aux réalités du terrain, pour élever le niveau de la formation avec un guide national du développement.
Ce nouveau groupe de travail se compose de différents experts : Kimmo Vähä-Ruohola directeur des Opérations Hockey Tappara Tampere en Finlande, Lionel Charrier directeur du développement à la FFHG, Eric Blais l’entraîneur National des U18 et Florian Hardy le responsable du projet gardiens à la FFHG.
Des experts représentant de clubs sont également impliqués : Ari Salo (Rouen), Ludovic Duchesne (Dunkerque) et Guillaume Duclos (Mont-Blanc).
Les travaux ont commencé et des temps de présentation et de recueil de commentaires en retour sont prévus tout au long du projet en interne auprès des élus, de la DTN, des commissions concernées, des zones et en externe auprès des clubs et des ligues.
Le nouveau DTN Antoine François précise le but de son mandat par « intérim long » qui doit donc durer au moins jusqu’aux prochaines élections fédérales en juin 2026, mais peut-être bien au-delà : « La première préconisation, c’est d’avoir, dès le mois de mai prochain, un outil pour les entraîneurs sous la forme d’un « guide national ». Cela se fait déjà à l’étranger, mais au lieu de tenter de copier d’autres pays, nous voulons mettre en place un projet spécifique à la France. Par ailleurs, il y avait avant une sélection dans l’instant T dans le hockey sur glace. Désormais, ce sera une détection beaucoup plus structurée avec une détection en continu des potentiels. Dans cette optique, nous avons également un comité fédéral de détection qui est composé de quatre personnes : Pierre Pousse, Yann Vonachen, Florian Hardy et Eric Blais. »
En effet, à la suite de la récente réforme du Plan National de Détection (PND), ces quatre cadres techniques nationaux ont désormais comme mission de détecter tous les meilleurs joueurs français U15 à l’occasion de plusieurs rassemblements régionaux comme ce fut le cas en septembre à Grenoble, puis à Niort en octobre, à Amiens en novembre et, comme ce sera encore le cas en janvier prochain, à Cergy. Le but in fine de ce comité fédéral sera la formation de la première équipe de France U16 au mois de mai 2026. Il s’agira, pour faire une métaphore, de lancer le premier étage de la fusée avant de poursuivre sa propulsion.

Le nouveau DTN Antoine François aux côtés de Luc Mainfray chargé du tirage au sort de la Coupe de France
au sein de la FFHG.
LA FFHG ET LA DTN VEULENT AIDER D’AVANTAGE LES CLUBS
Mais la direction technique nationale a aussi d’autres projets en cours donc deux sont également importants. C’est apporter d’abord une aide matérielle directement aux clubs. Antoine François explique : « L’idée, c’est de fournir des séparateurs de glace et des cages au plus grand nombre en changeant parfois les formats de jeu comme par exemple en U13 où le jeu à cinq contre cinq pourra peut-être évoluer à trois contre trois. Par ailleurs, nous allons faire un appel à candidatures pour recruter des nouveaux formateurs pour augmenter notamment le nombre des entraîneurs de club. Dans ma nouvelle fonction de DTN du hockey sur glace français, je veux casser l’idée qui consiste à dire « on a toujours fait comme ça ». Je ne vais donc pas me contenter de suivre uniquement les dossiers en cours que j’ai trouvé sur mon bureau à mon arrivée car pour moi les recrutements sont importants pour accompagner certains dirigeants de club voire des parents. La question essentielle qui se pose, c’est pourquoi au bout de trois ans plus de 70 % des jeunes qui ont entre sept et huit ans abandonnent le hockey ? Comment éviter cette hémorragie ? Comment arriver à les garder et à les fidéliser ? Bref, c’est un sacré défi qui nous attend cette saison et, en tant que DTN, je compte bien y mettre toute mon énergie ! »
Comme on le voit, notre nouveau DTN vient d’hériter d’un sacré défi que tous ses prédécesseurs n’ont pas pu réussir faute d’une réelle volonté fédérale de « renverser la table » en restant sans risque dans un conformisme et une attitude passive.
ORGANIGRAMME DE LA DIRECTION TECHNIQUE NATIONALE
Les 14 cadres techniques nationaux
Baptiste Arpin : manager du pole féminin
Eric Blais : entraineur des U18 et responsable du PND
Lionel Charrier : directeur du développement
Jean-Baptiste Chauvin : manager des collectifs féminins
Luc Delmas : préparateur physique du pole féminin
Renaud Jacquin : manager équipe de France masculine et U20
Florian Hardy : responsable des gardiens de but
Vincent Peltier : Institut National de Formation
Pierre Pousse : coach adjoint équipe de France féminine et référent vidéo
Sébastien Roujon : coach adjoint équipe de France féminine et entraineur du pole féminin
Grégory Tarlé : entraineur équipe de France féminine et responsable de la filière féminine
Annie Valençot : chargée du suivi social de tous les athlètes
Jacques Vettraino : directeur de l’Institut National de Formation
Yann Vonachen : entraineur adjoint équipe de France U16 et manager des équipes de France garçons U18 et U16

Depuis plus de quarante ans Tristan Alric a été l’acteur et le témoin privilégié de l’évolution du hockey sur glace en France. D’abord comme joueur puis comme arbitre. Ensuite, en devenant le journaliste spécialiste du hockey sur glace dans le quotidien sportif L’Equipe pendant plus de vingt ans. Auteur de nombreux livres et d’une récente encyclopédie qui font référence, Tristan Alric a marqué également l’histoire du hockey français en étant le créateur de la Coupe Magnus et des divers trophées individuels. Avec un tel parcours, il est donc bien placé pour avoir une analyse pertinente sur notre sport favori. Le site Hockey Hebdo est donc heureux de lui permettre de s’exprimer régulièrement dans cette rubrique.
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