Accueil   Editorial   Liens   Stages et Tournois   Boutique   Petites annonces   Partenaires   Nos flash infos  fb  twitter   RSS
 
 
Hockey sur glace - Tribune libre de Tristan Alric
Hockey sur glace - 123 / LA COUPE MAGNUS FÊTE SES QUARANTE ANS !
 
C’est le quarantième anniversaire du trophée suprême du championnat de France de hockey sur glace. Tristan Alric, créateur de la Coupe Magnus, raconte dans quel contexte très étonnant s’est déroulé cet événement historique.
 
 
Tribune N°123

 
 

 LA COUPE MAGNUS FÊTE SES QUARANTE ANS !
 


L’idée de créer la Coupe Magnus m’est venue pour la première fois en 1979 lors d’un déplacement en Haute-Savoie. A cette époque, je me suis déplacé en voiture à Chamonix pour assister à un match très important de l’ancienne « Nationale A » car la poule finale, dont c’était la dernière journée, devait décider du titre de champion de France puisqu’il n’y avait pas encore de play-offs.
Cette rencontre, qui fut un élément déclencheur de mon initiative historique, se déroula le dimanche 29 avril au pied du Mont-Blanc dans le « temple » du hockey sur glace français. L’adversaire de Chamonix représentait une affiche idéale puisqu’il s’agissait d’un derby local très attendu contre l’équipe de la station voisine de Saint-Gervais.
Ce bras de fer régional, qui fut disputé dans une ambiance incroyable, est resté d’autant plus mémorable qu’il a permis aux anciens « Chamois », non seulement de battre à domicile les « Aigles » sur le score très serré de 5-4, mais surtout d’écarter aussi définitivement à distance les « Mammouths » de Tours qui étaient à l’époque le deuxième grand rival au classement général.
La performance de Chamonix fut un véritable exploit car si son dernier adversaire régional était très coriace, je rappelle que le club de Tours était également en pleine ascension au point de remporter dès la saison suivante le titre (unique) de champion de France grâce à la présence d’un nombre de renforts encore révolutionnaire à l’époque.
 
Mais ce fameux match décisif entre Chamonix et Saint-Gervais fut également un évènement historique car il a permis aussi au célèbre club alpin de remporter à cette occasion son trentième titre qui restera sans doute inégalé après avoir laissé provisoirement sa couronne pendant deux saisons consécutives au club de Gap, en 1977 et 1978, sous la direction de l’entraîneur tchèque Zdeneck Blaha.
Ce qui m’avait beaucoup frappé lors de la cérémonie organisée à la fin du duel Chamonix-Saint-Gervais, ce fut la banalité de la coupe qui fut offerte aux nouveaux champions de France. La déception que j’ai ressenti à ce moment-là a fait germer dans mon esprit une idée novatrice que j’ai réussi à concrétiser un peu plus tard en profitant de l’influence que me donnait mon métier de jeune journaliste sportif.
 
DES ANCIENS DIRIGEANTS FÉDÉRAUX TRÈS SCEPTIQUES
 
Trois ans après ce match mémorable à Chamonix, j’ai donc décidé de faire fabriquer la Coupe Magnus dans un magasin qui vendait des trophées sportifs que j’avais repéré au bord de l’autoroute blanche tout près de Cluses en Haute-Savoie. Etant abonné au journal nord-américain « The Hockey News », j’avais montré au gérant de cette entreprise une photo de la fameuse Coupe Stanley en lui demandant de me fabriquer un trophée qui soit dans le même esprit sans pour autant copier celui de la NHL.
A ce moment-là, le journal L’Equipe venait de me confier la rédaction régulière de la rubrique du hockey sur glace. Cette nouvelle responsabilité allait être déterminante car l’initiative de créer la Coupe Magnus m’a laissé un souvenir très marquant. En effet, il a fallu ensuite que je mène contre toute attente un véritable combat pour imposer ce nouveau trophée dans le hockey sur glace français.
A l’époque, j’avais demandé aux dirigeants fédéraux de me recevoir dans le but de rendre la coupe officielle. Lors d’une réunion décentralisée du Comité National de Hockey (CNHG) qui se déroula en 1982 dans le bar de la patinoire Charlemagne de Lyon, j’ai eu l’autorisation de leur présenter ce nouveau trophée très spectaculaire.
A ma grande surprise, ces dirigeants, au lieu de me féliciter de mon initiative, se sont montrés pour la plupart sceptiques pour ne pas dire, au mieux, totalement indifférents ! Du coup, ils m’ont finalement laissé sans réponse en me disant sans ménagement pour conclure la discussion : « C’est un gadget sans aucun intérêt ». De plus, ils me reprochèrent les 10 000 francs que j’avais investi pour sa fabrication, soit l’équivalent de 3400 euros en tenant compte aujourd’hui de l’évolution monétaire.
Quand je leur ai rétorqué que c’était gratuit pour la fédération puisque j’avais pu financer personnellement ce projet grâce à une contribution de tous les présidents de la Nationale A (future Ligue Magnus), ils me répondirent que j’avais eu tort de faire dépenser de l’argent aux clubs pour fabriquer « un objet sans réelle valeur ».
Je suis donc reparti de Lyon avec la coupe dans le coffre de ma voiture et un sentiment d’incompréhension total. Mais, loin de me décourager, j’ai décidé de continuer à me battre pour parvenir à imposer ce nouveau trophée auquel je croyais.
 
LA COUPE FUT SOUVENT ÉVOQUÉE DANS MES ARTICLES
 
Comme je l’ai déjà raconté, pour atteindre ce but, j’ai utilisé deux armes imparables que j’avais à ma disposition à l’époque. D’une part l’impact très important de mes articles qui étaient publiés presque tous les jours dans le journal L’Equipe. Ce média sportif national, qui bénéficiait d’une très grande audience, allait me servir en quelque sorte de « levier » pour convaincre les plus réfractaires.
D’autre part, j’ai profité de mes nombreux déplacements privés dans les clubs pour faire découvrir cette nouvelle coupe très originale et en faire la promotion. Je rappelle que j’avais choisi de la baptiser du nom de « Magnus » pour faire une référence historique à Louis Magnus, l’ancien secrétaire-général-trésorier du club des Patineurs de Paris, qui fut au début du siècle dernier le créateur de la Ligue internationale de hockey sur glace qui est devenue plus tard l’IIHF.
Ce dernier étant décédé en 1950, après quelques recherches, je suis allé rendre visite à son fils Roland Magnus qui était encore vivant et propriétaire du château de Lésigny en Seine-et-Marne où se déroulait plusieurs tournages historiques pour la télévision ou pour le cinéma. Je suis donc allé le rencontrer en compagnie de mon ami Philippe Lacarriere pour rendre ma démarche plus officielle et demander la permission d’utiliser le nom de son père.
Roland Magnus (aujourd’hui décédé) accepta avec grand plaisir en nous racontant, à notre grand étonnement, qu’il ne savait même pas que son père avait été un personnage aussi important dans le hockey sur glace ! Tout juste savait-il que son célèbre père avait remporté les quatre premiers titres de champion de France de patinage artistique (1908, 1909, 1910, 1911) en plus du titre en couple avec sa belle-sœur Anita Nahmias (1912).
 
Bref, après cette entrevue uniquement symbolique, pendant plusieurs mois, j’ai donc pris ma voiture personnelle et mon bâton de pèlerin pour vendre désormais la nouvelle « Coupe Magnus ». Dans mes articles du journal L’Equipe, qui étaient lus par un très grand nombre de fans de hockey sur glace car il n’y avait pas encore internet ni les réseaux sociaux, je faisais aussi régulièrement et volontairement des références directes à la coupe en posant à plusieurs reprises la question : « qui va remporter la Coupe Magnus cette saison ? »
J’utilisais également certains titres de mes articles en forme de jeu de mots évocateurs comme par exemple : « Une finale Magnus…fique ! ». C’est en répétant régulièrement ces diverses allusions à ce nouveau trophée que j’ai réussi à familiariser peu à peu la Coupe Magnus auprès de tous mes lecteurs passionnés de hockey. Malgré cela, les élus fédéraux, toujours réfractaires, continuèrent à faire de la résistance…
 


La Coupe Magnus a été présentée pour la première fois à la télévision en 1986 lors d’un match des Français Volants de Paris contre le club de Saint-Gervais. De gauche à droite, Bernard Le Blond, le journaliste Pierre Salviac, Tristan Alric créateur du trophée et André Peloffy.


LE TROPHÉE OFFICIALISÉ AU MOIS D’OCTOBRE 1985
 
Lorsque le regretté Henri Lafit devint président du CNHG en 1984, je lui ai expliqué avec amertume que je gardais toujours la coupe dans mon garage à Montpellier faute de reconnaissance et que je trouvais cette situation très regrettable. L’ancien directeur de la patinoire de Chamonix puis celle de Lyon, qui était un homme beaucoup plus clairvoyant que ses collègues, dialoguait régulièrement avec moi car visiblement il m’appréciait. Lors d’un match auquel nous assistions ensemble, il me fit cette confidence qui allait changer le cours de l’histoire de notre sport : « Ecoutes, moi je m’en fous de ce que les autres pensent ! Comme je viens d’être élu président du CNHG mais que je ne vais pas rester encore bien longtemps à ce poste intérimaire, avant de quitter mes fonctions, je vais en profiter pour officialiser ta coupe car je trouve que c’est une très bonne idée ! »
Henri Lafit tint parole et il décida, de son propre chef, d’envoyer une lettre officielle à tous les présidents des clubs français, datée du 24 octobre 1985. On remarquera la grande habileté du président du CNHG qui, dans cette lettre historique (voir ci-dessous), a voulu ménager les susceptibilités en donnant un rôle aux membres de son comité qui étaient pourtant indifférents à ce trophée pour la plupart !
En effet, il a fait croire dans sa lettre que l’initiative de créer la Coupe Magnus leur revenait alors que c’était totalement faux. Mais, qu’importe, ce qui comptait pour moi, c’est que j’avais atteint mon but ! Enfin, je le croyais…
 
IL FAUDRA ENCORE SE BATTRE POUR IMPOSER LE TROPHÉE !
 
C’est donc après l’envoi de cette lettre officielle signée par Henri Lafit que la Coupe Magnus fut décernée pour la toute première fois en 1986. Toutefois, devant l’indifférence manifeste des dirigeants de l’époque, j’ai dû me charger de transporter et de remettre moi-même le nouveau trophée au club champion de France en toute discrétion, presque en catimini… D’ailleurs, il n’existe pas à ce jour de photos de cette remise furtive car elle était encore taboue.
Car bien évidemment ce coup de force avec la complicité de mon ami Henri Lafit déplaisait à certains élus fédéraux. Vexés d’avoir été mis devant le fait accompli et encore inconscients de la portée historique de ce nouveau trophée, ils décidèrent d’ignorer cette lettre d’officialisation ! La fédération de tutelle des sports de glace (FFSG) conserva donc l’ancienne coupe beaucoup plus banale et c’est à l’équipe de Saint-Gervais que j’ai pris l’initiative de remettre tout seul et en toute discrétion la nouvelle « Coupe Magnus » sensée récompenser désormais le champion national de l’élite.


 

L’ORIGINE DE LA CRÉATION DE DEUX SURNOMS DE CLUB EN ÉLITE
 
A l’époque plusieurs clubs de hockey sur glace français avait pris par ailleurs l’initiative de choisir des surnoms pour imiter ce qui se faisait depuis longtemps au Canada. En France, certains avaient ainsi adopté des surnoms sympas et médiatiques comme par exemple les « Dragons » de Rouen, les « Brûleurs de Loups » de Grenoble ou les « Gothiques » d’Amiens. Du coup, j’ai demandé à Patrice Pourtanel, le célèbre dirigeant du club de Viry-Châtillon, qui n’avait pas une idée précise sur le choix à faire, si par exemple la ville de l’Essonne avait une caractéristique particulière.
C’est alors qu’il m’a appris que dans l’histoire c’est à Viry-Châtillon que fut construit le premier aérodrome en France. Du coup, j’ai immédiatement pensé au surnom des « Jets » car il fait référence non seulement aux avions rapides, mais aussi parce que, dans la NHL, il y avait une équipe professionnelle qui s’appelait les Jets de Winnipeg. Patrice Pourtanel ainsi que son père Claude ont trouvé mon idée intéressante et ils ont accepté que j’appelle désormais systématiquement leur équipe senior de la Nationale A les « Jets » dans tous mes articles de L’Equipe.
J’ai pris la même initiative avec le club de Briançon où j’ai expliqué à l’ancien président Philippe Pacull : « Depuis le début de la saison vos joueurs se battent comme des diables. Ce n’est pas les « Rouges » qu’il faut continuer à les surnommer, mais les « Diables Rouges » ! Si vous êtes d’accord, je donnerai désormais régulièrement ce surnom plus sympa à votre équipe dans mes articles. Vous devriez l’adopter également car sur le plan marketing ce serait plus vendeur. »
C’est ainsi que l’habitude fut prise peu à peu de désigner l’équipe de Briançon les « Diables Rouges », un surnom qui finira par être adopté officiellement par le HCB pour en faire son logo et son image de marque promotionnelle.
 
MÊME COMBAT POUR LES TROPHÉES INDIVIDUELS !
 
Concernant les trophées individuels, que j’avais pris l’initiative de créer également à cette époque (meilleur marqueur, meilleur espoir, meilleur joueur français, etc…), il a fallu également un bon moment pour les faire officialiser malgré mes nombreuses demandes auprès du CNHG. A tel point que pendant plusieurs années, c’est moi-même qui devait décider seul des nominations et qui les offraient ensuite aux meilleurs joueurs après avoir acheté à mes frais des tableaux originaux qui représentaient un joueur de champ ou un gardien de hockey sur glace en action (photo ci-dessous).
En tant que créateur du magazine France Hockey, j’ai pu immortaliser la première remise du trophée du meilleur buteur que j’ai offert en 1979 à Luc Tardif qui était à l’époque l’unique renfort étranger de l’équipe de Chamonix. Je n’imaginais pas à l’époque que ce dernier, devenu très célèbre dans le championnat de France, ferait ensuite l’incroyable carrière que l’on connait, non seulement en France, à Rouen puis à Caen, mais aussi en devenant le futur président de l’IIHF.
J’ai beaucoup apprécié que les anciens membres du CNHG finissent par accepter plus tard d’officialiser et de conserver les noms des divers trophées que j’avais choisi à l’époque pour leur signification historique comme le Trophée Charles Ramsay (meilleur compteur), le Trophée Albert Hassler (meilleur joueur français), le Trophée Jean Ferrand (meilleur gardien), le Trophée Jean-Pierre Graff (meilleur espoir), le Trophée Camil Gélinas (meilleur entraîneur) ou encore le Trophée Calixte Pianfetti (meilleur arbitre).
 

En 1986, Tristan Alric remet le trophée du meilleur joueur français à Stéphane Bottéri à gauche et le trophée du meilleur espoir à Pierre Pousse à droite.


UNE REMISE DE TROPHÉE EN FORME DE MUTINERIE
 
Cette situation pour le moins absurde d’ignorer et dédaigner la Coupe Magnus dura jusqu’en 1989 lors du sacre des Français Volants de Paris. En effet, pendant la cérémonie officielle qui se déroula dans la patinoire de Colombes, les supporters parisiens sifflèrent copieusement Jean Ferrand, le président de la Fédération des sports de glace et Bernard Goy, le président du Comité national de hockey, lorsque ces derniers se rendirent au centre de la piste pour remettre l’ancienne coupe fédérale. Dès que les Français Volants reçurent leurs médailles, tous les photographes et tous les hockeyeurs parisiens plantèrent sur place l’aéropage de la FFSG ! Ils se ruèrent dans le coin de la patinoire où je me trouvais avec la spectaculaire Coupe Magnus pour immortaliser, sous une pluie de flashes, ce troisième titre remporté par le club de la capitale après les deux qu’il avait conquis avant la seconde guerre mondiale. Puis les nouveaux champions de France effectuèrent un tour d’honneur en brandissant ostensiblement la Coupe Magnus à bout des bras tandis que la petite coupe fédérale restait à l’abandon sur le coin d’une table...
 
LA COUPE EST RESTÉE PENDANT SIX ANS DANS UN GARAGE !
 
Avec le recul, je n’en veux pas à ces dirigeants qui avaient eu le tort de ne pas sentir souffler « le vent de l’histoire » et avec qui j’ai fini par renouer des relations très amicales. Car après cette humiliation publique, les anciens membres du CNHG ont fini par admettre l’absurdité de la situation et par prendre enfin la Coupe Magnus à leur compte en même temps que les trophées individuels que j’avais également créés.
A l’image de celui du meilleur buteur que j’ai donc remis à quatre reprises à Luc Tardif en 1979, 1980, 1981 et 1983 comme en témoigne la photo ci-contre.
Mais ce qui me rend le plus fier, 40 ans après, c’est surtout que la Coupe Magnus, qui fut momentanément ignorée puisque j’ai dû la garder pendant six ans au total dans mon garage à Montpellier, est devenue aujourd’hui le trophée suprême du hockey sur glace français.
Ultime consécration, le championnat de France senior professionnel ayant changé à de très nombreuses reprises d’appellations (Super 16, Division Elite, Ligue Elite, Nationale 1, Nationale A, Première Série) en 2005 Luc Tardif et les membres de son comité directeur décidèrent de choisir enfin un nom beaucoup plus stable car ces nombreux changements désorientaient à la fois le grand public et les médias. Nos nouveaux dirigeants décidèrent donc une bonne fois pour toute de baptiser désormais le championnat professionnel « Ligue Magnus ».
 
Comme je le dis souvent, et croyez-moi sans fausse modestie, je n’ai pas eu beaucoup de mérite en créant la Coupe Magnus il y a 40 ans. J’ai simplement bénéficié d’un concours de circonstances favorables en pouvant déjà publier régulièrement des articles qui étaient très suivis dans le journal L’Equipe. Ces nombreux articles m’ont ainsi permis d’avoir un grand pouvoir d’influence pour familiariser et finalement imposer ce trophée. De plus, à l’époque, le hockey sur glace français cherchait encore ses racines historiques et le choix d’honorer Louis Magnus (créateur de la Ligue internationale devenue IIHF) avec cette coupe éponyme s’est avéré très pertinent.
Enfin, je suis tombé sur un président du CNHG moins conservateur et plus clairvoyant que les autres. Je garde pour le regretté Henri Lafit une reconnaissance éternelle. Mais comme le dit l’expression bien connue, j’ai eu la chance « d’être au bon endroit, au bon moment ». Le seul mérite que je m’accorde volontiers, c’est qu’il fallait juste y penser !

LE PROBLÈME RESTE LA COMMUNICATION « HISTORIQUE »
 
Si aujourd’hui, dans le hockey sur glace français, plus personne ne conteste l’impact très positif, à la fois historique et médiatique, que représentent la Coupe Magnus dans le championnat de la Ligue professionnelle, ainsi que les trophées individuels, je constate malgré tout encore de nos jours certains manquements protocolaires avec un peu de perplexité.
C’est comme si la réticence que montrèrent les anciens dirigeants fédéraux il y a 40 ans concernant la création de la Coupe Magnus, avait encore laissé une certaine indifférence dans l’esprit de certains responsables nationaux beaucoup plus récents.
J’ose croire qu’il s’agit plutôt d’un oubli involontaire de leur part car notre discipline, qui a fort heureusement bien évolué dans ce domaine, souffre malgré tout encore d’une lacune en ce qui concerne sa communication historique.
En dépit, je tiens à le souligner, de nouvelles améliorations très notables comme par exemple la création en 2008 du Temple de la Renommée. D’autant que Luc Tardif puis Pierre-Yves Gerbeau son successeur, m’ont laissé la charge d’identifier chaque fin de saison une liste de futurs élus avant de procéder à un vote final collectif au sein du comité de sélection.
 
Pour être un peu taquin, je prends un seul exemple sans aucune acrimonie : il a fallu que le créateur du trophée du championnat de France professionnel attende 37 ans pour être enfin invité à participer pour la toute première fois à la cérémonie de la remise officielle de la Coupe Magnus. Cette invitation très tardive lui a été accordée par ailleurs uniquement parce qu’il en a fait lui-même la demande.
C’était à l’occasion du sacre du club de Rouen en 2023 lors du sixième et dernier match de la série finale disputé sur sa patinoire contre Grenoble. Lors de cet événement le président Pierre-Yves Gerbeau, avec qui j’entretiens de très bonnes relations depuis de nombreuses années, a immédiatement accepté ma proposition pour que je sois présent à ses côtés pour fêter le centenaire calendaire du championnat de France créé dès 1906, mais qui avait été interrompu à plusieurs reprises à cause notamment des deux guerres mondiales.
J’ai donc pu en profiter pour immortaliser enfin ce moment symbolique à mes yeux en posant avec les hockeyeurs de Rouen comme on le voit sur la photo ci-dessous. Comme dit le proverbe, mieux vaut tard que jamais !
 
 
 
Lors du dix-septième sacre de Rouen en 2023, Tristan Alric pose au milieu des nouveaux
champions de France normands.

 




Depuis plus de quarante ans Tristan Alric a été l’acteur et le témoin privilégié de l’évolution du hockey sur glace en France. D’abord comme joueur puis comme arbitre. Ensuite, en devenant le journaliste spécialiste du hockey sur glace dans le quotidien sportif L’Equipe pendant plus de vingt ans. Auteur de nombreux livres et d’une récente encyclopédie qui font référence, Tristan Alric a marqué également l’histoire du hockey français en étant le créateur de la Coupe Magnus et des divers trophées individuels. Avec un tel parcours, il est donc bien placé pour avoir une analyse pertinente sur notre sport favori. Le site Hockey Hebdo est donc heureux de lui permettre de s’exprimer régulièrement dans cette rubrique.

 
 
 

 
 
Lieu : Media Sports LoisirsChroniqueur : Tristan Alric
Posté par Christian Simon le 02/01/2026 à 11:00
 
© 2026 Hockeyhebdo.com - Reproduction totale ou partielle interdite sauf autorisation des auteurs.
 
Retour
 
Réactions sur l'article
 
 
Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.

     

...Bitte wählen Sie Ihre Sprache... Choose your language in just one click... Choisissez votre langue, clic plus haut...