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Hockey sur glace - Tribune libre de Tristan Alric
Hockey sur glace - 137 / LA FFHG A OBTENU UNE PLUS GRANDE LEGITIMITE
 
Il n’y a pas eu de suspense lors des récentes élections fédérales. Tristan Alric, créateur de la Coupe Magnus, explique le contexte très positif des votes pour la liste de Gerbeau et relate également à la fois le nouveau Temple de la Renommée et le 20e anniversaire de la FFHG.
 
 

Tribune N°137

 

LA FFHG A OBTENU UNE PLUS GRANDE LÉGITIMITÉ
 
 

Même si c’était la première fois depuis la création de la FFHG en 2006 qu’une deuxième liste était en concurrence lors des élections fédérales qui ont eu lieu à la fin de la semaine dernière au siège du CNOSF à Paris, il n’y a pas eu finalement de suspense contrairement aux rumeurs que j’entendais circuler depuis plusieurs semaines dans les couloirs des patinoires qui prédisaient la possibilité (à laquelle je n’ai jamais cru) d’assister à un véritable coup de théâtre.
En effet, la montagne a accouché d’une souris puisque la liste « Horizon 2030 » présentée par le président sortant Pierre-Yves Gerbeau a obtenu une majorité écrasante des 112 clubs présents avec un total de 474 voix (78 %) contre seulement 128 voix (21 %) pour la liste concurrente baptisée « Ensemble pour une nouvelle énergie pour la hockey français » qui était menée par Jean-Luc Blache.
La liste sortante ayant obtenu un soutien important des présidents de clubs, elle a remporté automatiquement les quinze premiers sièges au sein du nouveau Comité directeur. Comme il restait encore cinq places à pourvoir à la représentation proportionnelle, quatre postes sont revenus s’ajouter à la liste fédérale et un seul siège est revenu à la liste concurrente.
Comme le prévoit le règlement particulier régissant les élections fédérales, Fabrice Hurth, le dernier homme candidat sur la liste de la FFHG (il devançait trois femmes : Catherine Grossetête, Audrey Fafred et Ingrid Defrasne) a dû céder sa place dans le nouveau Comité directeur pour permettre à Jean-Luc Blache, premier de la liste opposante, de venir siéger pendant les quatre prochaines années.
Ce dernier, qui sera inévitablement très minoritaire au sein du nouveau comité directeur qui comprend au total 22 membres, aura du coup le rôle inconfortable du « caillou dans la chaussure », autrement dit, il sera le « poil à gratter ». À moins que l’ancien président du club de Grenoble, beau joueur, décide de devenir beaucoup plus conciliant en faisant des propositions constructives ce qui semble être le cas.
En effet, on aurait pu envisager aussi que Jean-Luc Blache préfère appliquer la politique « de la chaise vide » en ne participant pas à la politique actuelle du hockey français qu’il a décrié avec tant de véhémence depuis plusieurs années.
Or, si j’en crois la déclaration récente qu’il a publié, l’ex-président grenoblois semble avoir mis de l’eau dans son vin et opté finalement pour une opposition beaucoup moins frontale. En effet, voici le communiqué qu’il a publié à la suite de son élection.
« Le résultat n’est pas celui que nous espérions pour notre liste, mais je tiens avant tout à remercier sincèrement toutes celles et ceux qui nous ont accordé leur confiance. Durant cette campagne, j’ai eu l’opportunité de rencontrer et d’échanger avec de nombreux dirigeants, bénévoles, entraîneurs, arbitres et acteurs du hockey français. Ces moments d’écoute et de partage ont été particulièrement enrichissants et ont renforcé ma conviction qu’il existe une formidable énergie dans nos clubs. Je suis néanmoins heureux et honoré d’avoir été élu au Comité directeur de la Fédération. C’est une responsabilité que j’assumerai avec sérieux, engagement et respect. Avec l’ensemble des membres de notre équipe, nous continuerons à porter les valeurs, les idées et la vision que nous avons défendues tout au long de cette campagne. Je veillerai à ce que cette voix soit entendue et à ce que les attentes exprimées par les clubs trouvent leur place dans les débats et les décisions à venir. Félicitations à l’équipe élue. Le temps de la campagne est désormais derrière nous. Place au travail dans l’intérêt du hockey français et de tous ceux qui le font vivre au quotidien. Merci encore pour votre confiance et votre soutien. »
 
DES ÉLECTIONS QUI ONT PROVOQUÉ UN EXAMEN DE CONSCIENCE
 
Quoi qu’il en soit, la majorité incontestable que le président Pierre-Yves Gerbeau a obtenu des responsables des clubs qui représentaient toutes les divisions (ceux de la Ligue Magnus n’avaient pas le droit de voter), me laisse penser que malgré tout, à l’occasion de ces élections beaucoup plus démocratiques grâce à la présence d’une concurrence, la FFHG ne s’est pas fait peur pour rien. L’orage est passé sans dégâts mais l’éclair a provoqué un électrochoc bénéfique.
En effet, en étant obligé de rendre des comptes face à des adversaires particulièrement accusateurs, nos dirigeants en place ont dû sortir de leur zone de confort et faire leur examen de conscience en se penchant plus sérieusement sur certains problèmes récurrents qui donnaient du grain à moudre à leurs concurrents. Grâce à cette opposition agissante, qui a appuyé parfois où ça fait mal, nos élus fédéraux ont été contraints de faire leur mea culpa en reconnaissant que la politique menée depuis quatre ans avait certes permis de mettre en chantier de nombreux changements positifs, mais aussi qu’il existait dans son bilan certaines grandes lacunes notamment concernant la formation des jeunes et les résultats très décevants de nos équipes de France masculine sur la scène internationale. En promettant la main sur le cœur qu’avec sa nouvelle équipe fédérale il voulait « finir le travail » Pierre-Yves Gerbeau a donc été entendu par ses pairs en lui laissant une fois encore les clés du siège de Cergy-Pontoise.
 
Nouveau Comité directeur de la FFHG : Pierre-Yves Gerbeau, Valérie Grabit, Jonathan Zwikel, Sophie Mauffrey, Jean-David Camus, Caroline Duval, Rodolphe Intsaby, Florence Jones, Bruno Melin, Isabelle Mer, Morgan Madec, Camille Grit (médecin), Christophe Lanes, Laura Fleury, Patrick Partouche, Alexia Cheyroux, Catherine Grossetete, Audrey Fafred, Ingrid Defrasne, Jean-Luc Blache, Nicolas Gregut (arbitre), Julien Guimard (entraîneur).


LA FFHG A FÊTÉ SON ÉMANCIPATION ET LES NOUVEAUX DU « TEMPLE »
 
La saison du hockey sur glace français s’est donc achevée le week-end dernier par trois événements très chargés émotionnellement. Le premier fut bien sûr le déroulement des élections fédérales que je viens d’évoquer plus haut. Ce fut aussi l’occasion de fêter la veille le vingtième anniversaire de la FFHG lors d’un diner de gala organisé également au siège du CNOSF à Paris.
Luc Tardif en a profité pour revenir momentanément parmi les siens puisque le président de l’IIHF fut à l’origine de l’émancipation de notre discipline en 2006.  Pour marquer le coup, une grande photo souvenir du congrès constitutif avec ses premiers élus avait été installée dans l’entrée principale du CNOSF ce qui a permis à chacun de revenir en arrière et ses rajeunir un peu avant de se voir offrir un maillot collector.
Mais l’évocation du rajeunissement ce fut surtout le rôle de la cérémonie du Temple de la Renommée de la FFHG (18e promotion). En effet, le plus ancien à entrer cette année dans le panthéon du hockey sur glace français fut un l’illustre inconnu, Robert Planque décédé en 1947 que très peu connaisse. Justice fut rendu à cet homme oublié qui, dans l’ombre de son ami Louis Magnus, a été son premier secrétaire général de la « Ligue internationale » de hockey sur glace qui deviendra plus tard la Fédération internationale.
 
Mais le Temple de la renommée 2026 fut également l’occasion de graver aussi dans la glace les noms d’autres personnalités qui ont beaucoup compté dans notre sport. A l’instar de l’ancien international Patrick Alotto qui vient de prendre sa retraite à l’âge de 70 ans après avoir été l’entraîneur emblématique de nombreux jeunes hockeyeurs de la région de Haute-Savoie. Il fut aussi un joueur très apprécié à Saint-Gervais son club d’origine puis à Rouen et à Reims.
Surnommé « l’italien » pour ses origines, Patrick Alotto est un cas unique dans la sélection nationale tricolore puisque lors de son arrivée chez les Bleus, cet attaquant était déjà âgé de 25 ans et n’avait jamais porté auparavant le maillot de l’équipe de France, pas même en catégorie junior ! Si sa promotion fut tardive, elle ne fut pas moins exceptionnelle.
Et que dire de la carrière éblouissante de Stéphane Barin (55 ans) qui fut la grande révélation tricolore à l’occasion des jeux olympiques d’hiver d’Albertville en 1992. Devenu par la suite un véritable globe-trotteur, il fit le bonheur de nombreux clubs comme Grenoble, Chamonix, Amiens, Villach (Autriche), Krefeld (Allemagne), Mont-Blanc, Villard-de-Lans, avant de devenir un entraîneur de renom qui vient de retourner à Epinal où il est désormais le nouveau manager général des « Wildcats ».
 
Il y a eu aussi beaucoup d’émotion en rappelant ensuite la carrière du regretté Daniel Galland décédé l’an passé à l’âge de 73 ans qui fut non seulement un ancien international tricolore, mais également une véritable légende locale du club de Gap car, outre son rôle de joueur, mon ami « Dany » fut également un personnage politique de tout premier plan depuis qu’il avait raccroché ses patins et rangé ses crosses. Membre du Conseil municipal de la ville des Hautes-Alpes, ses activités remarquables lui valurent d’être nommé en 2023 Chevalier dans l’ordre national du mérite.
 
Du mérite justement l’ancien président du club de Reims Charles Marcelle aujourd’hui décédé n’en manquait pas car cet ancien pratiquant d’aviron et haut responsable dans la société du Champagne Taittinger, fait incontestablement partie des présidents emblématiques du hockey sur glace français. Si Charles Marcelle a finalement abandonné les rames pour s’occuper des crosses, ce n’est pas uniquement à cause de son fils Christophe qui fut un ancien défenseur du club de Reims, mais aussi parce qu’il avait une passion dévorante de notre sport au point de se montrer parfois excessif en « montant dans les tours ». Ah, les colères mémorables du père Marcelle !
 
Avec les élections simultanées de deux anciennes capitaines de l’équipe de France féminine, l’auditoire de vendredi dernier a eu droit à un discourt très pétillant de Lore Baudrit qui a raconté avec un enthousiasme communicatif sa très belle carrière et sa belle reconversion professionnelle. La native de Castres en a profité pour faire une belle déclaration à la capitaine précédente de l’équipe de France, Marion Allemoz, également élue au Temple de la Renommée 2026.
 
Quant à l’élection de Laurent Meunier qui a été distingué en marge du Temple de la Renommée (où il a été déjà élu en 2018) il a obtenu cette fois l’exceptionnel « Trophée Huet », une distinction très rare puisque c’était la deuxième fois seulement qu’il fut remis depuis le premier qui avait été attribué en 2017 à Pierre-Edouard Bellemare. Comme son illustre prédécesseur, Laurent Meunier (47 ans), ancien capitaine iconique de l’équipe de France, a pu mesurer ainsi sa grande popularité dans le hockey français avec cette deuxième récompense prestigieuse même si l’ancien journaliste de la télévision Thierry Adam a relativisé les choses en annonçant au micro : « Voici Jérôme Meunier ». Une bourde malencontreuse qui a provoqué l’hilarité de toute la salle et de l’ex-capitaine.
Ceci dit, je donne rendez-vous maintenant à mes lecteurs au tout début du mois de septembre pour une prochaine « Tribune Libre » et je souhaite de très bonnes vacances estivales à tous.

  




Depuis plus de quarante ans Tristan Alric a été l’acteur et le témoin privilégié de l’évolution du hockey sur glace en France. D’abord comme joueur puis comme arbitre. Ensuite, en devenant le journaliste spécialiste du hockey sur glace dans le quotidien sportif L’Equipe pendant plus de vingt ans. Auteur de nombreux livres et d’une récente encyclopédie qui font référence, Tristan Alric a marqué également l’histoire du hockey français en étant le créateur de la Coupe Magnus et des divers trophées individuels. Avec un tel parcours, il est donc bien placé pour avoir une analyse pertinente sur notre sport favori. Le site Hockey Hebdo est donc heureux de lui permettre de s’exprimer régulièrement dans cette rubrique.
 
 




 
 
 
Lieu : Media Sports LoisirsChroniqueur : Tristan Alric
Posté par Christian Simon le 25/06/2026 à 11:00
 
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